LES CELLULES ROUGES
transformeront en hématies naines (microcytes). A l’état normal, les microblastes figurent en proportions insignifiantes dans la moelle.
Hématies nucléées à large noyau. — Supposons que le noyau de ces éléments s’échappe, ils deviendront des globules rouges à large ombilic à rebord discordai, mince.
Mais il est un autre processus en vertu duquel les hématies nucléées peuvent donner naissance aux globules rouges et il a été découvert par M. Malassez. Cet auteur a vu le protoplasma des cellules rouges de grande taille bourgeonner. Le bourgeon atteint peu à peu la taille d’une hématie ordinaire, puis se détache pour former un globule rouge.
A l’état normal, les globules rouges naissent dans la moelle du lapin essentiellement en vertu de l’expulsion du noyau des normoblastes.
Que dans les mêmes conditions les mégaloblastes soient fonctionnellement inactifs au point de vue hémopoïétique, voilà qui me paraît à peu près certain, et en cela je m’accorderai avec M. Ehrlich qui refuse à ces éléments une participation à la genèse des globules rouges par fonte de leur noyau à partir de la fin de la vie intra-utérine. Inversement, à l’encontre de l’opinion de cet auteur, on doit les inscrire parmi les cellules hémoglobinifères du tissu myéloïde normal chez les animaux adultes eux-mêmes.
3° Les Myélocytes (4).
(Ehrlich, Kurlow, Utheman, Denys, Muir, etc.)
Les myélocites sont des mononucléaires souches de polynucléaires neutrophiles, éosinophiles ou à types de Mastzellen. Il est bien entendu que les mononucléaires dont nous parlons ne doivent pas être confondus avec les mononucléaires ordinaires du tissu lymphoïde qui sont dépourvus de granulations et dérivent essentiellement des follicules clos des ganglions, du tractus gastro-intestinal, des corpuscules de Malpighi§|.
Les myélocytes sont des mononucléaires renfermant des granulations spécifiques ou aptes à les fabriquer, ils se développent de préférence dans le tissu de moelle rouge, ils donnent naissance, ainsi que nous l’avons dit, aux trois grandes variétés de polynucléaires granuleux du sang.
(1) Cellules médullaires de Cornil, leucoblastes de Lovitt, Van der Strielit.
Ces myélocytes, suivant la nature des microsomes spécifiques qu’ils élaborent, sont les :
Myélocytes amphophiles;
Myélocytes éosinophiles ;
Myélocytes à types de Mastzellen.
Myélocyte amphophile.
Morphologie. — Les myélocytes amphophiles sont caractérisés par la présence de la granulation p qui offre, au point de vue tinctorial, une affinité complexe et que l’on a désignée sous les noms de granulation amphophile, granulation neutrophile, granulation pseudo-éosinophile.
Abordons l’étude de cette granulation.
Que signifie cette expression : amphophile? Elle implique une affinité double dissociée pour les colorants acides, pour les colorants basiques.
Les microsomes en question ou p seront donc teintés par les colorants acides, tels que l’éosine, par les colorants basiques, tels que les bleus polychromes ou de toluidine. Ainsi l’éosine les colorera en rouge, le bleu polychrome les teindra envioiet.
Que l’on fasse agir l’un après l’autre l’éosine par exemple, puis un bleu basique, la coloration définitive sera le rouge violet, parce que les deux teintures acide et basique surajouteront leur action sur la granulation.
Si l’affinité pour le colorant acide l’emporte sur l’affinité pour le colorant basique, c’est la teinte rouge qui prédominera. Aussi a-t-on dénommé la granulation amphophile : pseudo-éosinophile. Ceci veut dire que, malgré sa dilection pour les colorants acides, on doit la différencier du vrai microsome acidophile, ou granulation éosinophile proprement dite, comme nous le montrerons plus bas.
