‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 126 sur 210 · II. — Dégénérescence de la moelle · texte numérisé non relu

II. — Dégénérescence de la moelle

Au cours de certaines infections, à la place du cylindre rouge cerise, aspect sous lequel se présente la moelle en état de réaction efficace, on trouve dans l’étui osseux diaphysaire du lapin une pulpe blanchâtre, ou grisâtre, ou noire, exhalant parfois une odeur fétide (infection coli-bacillaire).

La moelle est molle, friable, elle peut même tomber en deliquium (infection streptococcique).

Ici le tissu médullaire est soit infiltré de pus, soit gangrené, voire même partiellement dissous.

Tantôt les éléments spécifiques du tissu myéloïde ont été tués avant de se multiplier, tantôt ils ont commencé à proliférer pour être détruits ensuite. Parfois enfin des portions de moelle en état de

638 LE SANG ET LE ROLE HÉMATOPOIÉTIQUE DE LA MOELLE OSSEUSE réaction efficace sont mélangées à des produits de désintégration du tissu myéloïde.

La nécrose cellulaire proprement dite, c’est-à-dire l’altération primordiale des cellules spécifiques du tissu myéloïde par les produits toxiques d’origine microbienne, de même que les lésions dégénératives massives de la moelle, ont ete etudiees avec soin par de nombreux auteurs. Je n’entrerai pas dans de longs détails à ce sujet.

En ce qui le concerne, je renvoie le lecteur aux travaux de Marwedel, de Roger et Josué, de Trambusti, de Chiari, etc.'

Voyons rapidement l’aspect de quelques-uns des éléments en pareil cas.

Mégacaryocytes. — Le noyau se fonce; mais ce n’est pas simplement en raison de la contraction de ses lobes, du rapprochement des travées chromatiniennes, de la mise en évidence des filaments nucléiniens annonçant le début de la karyokinèse. Ici la chromatine diffuse dans le reste du noyau, qui s’opacifie, qui se fragmente. En même temps, le protoplasma se teinte en rouge foncé, sous l’influence des colorants acides (éosine) ou en rouge violet, de teinte anormale, à la suite de la dissolution du noyau. L’énorme élément se désagrège finalement par mortification (Gornil).

Parfois il prend un aspect bizarre avant de se fragmenter. Cet aspect est dû à l’amincissement du noyau, qui devient très chromatophile. Alors la cellule géante ressemble à un gigantesque leucocyte à noyau polymorphe, dont le corps se serait amplifié, dont le noyau se serait démesurément allongé, tout en restant grêle.

Hématies nucléées. - — Plasmolyse et karyolyse métachromatiques, teinte vineuse (éosine-orange-toluidine), exagération de l’opacité du noyau, fragmentation ultérieure de celui-ci sont à signaler. Mais ici les modifications du protoplasma s’accompagnent d’une désintégration granuleuse, par décomposition de la substance hémoglobinifère.

Myélocytes. — Je ne répéterai pas ce qui vient d’être dit à propos de la plasmolyse et de la karyolyse. Notons toutefois la disparition des granulations spécifiques fondant au sein d’un protoplasma, qui prend

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.J*, TffLu' 1 McatIons aPParaissent, telles que l’aspect vitreux du corps cellules, mais je crois inutile d’insister sur le détail des processus dégénérants. Voyons quelle peut en être la distribution.

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