‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 180 sur 210 · CELLULES NERVEUSES. LÉSIONS PRIMITIVES CHEZ L’HOMME · texte numérisé non relu

CELLULES NERVEUSES. LÉSIONS PRIMITIVES CHEZ L’HOMME

Tétanos. Donetti, dans un cas de tétanos, a constaté une réduction de volume de la corne antérieure à la région dorsale et l’atrophie des cellules nerveuses à ce niveau, sans avoir fait usage de la méthode de Nissl. Rispal a trouvé, dans un cas, la tuméfaction du corps cellulaire avec chromatolvse : dans un autre cas, la déformation avec transformation hyaline du protoplasma cellulaire et déplacement du noyau. Hunter a, dans un cas également, trouvé la transformation homogène.

Goldscheider et Flatau, Westphall, Gœbel, Ewing mentionnent la formation de fissures et de vacuoles, la rupture des dendrites, la disparition de la membrane nucléaire, la désintégration granuleuse du noyau, le gonflement et la disparition du nucléole.

Rage. — Des lésions de chromatolyse ont été relevées dans la rage par Sabrazès et Cabannes. Ewing, dans un cas, a trouvé des lésions prononcées au niveau des cellules de la moelle et dans les ganglions spinaux : chromatolyse uniforme, plus marquée au centre; noyau souvent .excentrique avec membrane nucléaire peu visible et nucléole hypertrophié.'

Pneumonie. — Dans un cas ou la température avait été exceptionnellement élevée (43°, 3), Déjerine et Thomas ont trouvé les cellules de la corne antérieure gonflées, ayant perdu la plupart de leurs corps chromatiques. Il n’y avait eu pendant la vie aucun symptôme nerveux appréciable.

De ces travaux pris dans leur ensemble, il résulte d’une façon certaine que la cellule nerveuse est extrêmement vulnérable; qu’en particulier, elle s’altère presque nécessairement toutes les fois qu’intervient une intoxication ou une infection. A ce titre, tous les travaux que nous avons cités présentent un grand intérêt, puisqu’ils marquent les premiers pas dans une voie jusqu’alors inexplorée.

Mais on est obligé de reconnaître que c’est à peu près la seule notion positive qu’on en puisse tirer, car, de leur examen détaillé aussi bien que de leur comparaison il est impossible de faire ressortir aucune autre conclusion définitive. C’est pourquoi on ne peut encore les considérer que comme des documents d’attente, documents à compléter par de nouvelles recherches.

Ces réserves nous paraissent être justifiées par des raisons nombreuses. Nous allons passer en revue les principales. Ce sont :

1° La trop grande uniformité des descriptions; d’où la difficulté de distinguer les unes des autres les formes de lésions cellulaires rencontrées dans les différents cas ;

2° L’importance prédominante et parfois exclusive que prennent, dans un trop grand nombre de descriptions, les lésions de la substance chromatique; et V omission de ce qui concerne les autres parties de la cellule;

3° Pour, la substance chromatique , le trop grand nombre de cas où l’on s’est borné à mentionner la présence ou l’absence de la chromato-

Page 1