Les myélocytes amphophiles se présentent sous l’aspect de mononucléaires de taille variable. Leur diamètre oscille entre 15 et 25 p-, leurs corps est semé de granulations spécifiques, au milieu desquelles est plongé le noyau. Celui-ci est volumineux, arrondi et clair. Un ou deux grains de chromatine en occupent le centre, quelques minuscules karyosomes sont disposés en couronne à sa périphérie. Un fin treillis chromatinien réunit entre eux les chomosomes centraux et périphériques. Ces fins détails de structure ne peuvent être saisis que par l’emploi des procédés spéciaux (dissociation; fixation par iodochlorure de merçure iodé; colorant^ nucléaires, etc.).
LES MYÉLOCYTES
En général, sur les coupes, le noyau présente l’aspect indiqué dans les planches (1).
Quant aux granulations du corps cellulaire, elles ne présentent pas toutes le même aspect, car, suivant la prédominance de l’affinité basique ou de l’affinité acide, elles seront les unes violettes, les autres violet rouge. Ehrlich a remarqué que l’affinité basique de ces mÿïrosomes tendait peu à peu à diminuer au prorata de leur vieillissement. Alors l’affinité acide l’emporte sur l’affinité basique, à l’inverse de ce qui existe dans la granulation nouvellement formée (2).
Michaëlis et Chabot ont décrit dernièrement des centrosomes dans ces myélo cites.
Modes de reproduction. — Ils sont au nombre de deux : division directe, division indirecte. Je n’insiste pas davantage sur ce sujet.
(1) Les meilleurs procédés de fixation pour étudier la structure fine de ces noyaux me paraissent être : 1° la fixation par les vapeurs d’acide osmique en solution à 2 grammes pour 100 et chauffée; 2° l’immersion durant deux ou trois secondes dans une solution de bichlorure de mercure iodochloruré iodé.
Les meilleures fixations sont obtenues par l’utilisation de frottis de moelle non / desséchés.
TsTfixation par les vapeurs d’acide osmique, telle que je l’emploie, est une modification du procédé de Malassez. Jolly a préconisé récemment Futilisation du liquide de Flemming fort.
(2) La granulation du myélocyte souche des polynucléaires ordinaires du lapin différerait de la granulation du myélocyte homologue de l’homme. En effet, la première serait amphophile, la seconde serait neutrophile (Ehrlich).
Que signifie ce terme de neutrophile ? Il indique d’une part une aptitude à la coloration par les mélanges neutres, et d’autre part, l’incapacité de retenir les matières colorantes acides ou basiques employées isolément.
Le fait est que le mélange neutre d’Ehrlich, dénommé cependant triaeide d’Ehrlich, est un admirable colorant de la granulation s. Ici, les composants orange G.-fuchsine, acide vert de méthyle s’équilibrent à peu près de façon à constituer un mélange tinctorial neutre.
Celui-ci donne d’une façon très élective à la granulation s une coloration violette, qui est celle du mélange dilué.
En réalité, il n’y a pas lieu de distinguer d’une façon absolue la granulation dite amphophile du lapin ou de la granulation dite neutrophile de l’homme ou s.
Je ferai remarquer : 1° que la granulation du lapin se teinte de violet par le triaeide d’Ehrlich à la façon de la granulation s. Elle serait donc à ce point un microsome neutrophile.
Inversement, la granulation s est un microsome amphophile comme la granulation (3. Ainsi que Jolly l’a remarqué, elle peut être teintée de rose par l’éosine couleur acide. Ainsi que j’ai pu m’en assurer, elle est teintée de violet par les bleus basiques, à la manière de la granulation p au moment où elle vient de se former.
Il n’y a donc, dans les myélocytes souches de polynucléaires ordinaires de l’homme et du lapin, qu’une variété de granulation, une granulation amphophile. Mais la granulation amphophile de l’homme est plus petite que celle du lapin, elle perd très rapidement son affinité basophile, son affinité pour le mélange neutre d’Ehrlich est plus marquée que pour tout autre colorant.
