‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 98 sur 210 · RÉSISTANCE DES GLOBULES ROUGES · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE DES GLOBULES ROUGES

le globule rouge qui a perdu son hémoglobine échappe presque absolument à la numération.

L’altérabilité plus grande des globules rouges a été constatée par Malassez dans la chlorose, les anémies graves ; par Vaquez et Marcano dans l’hémoglobinurie paroxystique. Dans l’ictère vrai, on trouve au contraire une augmentation de la résistance des globules rouges (Hayem, Malassez, Vaquez). Il ne s’agit pas là simplement d’une destruction des globules les plus altérables, sous l’influence de l’action hématolysante de la bile et d’une persistance des globules les plus résistants. En effet, c’est la presque totalité des globules qui résistent à des solutions très faibles (Vaquez). Vaquez a observé un fait paradoxal du même genre chez un malade cachectique atteint de sarcome du maxillaire inférieur et chez lequel la résistance globulaire était très augmentée. Il s’agit, dans ces faits très intéressants, de phénomènes d’adaptation, d’accoutumance, d’une sorte d’immunisation contre l’action hémolytique des sels biliaires par exemple, dans l’ictère. Dans l’ictère, l’augmentation de résistance s’établit très rapidement (Vaquez).

La solution salée qui correspond à la résistance minima évaluée par la méthode d’Hamburger (0,50 de chlorure de sodium chez l’homme sain) n’est pas la même que celle qui correspond à la concentration moléculaire du sérum sanguin. Le titre d’une pareille solution est sensiblement plus élevé et correspond en moyenne, chez l’homme sain, à une solution de chlorure de sodium voisine de 0,92 pour 100 (Hamburger, Hédin, Malassez, Winter, Bousquet). Une pareille solution est dite isotonique avec le sérum sanguin ; elle a même tension osmotique; elle est en équilibré osmotique avec le contenu hémoglobique des globules.

Ce sont de pareilles solutions ou des solutions d’un titre seulement un peu inférieur qu’il convient d’employer comme sérums artificiels (1).

La concentration moléculaire du sérum sanguin est une valeur assez fixe, mais qui peut varier cependant. Le titre d’une solution salée parfaitement isotonique est donc aussi variable. Cette solution isotonique peut être obtenue à priori en cherchant une solution saline de concentration telle qu’elle ait le même point de congélation que le sérum (cryoscopie).

(1) La solution à 0,75 pour 100 de chlorure de sodium, la solution indifférente des physiologistes et des histologistes, est intermédiaire à la solution isotonique avec le sérum (0,92 chlorure de 'sodium) et à la solution contenant la même proportion de chlorure de sodium que le sérum (0,60 environ).

4g6 histologie pathologique du: sang

Dans les maladies, le point de congélation du sérum s’abaisse ou s’élève, le degré de concentration des solutions isotoniques avec le sérum et avec les globules devra être abaissé ou élevé parallèlement; ces variations peuvent correspondre à des titres de solution de chlorure de sodium variant de 0,49 à 1,04 pour 1000 (Koranyi, Bousquet).

Modifications portant sur la mobilité des globules rouges.

Les globules rouges ne sont pas doués, comme les globules blancs, de la propriété de changer de forme et de se déplacer. Cependant, dans certains cas pathologiques, en particulier dans les anémies graves, certains auteurs ont signalé des mouvements amiboïdes des globules rouges.

L’existence de ces mouvements propres des globules rouges est bien loin d’être démontrée; il est plus probable qu’il s’agit là seulement de déformations provoquées sur des globules rouges dont la consistance est très diminuée.

Modifications dans les réactions colorantes des globules rouges.

Les globules rouges du sang normal peuvent se colorer à peu près par tous les colorants, mais ils ont une affinité marquée pour les couleurs d’aniline acides et en particulier pour l’éosine.

Or, dans certaines anémies, Ehrlich a montré qu’un certain nombre de globules rouges se teintaient plus ou moins par les couleurs basiques (dégénérescence anémique des globules rouges) (1).

En présence du mélange d’une couleur basique et d’une couleur acide, ils prennent, non la teinte de la couleur acide, mais une teinte intermédiaire à la couleur acide et à la couleur basique. Avec la coloration combinée éosine-hématoxyline (2), au lieu de prendre la teinte pure de 1 éosine, ces globules altérés se colorent en violet. Cette altération a été décrite par Ehrlich dans un grand nombre d’anémies. Elle

(1) « Polychromatophilie » de Gabritschewsky.

(2) L’hcmatoxylme et l’hématéine étant des couleurs végétales et non des couleur:

Sent6’ d^un^manlL^8 }* c.at(îS°rie des couleurs acides ou basiques, mais elle: agissent, d une maniéré generale, à peu près comme les couleurs basiques.

Page 1