CORNU. ET RANV1ER. — II
lyse, sans qu’il soit fait mention du mode suivant lequel celle-ci s’est effectuée ;
4° Le fait que, malgré la richesse des documents, bien des chapitres ne sont encore qu’à l’état d’ébauche, parce qu’ils ont été traités à l’aide de cas incomplètement observés ou en nombre beaucoup trop restreint.
Nous croyons devoir appeler plus spécialement l’attention sur les deux points suivants :
5° C’est d’abord la variabilité des formes anatomiques relevées après l’action d’une même cause. Nous prendrons comme exemple l’anémie expérimentale de la moelle épinière, parce qu’il s’agit là d’une cause unique et relativement simple. Or, ses effets ne sont pas toujours identiques. Ainsi, pour la substance achromatique, on atrouvé tantôt la colorabilité anormale avec conservation du réseau, tantôt le gonflement homogène avec disparition de ce même réseau. En outre, si la chromatolyse débute le plus souvent par la périphérie, elle peut commencer aussi par le centre de la cellule. — Il faut ajouter que ces variations ne sont pas spéciales à l’anémie temporaire, car on les trouve mentionnées dans un grand nombre d’intoxications, en particulier dans l’intoxication alcoolique.
Pour expliquer ces variations, on pourrait assurément invoquer les changements que doit subir l’aspect d’une même cellule du fait de l’évolution de la lésion dont elle est le siège. Mais dans les observations, pathologiques ou expérimentales, on ne trouve guère que la description d’une série d ’ états actuels, et il n’a été fait que peu d’efforts pour chercher à les relier les uns aux autres. C’est dire que nous ne sommes pas encore renseignés d’une façon suffisante sur la manière dont naît, se développe et se termine chacune de ces lésions.
6° Les mêmes incertitudes se retrouvent en ce qui concerne leur topographie. D’une façon générale, on a trop oublié qu’en pathologie nerveuse la localisation a plus d’importance encore que la forme anatomique. Assurément, certains observateurs ont envisagé ce côté du problème et ils ont spécifié les régions plus particulièrement atteintes; mais ils sont en petit nombre. Trop souvent, l’indication topographique est vague, ou bien l’examen est incomplet ; on a examiné une partie du cerveau ou de la moelle, et il n’est pas fait mention de l’état des autres régions du névraxe. jOr, dans les cas d’intoxication ou d infection, il n est pas indifférent de savoir si on est en présence de lésions généralisées et diffuses, ou de lésions localisées.
IV. — Signification générale des lésions de la cellule nerveuse.
Après avoir passé en revue les différentes lésions cellulaires; les états qui peuvent être confondus avec elles; enfin, les principales circonstances dans lesquelles ces lésions ont été rencontrées, il est nécessaire de chercher à déterminer leur signification et leur valeur générales. Tout d’abord, leur fréquence démontre bien que la cellule nerveuse est essentiellement vulnérable, surtout dans certaines de ses parties constituantes (substance chromatique, prolongements, etc.). Puis, le petit nombre de leurs modalités indique suffisamment qu’à ce point de vue, cette cellule nerveuse ne diffère guère de la plupart des autres éléments de l’économie, puisqu’elle réagit, de façon analogue ou identique, sous l’influence des agents les plus différents.
Envisagées dans leur signification générale, les lésions des cellules nerveuses peuvent avoir : 1° une valeur étiologique qui permette de déterminer l’agent nocif; 2° une valeur pronostique qui renseigne sur l’avenir de la cellule frappée; 3° enfin, une valeur symptomatique qui donne la mesure dans laquelle la fonction a été troublée.
A. — Valeur étiologique.
Lorsque nous avons étudié précédemment les principales circonstances étiologiques au cours desquelles les cellules nerveuses ont été trouvées altérées, nous avons distingué les lésions secondaires et les lésions primitives dues à des facteurs très variés (intoxications endogènes et exogènes ; infections diverses). Toutes ces lésions sont-elles susceptibles d’être différenciées les unes des autres, d’après leurs circonstances étiologiques ? Le problème ainsi posé nous paraît comporter la solution de plusieurs questions que nous aurons à examiner successivement.
1° Lésions primitives et lésions secondaires peuvent-elles être