Kanlhack et Hardy n’admettent pas l’existence de granulations neutrophiles. Les microsomes seraient les uns basophiles, les autres oxyphiles (acidophiles).
Divers auteurs, Julius Arnold, Marwedel ont décrit ces processus faciles à constater. J’attire l’attention sur les points suivants :
Des cellules blanches, douées de la propriété d’élaborer des granulations spéciales, se multiplient dans la moelle osseuse sans perdre leurs microsomes spécifiques. Ainsi est assurée la perpétuité d’un groupe cellulaire dont les représentants élaborent des granulations amphophiles.
Mais le renouvellement de ces myélocytes peut être assuré par un autre mécanisme.
Nous sommes amenés à envisager l’origine et l’évolution du myélocyte à granulations amphophiles, et de ce fait à aborder 1 histoire du myélocyte basophile.
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Fig. 135. — (Bleu polychrome). 1, % 3, i, myélocytes basophiles tic taille graduellement croissante;
5 et 6, myélocytes basophiles se chargeant de granulations amphophiles (Gillet).
Origine et évolution des myélocytes à granulations amphophiles. Myélocyte basophile. — Le myélocyte basophile. — Voici un mononucléaire de taille variable, identique ou inférieure à celle des myélocytes neutrophiles. Son noyau ne peut être différencié de celui de ces derniers éléments. Inversement, sqn corps se distingue, à première vue, de celui des myélocytes granuleux, en raison de l’absence de granulations amphophiles (1). Ainsi apparaît une cellule à grand noyau clair serti par une bordure basophile homogène plus ou moins large. En réalité, l’élément en question est un myélocyte amphophile en puissance. Il devient un myélocite amphophile en raison de l’acte suivant : son protoplasma élabore des granulations amphophiles. Limitées d’abord à un point circonscrit du corps du myélocyte basophile, elles envahissent peu à peu la totalité de celui-ci.
Multiplication et origine du myélocyte basophile (2). — Les myélo-
(1) C’est le myélocyte sans granulations d’Ehrlich, d’Engel, de Pappenheim, d’Hirsclifehl. Ce dernier auteur a signalé la prédominance de ces myélocytes dépourvus de granulations dans la moelle des jeunes mammifères.
.««'f Cet élément présente un aspect tellement particulier, en raison de la coloration fortement basophile de son protoplasma et de la teinle claire de son novau (après coloration par eosme-orange-toluidinblau), que je l’ai dénommé myélocyte basophile. Ce terme pourrait prêter à mnfn.;.. - V ..
. , ... . , ... > puisque le myélocyte à type de Mastzelle est
appelé un element basophile par Ehrlich et Denvs... 1
Nous verrons que la Mastzelle est une cellule granuleuse, dont les granulations sont teintees metachromahquement en violet par les bleus basiques.
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LES MYÉLOCYTES
cytes basophiles se multiplient dans la moelle osseuse par division directe et indirecte. La perpétuité du groupe est donc assurée dans la moelle suivant le même mécanisme que celle des myélocytes à grains amphophiles (formes d’évolution plus âgées des éléments en question).
D’où procèdent les myélocytes basophiles ordinaires? De mononucléaires plus petits offrant les mêmes caractères.
Une mince bordure protoplasmique basophile sertit un noyau arrondi et clair, ponctué d’un ou deux grains de chromatine centraux.
Les plus exigus de ces éléments ont la taille des lymphocytes ordinaires.
Mais ici, la minime cellule présente des attributs qui sont justement ceux des myélocytes basophiles ordinaires : un noyau clair, une bordure protoplasmique basophile et homogène.
Que trouvons-nous, en fin de compte, en < deçà du petit myélocyte basophile? Une minime cellule à noyau arrondi, cellule indifférente, cellule embryonnaire des anciens auteurs.
■r Ainsi le myélocyte basophile de taille minuscule est-il à l’un des bouts d'une chaîne dont d’autre bout est occupé par le myélocyte à | granulations amphophiles. Cette chaîne est décomposable en deuxmoi- I tiés, formées chacune de chaînons différents à première vue.
