‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 100 sur 148 · BACILLE DE LA PESTE · texte numérisé non relu

BACILLE DE LA PESTE

Cultures. — Le bacille de la peste est un microbe aérobie, qui se développe facilement dans la plupart des milieux usuels.

Sur gélose, ou mieux sur gélose glycérinée, la culture est blanchâtre, transparente, à bords irisés.

Le bouillon ne se trouble pas; il se fait au fond du tube un dépôt grumeleux, qui fait ressembler la culture à une culture de streptocoque.

La gélatine n’est pas liquéfiée.

Fig. 301. — Bacille de la peste : frottis de ganglion.

Inoculation aux animaux. — Le bacille est pathogène pour la* souris, le rat, le cobaye. L’inoculation de cultures sous la peau du cobaye détermine, au bout de quelques heures, de l’œdème au point d’inoculation; les ganglions se tuméfient et l’animal meurt, après avoir présenté des crises convulsives. A l’autopsie, on trouve de l’œdème et des hémorragies de la paroi abdominale ; les ganglions sont volumineux, farcis de bacilles ; l’intestin, les capsules surrénales, les reins et le foie sont congestionnés ; la rate, volumineuse, est semée de grosses granulations blanchâtres.

Les rats sont très sensibles au bacille d’Yersin, ils jouent un rôle important dans la transmission de la maladie.

Le bacille de la peste sécrète, dans les milieux de culture, une

toxine qui tue la souris à la dose de un soixante-dixième de centimètre cube (Roux). Cette toxine est peu active pour le cobaye et le lapin.

Il semble d’ailleurs qu’une partie des produits toxiques restent adhérents aux corps microbiens ; c’est de ceux-ci que se sont servis Roux, Calmette et Borrel pour vacciner les animaux contre le bacille d’Yersin. Pour ces vaccinations, ils emploient des cultures sur gélose, qu’ils raclent et stérilisent par chauffage à 58 degrés pendant une heure et inoculent à l’animal.

Les lapins et les chevaux vaccinés ont un sérum préventif et thérapeutique (Yersin).

L’inoculation directe de vieilles cultures stérilisées à 70 degrés détermine, chez l’homme inoculé, une véritable immunité (Haffkine).

Le bacille de la peste, très abondant dans les bubons, peut être observé dans le foie, la rate et même dans le sang.

Dans les cas où les bubons manquent (forme pneumonique), le bacille existe cependant dans les ganglions (Yersin) pendant la vie, et peut être décelé soit par l’examen direct, soit par la culture sur gélose, soit par l’inoculation d’un fragment à la souris.

Dans les cas de pneumonie pesteuse (Batzaroff), le bacille peut être retrouvé dans les crachats en très grande quantité.

Bacille du chancre mou.

Le chancre mou est produit par un bacille découvert par Ducrey, étudié surtout par Unna et Charles Nicolle.

Morphologie. — Dans le pus chancreux, le bacille existe en assez faible abondance, mêlé à de nombreux microbes d’infection secondaire. MM. Morax et Nicolle conseillent d’étudier seulement la pulpe du fond de l’ulcère.

Le microbe apparaît alors sous forme d’un bacille fin, un peu allongé; les bacilles sont tantôt isolés, tantôt réunis par deux, exceptionnellement en chaînettes.

Dans les coupes du chancre, enlevé par biopsie, on reconnaît, dans l’épaisseur des tissus infiltrés, bien plus facilement le bacille ; il est alors disposé en longues chaînettes, formant des traînées caractéristiques entre les cellules (Ch. Nicolle).

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