ENDOCARDITE VÉGÉTANTE 94S
base da foyer d’organisation et s’irradie ensuite dans toute la masse. Il est tout d’abord mou, ce qui fait que la végétation, à cette période, peut encore être détachée de sa base d’implantation, mais avec un certain effort et en créant une ulcération évidente. Mais très rapidement il s’indure, se rétracte. Il prend le pas sur la végétation cellulaire. Les cellules, qui étaient volumineuses et anastomotiques, de^ viennent de plus en plus plates, accolées aux faisceaux du tissu con¬
jonctif. Leurs prolongements s’effilent tellement qu’ils finissent par disparaître. Les anastomoses paraissent rompues. Les quelques fins
Ce travail d’induration et de rétraction est celui qui est le plus, dangereux pour le jeu des valves, car c’est lui qui, en faisant perdre aux valvules leur souplesse et en maintenant par un tissu dense fibreux
Elle est encore appelée : endocardite septique, maligne, diphtérique, nécrotique.
11 n’y a pas entre l’endoeardile végétante et l’endocardite ulcéreuse de différence fondamentale.
Cette dernière est surtout caractérisée par : 1“ l’exagération de la végétation fibrineuse et 2" l’apparition des phénomènes de nécrose qui sont la cause des ulcérations.
Au début, ou dans les régions qui sont le plus récemmentatleinles, la végétation fibrineuse offre à peu près les mêmes caractères que dans l’endocardite végétante. Mais très rapidement elle prend une allure exubérante. Elle forme alors d’énormes amas capables d’oblitérer complètement un des orifices du cœur. 11 y a presque toujours
avoir des ulcérations du myocarde, Dn des sièges de prédilection est la cloison interventriculaire à sa partie supérieure. L’ulcération, quand elle est térébrante, fait communiquer les deux ventricules. D’autres fois, l’ulcération conduit dans un foyer intramusculaire que l’on prenüralt facilement pour un abcès du myocarde rompu dans le cœur.
Les variétés sont des plus nombreuses et n’obéissent à aucune loi.: . CARicTÈRES HISTOLOOIQDES. —Lacaractéristiquede cette variété est l’apparition de phénomènes de mortification des tissus endocardiques.
L’inilammation est beaucoup plus intense et plus profonde que dans l’endocardite végétante. Tout est encombré de globules blancs faisant perdre au tissu de l’endocarde toute résistance. Certaines régions plus
pèce de sé-
d’origine congénitale ; ce sont des malfomi ment est l’expression anatomique ordmain
surtout sur les éléments musculaires et les fibres élastiques.
Vis-à-vis des agents toxiques ou infectieux, étant donnée la haute spécialisation de ses éléments, elle a plus de tendance à présenter des lésions d’ordre dégénératif.
Il n’y a guère que son tissu conjonctif de soutènement, qui alors ait tendance à proliférer et à occuper la place laissée par la disparition des éléments plus nobles.
Le tism élastique dégénère, ses lésions sont très complexes et encore peu étudiées. Elles sont surtout caractérisées par la disparition
mdartérite apparaissent, lorsque se font i parties adjacentes de la mésartère sont e phénomènes dégénératifs et contribuent
du tissu conjonctif. Il
indemnes en plein foyer de suppuration. On peut parfois trouver de petits abcès dans la périartère et dans la mésartère ; c’est l'artérite dite suppurée. Le pus cependant ne se vide pour ainsi dire jamais dans la cavité vasculaire, l’endartère résiste presque toujours à l’infiltration.
Il en est de même pour le cancer. La périartère peut se laisser infiltrer par les éléments néoplasiques, mais la mésartère offre une très grande résistance. Dans les gros vaisseaux, cette pénétration est exceptionnelle; il n’y a que dans les petites artérioles où elle est plus fréquente. Le néoplasme vient alors s’épanouir dans la cavité qu’il oblitère plus ou moins complètement.
Les artérites d’origine intraarlérielle constituent la classe des véritables artérites autochtones primitives. On les divise en : 1“ artérites non spécifiques ; 2" artérites spécifiques.
Ce caractère distinctif de spécificité est entendu au point de vue
leur nature ou leur modalité évolutive, ne ressemblent pas aux autres.
Les artérites non spécifiques se subdivisent elles-mêmes en deux variétés distinctes par leur évolution : it) artérites aiguës ; h) artérites chroniques.
Artérites aiguës.
Les artérites aiguës sont toutes d’origine infectieuse ou toxique. Elles peuvent siéger en tous les points du système artériel, , mais offrent cependant des régions de prédilection. Ce sont particulièrement celles qui ont à supporter un choc physiologique plus consi-
Il convient d’ajouter une quatrième variété : la périartérite noueuse, absolument différente des autres, tant par ses causes que par ses caractères anatomiques.
L’artérite des gros vaisseaux a pour type les lésions de l’aorte. Elles peuvent se montrer sous trois aspects différents : a) aortite végétante; b) aortite ulcéreuse ; e) aortite en plaques.
Les deux premières variétés rappellent beaucoup les lésions de même dénomination au niveau de l’endocarde. Du reste, elles siègent presque toujours dans le voisinage de l’orifice aortique.