En quoi consistent ces différences? Les chaînons sont dans l’une [ des moitiés de la chaîne des leucocytes dépourvus de granulations; | dans l’autre moitié, ce sont des leucocytes pourvus de granulations | amphophiles. Où est placé le raccord? Il est là où le myélocyte baso- « phile se charge de granulations amphophiles (1).
Il nous reste donc à étudier la deuxième moitié de la chaîne, celle dont les chaînons sont des leucocytes granuleux; à suivre, en un mot, l’év^ution ultérieure des myélocytes amphophiles; à nous occuper de leiflffansformation en polynucléaires.
Evolution et transformation des myélocytes amphophiles. — Les my^ocytes amphophiles sont destinés à se transformer en polynucléaires amphophiles, suivant un mécanisme mis en existence par Kurlow et Ehrlich.
Il consiste en une modification progressive de noyau qui s’incurve
Fig. 136. — Myélocyte basophile se chargeant de granulations amphophiles.
(Il existe à la partie supérieure du noyau une ligne ombrée par un trait bleu dessiné par erreur. Gillet.)
(1) Nœ°vli dan« un travail paru en mai 1900, a décrit sous le nom de invéloblastes les éléments que j’appelle myélocytes basophiles. Ce travail a été précédé par les recherches d’Hirschtêld (1898), les miennes (1899) et celles de Pappenheim (1899) sur le même sujet.
en formant d’abord un U dont les branches présentent ensuite des amincissements et des renflements alternativement disposés. Ainsi se constitue le polynucléaire amphophile, le dernier terme de cette longue évolution, dont nous récapitulons la marche :
,jo Une cellule indifférenciée, dite embryonnaire, revêt les caractères d’un petit myélocyte basophile; 2° ce petit myélocyte basophile grandit, acquiert la taille d’un myélocyte amphophile; 3° le myélocyte basophile se charge de granulations amphophiles ; A0 le myélocyte à grains amphophiles peut découper son noyau et devenir un polynucléaire à grains amphophiles.
Fig. 137. 1, myélocyte amphophile à noyau arrondi; 2, myélocyte amphophile à noyau
cylindrique; 3, 4, 5, polynucléaires amphophiles (Gillet).
Telle est la modalité la plüs simple des transformations successives de la cellule primordiale destinée à muer en un polynucléaire ordinaire. Nous en avons établi la figuration suivant une série linéaire.
Mais celle-ci est parfois plus compliquée :
a. Les myélocytes basophiles peuvent être la souche d’autres myélocytes basophiles qui se transformeront à leur tour en myélocytes amphophiles.
b. Les myélocytes amphophiles ordinaires deviennent des myélocytes amphophiles de grande taille qui donnent naissance à des myélocytes de taille ordinaire se transformant en polynucléaires amphophiles.
Alors l’évolution d’une des cellules primordiales sera divergente, la figuration en sera complexe.
Myélocyles éosinophiles.
Les myélocytes éosinophiles sont caractérisés par la présence de la granulation éosinophile d’Ehrlich, ou granulation a.
On a cherché à identifier complètement, pendant ces dernières années, les deux variétés de granulations [3 et a. Cette manière de voir est la cause de déplorables confusions. Avec Ehrlich, Kurlow, Engel, Kanthack et Hardy, Jolly, Levaditi, etc., je continuerai à affirmer que la granulation a doit être différenciée, au point de vue morphologique, de la granulation amphophile du lapin.
LES MYÉLOCYTES
Je donne, en un tableau sommaire, quelques-unes de leurs différences.
Granulation amphophile ou s. Granulation a, dite éosinophile.
Grains plus ou moins réguliers, petits.
Détruites par les solutions acides (Ehrlich).
Ne renferment pas de fer.
Réactions tinctoriales :
Bleus basiques. — En violet. - —
Éosine orange. — En rouge vif. — Éosine orange-toluidine. — En violet rouge.
