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Fig. 51. — Sclérose latérale amyotrophique. Coupe longitudinale d’un faisceau atrophié (Gombault).
On voit dans cette figure des fibres normales ou hypertrophiées a, b, c, se diviser longitudinalement et donner naissance à des fibres grêles. Les noyaux sont très proliférés, disposés, soit en chaînes : d, d’, soit en amas, à la surface des fibres atrophiées : i, f. — Le tissu interstitiel est semé de noyaux dont la nature musculaire est encore souvent reconnaissable.
anatomie pathologique du muscle
2° Amyotrophies toxiques.
Il existe vis-à-vis des substances toxiques, et particulièrement des toxines microbiennes, une susceptibilité spéciale des cellules nerveuses susceptibilité variant, du reste, avec la nature de la toxine, l’individu en expérience, et n’étant pas égale pour toutes les cellules nerveuses d’un même centre.
L’injection de cultures ou de toxines microbiennes peut ainsi donner naissance soit à des foyers de myélite, soit à une poliomyélite diffuse, parfois envahissante, entraînant les amyotrophies limitées, passagères, persistantes ou même progressives.
Roger, en 1891, par injection de cultures de streptocoques chez le lapin; Gilbert et Lion, en 1892, cherchant à déterminer des paralysies avec le bacille d’Escherich, ont vu se produire des amyotrophies progressives, dont la cause était une dégénérescence limitée aux cellules des cornes antérieures.
D’autres, comme Bourges, en 1893, avec l’érysipélocoque, Vincent, avec le bacille typhique, obtinrent des amyotrophies non progressives des membres, dues à des foyers de myélite intéressant la substance grise et la substance blanche, avec transformation vacuolaire ou disparition des cellules des cornes antérieures, participation des cellules névrogliques, corps granuleux, dégénérescences des racines antérieures, et altérations surtout cylindro-axiles des troncs nerveux. Vincent n’a pas retrouvé de microbes dans la moelle altérée.
Enfin, Remlinger, en 1896, en injectant des cultures stérilisées de pneumocoques, a vu se développer chez les lapins une atrophie symétrique des muscles des membres supérieurs, atrophie non progressive, mais très prononcée, et qui persista alors que les phénomènes d’infection avaient depuis longtemps disparu.
Dans les muscles, Bourges ne note qu’une atrophie simple des fibres striées avec multiplication de noyaux. Dans le cas de Vincent, les fibres musculaires, toutes très atrophiées, montrent une prolifération considérable des noyaux, qui peut aller jusqu’à masquer la fibre. En outre, les fibres présentent, à un degré plus ou moins grand, une perte de leur striation transversale. La striation longitudinale est, au contraire, dans certains éléments, plus accentuée qu’à l’état normal. Enfin, quelques rares fibrilles ont perdu leur striation longitudinale et transversale et offrent un aspect presque homogène, mais se colorent bien par le picro-carmin. Il n’y a pas d’épaississement du périmysium.