CACHEXIE SÉNILE
Les coupes longitudinales et transversales frappent tout d’abord par l’augmentation considérable du tissu conjonctif. Non seulement ce tissu conjonctif est plus abondant entre les faisceaux, mais il est également augmenté entre les fibres qui sont séparées les unes des autres. Cette dissociation du muscle est, du reste, très variable et parfois l’envahissement entre les fibres est peu marqué ; elle est en outre irrégulière et certains faisceaux possèdent des fibres beaucoup plus rapprochées que d’autres. Le tissu conjonctif est tantôt dense, fibreux, scléreux, tantôt au contraire lâche et infiltré de cellules adipeuses disposées parallèlement aux fibres musculaires; ces cellules adipeuses peuvent être assez abondantes pour que l’on ait décrit une véritable infiltration graisseuse chez les vieillards. Les vaisseaux qui le parcourent présentent généralement des parois épaissies et souvent de l’endartérite, de l’athérome, lésions surtout marquées dans les muscles dont le tissu conjonctif est devenu dense et scléreux.
Les fibres musculaires sont diminuées de nombre. Une certaine quantité d’entre elles ont disparu sans laisser de traces ou ne sont plus représentées que par de rares noyaux difficiles à distinguer de ceux du tissu conjonctif.
Parmi celles qui persistent, un petit nombre sont intactes, ont un diamètre normal et possèdent une striation bien conservée.
D’autres sont en atrophie simple, présentent une diminution de volume, sans modification de la striation et sans dégénérescence, qui paraît relever surtout de divisions longitudinales répétées (voir fîg. 65) suivant un processus identique à celui que nous avons étudié dans les autres atrophies.
Un grand nombre de fibres affectent, sur les coupes transversales, des formes très irrégulières, carrées, anguleuses, en croissant, comme
Fig. 65. — Atrophie par division longitudinale dans un muscle de vieillard qui n’avait, cliniquement, rien présenté de pathologique (préparation de Gombault). .
Les libres atrophiées qui naissent des libres a et b, sont chargées de nombreux noyaux, se subdivisent et parfois même s’anastomosent entre elles (h).
3o2 ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU MUSCLE
si elles disparaissaient par érosion progressive avec conservation de la striation dans les portions persistantes de la substance contractile. Quelques-unes, percées d’un trou central, montrent qu’il s’agit ici de dégénérescence lacunaire ou vacuolaire plus ou moins prononcée,
mais intéressant la fibre,
soit à son centre, soit à sa périphérie. Plusieurs de ces éléments du reste ont une striation irrégulière, altérée, et un champ de Cohnheim indistinct.
La dégénérescence cireuse paraît exceptionnelle dans les muscles séniles à moins de complication.
Par contre, la dégénérescence granulo-graisseuse, et surtout la dégénérescence pigmentaire, se montrent dans un assez grand nombre de fibres qui perdent leur striation. Plus souvent se montre la fragmentation transversale dans des libres
Fig. 66. — Coupe transversale d’un muscle de vieillard (préparation de Gombault).
Les lésions sont très inégalement distribuées dans les divers faisceaux. Le tissu interstitiel, qui sépare les éléments contractiles, est très augmenté, mais n’est pas scléreux. 11 contient de nombreux noyaux, dont un certain nombre, de nature musculaire, montrent encore, à un fort grossissement, une mince enveloppe de substance striée.
Les fibres musculaires sont à tous les degrés de l’atrophie. Un grand nombre sont vacuolaires (a, a\ a"). Quelques-unes sont hypertrophiées. La fibre 6 présente un diamètre à peu près normal. La dégénérescence pigmentaire, qui intéressait plusieurs éléments, ne se voit pas sur le dessin.
encore bien striées, mais qui paraissent avoir acquis une fragilité toute spéciale.
Enfin, on rencontre presque toujours, disséminées au milieu de ces éléments, quelques fibres très hypertrophiées ayant le triple ou le quadruple des
libres normales, mais se colorant plus fortement par le picro-carmin et l’hématoxyline, à striations souvent indistinctes, assez homogènes et à champ de Cohnheim généralement disparu sur les coupes transversales. On les a considérés comme des éléments en état d’hypertrophie vicariante. Ce que nous avons dit plus haut sur les diverses modifications du sarcoplasma pouvant aboutir à Y atrophie (voir ce mot), nous