Triacide. — En violet.
Sphérules arrondies relativement volumineuses.
Résistent aux solutions acides (Ehrlich).
Contiennent du fer (Barker).
Réactions tinctoriales :
— En vert clair.
— Orangé rouge ou orangé pur.
■ Orangé rouge ou orangé pur.
Orangé brique rouge ou orangé pur (1).
Ces réactions sont d’une remarquable précision après fixation par l’iodochlorure de mercure iodé (Dominici).
Fia. 138. — 1, myélocyte éosinophile ; 2, polynucléaire éosinophile. Les granulations « apparaissent sous l’aspect de sphérules vert clair (Gillet).
Ainsi, si le terme d’éosinophile est mauvais en soi pour qualifier la granulation a, celle-ci n’en est pas moins différente de la granulation s ou (3, comme l’avait justement écrit M. Ehrlich.
Je n’insiste pas davantage sur la morphologie de ces éléments. De même que les myélocytes amphophiles, ils sont de taille différente, ils se reproduisent de façon identique.
Reproduction et modes de division. — - Division directe et indirecte, telle est la norme et les détails abondent concernant la karyokinèse de ces myélocytes. Je ne saurais mieux faire que de renvoyer au travail de Jolly sur ce sujet.
Origine et évolution du myélocyte à granulations a. — Le myélo-
(1) Cependant il est des granulations a qui se teintent en bleu foncé par le bleu polychrome. Elles sont alors basophiles ! En réalité les microsomes présentant cette réaction sont les granulations nouvellement formées. Toute granulation récemment élaborée peut être basophile (Ehrlich). C’est là un état transitoire auquel succède celui où les microsomes acquièrent leurs caractères spéciaux. Au reste, alors mêmes qu’elles sont basophiles, elles se différencient des granulations p et y et par leur taille plus grande, et par leur coloration qui est bleu foncé et non pas violette (fixation par bichlorure de mercure iodochloruré iodé).
cvte éosinophile dérive d’un mononucléaire à protoplasma basophile d’après Pappenheim. Un tel élément pourra-t-il être différencié du myélocyte basophile destiné à se -transformer en myélocyte neutrophile? Je n’en sais rien encore. Peut-être confondons-nous avec les myélocytes basophiles ordinaires un certain nombre de myélocytes non granuleux, destinés à se transformer non pas en myélocytes amphophiles, mais en myélocytes éosinophiles ou à granulations y. Mais la confusion cesse au moment de la différenciation évolutive, en raison du fait suivant : quand les premières granulations a, dites éosinophiles, se montrent au sein d’un myélocyte basophile qui paraît semblable à celui qui est la forme larvaire du myélocyte amphophile, les premières granulations formées ont les caractères spécifiques de la granulation a.
L’élément larvé jette alors le masque et son évolution ultérieure ne fera qu’accentuer les différences séparant les leucocytes à granulations a des leucocytes à granulations s ou (3.
Transformation du myélocyte éosinophile en polynucléaire éosinophile. — Le myélocyte dit éosinophile se comporte à la façon du myélocyte amphophile pour former des polynucléaires éosinophiles ou à granulations a.
Le myélocyte à type de Mastzelle (Ehrlich-Jolly, Dappenhcim-HirschMd).
Le myélocyte à type de
Fig. 139. — 1, myélocyte à type de Mastzelle. Entre le noyau arrondi et le protoplasma basophile commencent à apparaître les granulations y ; % myélocyte à type de Mastzelle. Noyau incurvé ; 3, polynucléaire à type de Mastzelle. (Gillet.)
de réactions comparables nature. En effet : si les
Mastzelle est une cellule à noyau arrondi caractérisée par la présence de la granulation y, dont je rappelle la réaction typique. C’est la teinte métachromatique violette après action des bleus basiques.