L’oorfito végétante peut être secondaire à une endocardite végétante des valvules sigmoïdes. D’autres fois, elle est primitive et greffée sur ou au voisinage de plaques d’aortite chronique.
Elle est caractérisée par une prolifération bourgeonnante de l’en-
plusieurs points les tuniques élastiques et musculaires. Il prolifère dans la tunique moyenne comme le cancer d’une muqueuse dans la tunique musculaire.
Bans ce bourgeonnement, les restes
de la tunique élastique dispa-
nique. Elle est alors plus disséminée, frappant certaines régions, en respectant plus ou moins d’autres.
On peut distinguer deux variétés d’artério-sclérose : f L’artério-selérose diffuse généralisée;
2" L’artério-selérose en plaques.
Vartério-sclérose diffuse plus ou moins généralisée est une lésion
ARTÉRITE CHRONIQUE 973
elle peut être plus ou moins étendue, mais il y a toujours des régions qui en sont indemnes.
Elle n’évolue pas non plus d’une façon progressive régulièrement, comme réglée par une loi. Au contraire, elle est disséminée çà et là avec la plus grande irrégularité. Il est cependant des régions qu’elle atteint plus volontiers que d’autres. C’est comme pour l’artérite aiguë, les régions qui supportent un choc physiologique plus considérable, les courbures, les oriflees et les éperons vasculaires.
Comme type de description, nous prendrons l’aorte athéroma-
Vu de l’extérieur, le volume de l’artère est presque toujours aug-
Cette dilatation peut être régulière ou irrégulière. Dans le second cas, l’artère présente çà et là des saillies arrondies plus ou moins volumineuses portant sur un point de la circonférence du vaisseau, ou bien une saillie fusiforme intéressant toute la circonférence sur une hauteur variable.
En même temps que la dilatation, il y a allongement du vaisseau. Cet allongement est surtout manifeste au niveau des courbures qui
L’aspect varie suivant l’âge de la lésion. Mais, en général, sur une même aorte on a des plaques de tous les âges mêlées ensemble. On peut donc établir les différents stades. Au début, la saillie est nettement en dos d’âne; le point culminant est au centre. Elle a une couleur blanche plus ou moins opaque qui tranche nettement sur la teinte jaune de l’endartère. La paroi, quoique plus rigide à ce niveau,
est encore souple.
Plus tard, on voit apparaître au centre de la plaque des stries ou taches jaunâtres. A ce moment, la saillie est moins considérable, le centre a tendance à s’affaisser. Par contre, la périphérie s’indure de plus en plus. Si Ton veut éprouver sa souplesse, on sent une résistance qui cède avec un craquement. Les tissus se sont calcifiés.
apparaissent comme de petites cavités plus ou moins étoilées. Cette dégénérescence contribue beaucoup à la tuméfaction des plaques. C’est la première en date et c’est le stade précurseur de phénomènes régressifs plus marqués.
b) La dégénérescence athéromateuse. — Elle n’est pas simple. C’est le résultat de tous les phénomènes de mortification.
Elle débute toujours dans les parties les plus profondes de la plaque, dans les régions avoisinant la limitante élastique interne. On
tice. Sur une coupe transversale de cette région, la lumière vasculaire est presque toujours très rétrécie, il y a endartérite à tendance oblitérante.
LÈS LÉSIONS. — Les lésions dé l’arlérite syphilitique se caractérisent par ces faits ;
V Qu’elles entraînent toujours une désorganisation de la paroi vasculaire plus profonde que dans les autres variétés d’artérite;
2“ Qu’elles siègent indistinctement dans toutes les membranes vasculaires.' Elles se localisent rarement à l’une d’elles, le plus souvent elles les atteignent toutes. L’artérite syphilitique est donc habituèllement nnepanartérite.
Les lésions élémentaires sont représentées par : a) des gommés ; b) de l’infiltration diffuse ; c) de l’endartérite; d) de la sclérose.
Les gommes sont quelquefois grosses. C’est tout à fait exceptionnel. Ce n’est guère que sur l’aorte qu’on peut les rencontrer. Elles peuvent atteindre le volume de l’extrémité du petit doigti Elles se montrent alors comme une masse nécrosée, caséifiée au milieu d’un foyer inflammatoire très riche en globules blancs.
Habituellement, elles sont petites, microscopiques; ce sont les gommes miliaires, identiques aux nodules infectieux. On les trouve dans l’aortite syphilitique, surtout dans l’adventice inflammée où elles sont en rapport avec les vaso-vasorum.
Dans les artérioles cérébrales ou médullaires elles sont très fréquentes, elles sont en rapport quelquefois avec l’artériole elle-même, mais beaucoup plus souvent avec ses fines branches de divisions. Ce sont de petits amas de leucocytes ; leur forme est arrondie ou ovalaire ; ils présentent quelquefois à leur centre, plus souvent en un point de leur périphérie, un petit vaisseau plus ou moins altéré. Ces. petites gommes miliaires sont souvent reliées les unes aux autres par de fines traînées leucocytaires, qui accompagnent les capillaires. Jamais on ne voit ces nodules subir la transformation caséeuse, caractéristique des grosses gommes.
L’infiltration leucocytaire est un des processus les plus habituels de la syphilis vasculaire. Tantôt, c’ést une infiltration diffuse de