La granulation y, en raison de cette affinité pour les bleus basiques, ne peut pas être confondue avec la granulation a des éosinophiles, même quand celle-ci est basophile, au moment où elle vient d être élaborée. Mais ne se rapprochet-elle pas de la granulation amphophile? En effet, les deux variétés de granulations sont teintées de violet par les bleus basiques. On peut affirmer qu’il s’agit là n’impliquant pas forcément une identité de deux variétés de granulations y et (3 sont
LES MYÉLOCYTES
basophiles, elles ne le sont pas d’une façon identique. Je me base sur l’expérience suivante, qui est saisissante.
Étalons par frottis un fragment de moelle osseuse renfermant Mastzellen et leucocytes amphophiles. Métallisons ensuite par l’acide osmique la préparation desséchée. Colorons par un bleu basique. Les granulations amphophiles deviennent réfractaires à Y action colorante des bleus basiques ; elles apparaissent comme des grains clairs. Les granulations des Mastzellen ont conservé leur affinité tinctoriale pour les bleus basiques; elles sont colorées en violet rouge foncé.
Origine et évolution. r— A la façon du myélocyte neutrophile, du myélocyte éosinophile, le myélocyte à type de Mastzelle procède d’un mononucléaire à protoplasma basophile homogène à noyau clair. C’est là une constatation difficile à obtenir, d’autant plus que ces éléments sont fort peu nombreux dans la moelle osseuse du lapin.
Quoi qu’il en soit, au moment de la différenciation de ces mononucléaires à protoplasma basophile homogène en myélocytes (1) à type de Masfzellen, il se produit une sorte de fente périmicléaire où se montrent des granulations grossièrement façonnées et teintées de violet par les bleus basiques. Peu à peu, la substance basophile homogène s’éclaircit; puis lés granulations s’étendent en formant de petits amas isolés les uns des autres, enfin le noyau s’incurve et se lobe, le myélocyte à type de Mastzelle s’est transformé en polynucléaire à type de Mastzelle, Mastzelle ordinaire du sang (2).
(1) Si je joins cet élément aux myélocytes amphophiles et éosinophiles, c’èst pour me rapprocher le plus possible de la systématisation d’Ehrlich.
Admettons, comme le veut Ehrlich, et en eu précisant le mécanisme, la transformation de Mastzellen à noyau arrondi de la moelle en Mastzellen à noyau polymorphe du sang /est-ce une raison pour considérer ces cellules comme des éléments spécifiques du tissu myéloïde? Certes, non, car la Mastzelle à noyau arrondi du tissu conjonctif est identique à celle de la moelle. Or nous savons combien est marquée la diffusion de ces cellules dans l’organisme, là où le tissu myéloïde est non seulement absent à l’état normal, mais là aussi où il apparaît avec la plus grande difficulté au cours des divers états morbides.
(2) Récapitulons brièvement la morphologie, l’origine et l’évolution des éléments spécifiques de la moelle osseuse, dont nous n’avons du reste présenté le tableau qu’en raccourci, et nous mettrons en relief les points suivants :
C’est la localisation dans cet appareil de cellules particulières qui sont les mégacaryocytes, les hématies nucléées, les myélocytes neutrophiles et basophiles ordinaires, les myélocytes éosinophiles. A ces cellules nous avons joint, par esprit de systématisation, les Mastzellen à noyau arrondi.
Certains de ces éléments jouent un rôle hématopoïétique indiscutable. Ce sont les hématies nucléées qui se transforment en hématies ordinaires, les myélocytes amphophiles et éosinophiles qui deviennent des polynucléaires amphophiles et éosinophiles, les Mastzellen à noyau arrondi qui se changent en Mastzellen à noyau polymorphe. Nous
Répartition des cellules spécifiques du tissu myéloïde dans la moelle . __ Les cellules spécifiques du tissu myéloïde ne sont pas jetées sans un certain ordre entre les travées de l’appareil de soutènement. Néanmoins elles ne s’y trouvent pas distribuées suivant une ordonnance rigoureusement systématique.
avons vu qu’il n’était pas un seul de ces éléments qui ne pût dériver d’une cellule primitive à noyau arrondi à protoplasma basophile. homogène.
Ainsi paraît s’imposer une conception dont Benda, Saxer et Pappcnheim me paraissent être les défenseurs les plus autorisés. Tous les éléments figurés de type [ défini propres au tissu myéloïde (mégacaryocytes, hématies nucleèes, myélocytes) pro- \ céderaient d’une souche unique qui serait un mononucléaire à protoplasma homogène. j Ce mononucléaire (cellule migratrice primitive de Saxer) par accroissement de taille t et bourgeonnement du noyau se transformerait en mégacaryocyte. Par formation intra- | protoplasmique diffuse d’hémoglobine il deviendrait une hématie nucléée.
! par élaboration endogène de granulation, il se changerait soit en myélocyte neu- I trophile, soit en myélocyte éosinophile, soit en Mastzelle.
Cette théorie a l’avantage d’être claire, mais est-elle exacte?
Évidemment, à une certaine phase de leur évolution, les cellules en que-tion sont conformées, suivant un type à peu près homomorphe. C’est au moment où elles n’ont pas encore revêtu leurs caractères spécifiques apparents, où elles sont à l’état larvaire, pour employer une expression tirée du vocabulaire zoologique.
De même que certaines larves d’insectes, par exemple, sont extrêmement différentes du type définitif ou d’imago qu’elles acquerront plus tard, de même ces éléments figurés sont morphologiquement distincts du type cellulaire défini en lequel ils se transformeront ultérieurement. Alors les mégacaryocytes, les hématies nucléées,les myélocytes sont, je lerépète, conformés suivant un modèle comparable. Mais est-ce une raison suffisante pour ramener leur origine à une souche unique ?
| Rien ne prouve la réalité d’une pareille hypothèse. Ces éléments cellulaires ont 1 peut-être leur autonomie alors qu’ils n’ont pas encore dépouillé leur forme larvaire. Mais | cette question peut être envisagée à deux points de vue : l’un pratique, l’autre théorique.
Laissant de côté pour l’instant le côté théorique de cette discussion, je dirai qu'au point de vue pratique l’isomorphisme des formes jeunes de cellules du tissu myéloïde ne saurait causer de graves erreurs dans l'appréciation des réactions hématopoïétiques de la moelle osseuse.
v. En effet, la ressemblance existant entre les formes larvaires des cellules spécifiques | du tissu myéloïde n’exclut pas certaines variations, indices probables de la spécificité | de ces éléments, permettant jusqu’à un certain point de les catégoriser.
Les mégacaryocytes à l’état larvaire sont caractérisés en général par leur taille, | régulièrement plus grande, par l’arborescence de leur chromatine. Les hématies nucléées à protoplasma basophile se distinguent des autres variétés cellulaires par lu : coloration intense et la condensation de la chromatine nucléaire.
Restent : 1° les myélocytes basophiles ordinaires destinés à se transformer en myélocytes amphophiles ; 2° les formes larvaires des myélocytes éosinophiles et à type de Mastzellen ayant comme les précédentes un protoplasma basophile homogène, un noyau clair. ®
La confusion est-elle possible entre ces trois variétés de cellules envisagées à cette phase de leur évolution, où elles n’ont pas acquis leurs granulations spécifiques? Elle est inévitable, me semble-t-il; mais je répète que pratiquement cela n’a que peu d’importance. En effet les myélocytes éosinophiles se multiplient essentiellement en tant qu éléments granuleux. Leurs formes larvaires à protoplasma homogène sont rarissimes. ^Ainsi en est-il des Mastzellen. s
j ®upf“orité numérique écrasante des myélocytes basophiles ordi-
f r”® V^I Ldn P1h-?P eS !UC les m>élocytes à protoplasma homogène destinés à f de' enir des éosinophiles ou des Mastzellen, nous pouvons sans hésiter considérer la i Sv|ef10n 06 myélocytcs bas°Philes dans la moelle comme une réaction amphophile