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FIÈVRE JAUNE

Fièvre jaune.

Les recherches récentes de Sanarelli attribuent la fièvre jaune à l’action d’un bacille qu’il a isolé et dont il a étudié avec soin les caractères de culture.

Morphologie. — Le bacille ietéroïde ne présente, au point de vue morphologique, aucun caractère spécial; c’est un petit bâtonnet assez polymorphe, à extrémités arrondies ^ on le voit disposé par paires dans les cultures et par petits groupes dans les tissus; il est long de 2 à 4 [/..

Dans les organes, on le retrouve par petits groupes, siégeant toujours dans les petits capillaires du foie et du rein.

Il sê décolore par le Gram.

Milieux de culture. — Le bacille ietéroïde se cultive assez bien sur tous les milieux nutritifs ordinaires.

La gélose est le milieu d’élection sur lequel il donne des cultures qui sont caractéristiques, mais à condition que lé tube soit laissé à la~ température de 20 à 22 degrés, et non porté à l’étuve à 37 degrés. Dans ce cas, les colonies offrent l’aspect de gouttes de lait, de plaques saillantes, à reflets perlés.

Si l’on a soin de mettre les cultures à l’étuve à 37 degrés pendant douze à seize heures, puis de les laisser pendant un temps égal se développer à la température ambiante, l’aspect est véritablement caractéristique. Les colonies ont l’aspect d’un sceau de cire à cacheter ; elles sont constituées par un noyau central aplati, transparent et bleuâtre, entouré d’un cercle périphérique proéminent et opaque.

Sur gélose laissée à V étuve, les colonies sont arrondies, grises, transparentes, à surface lisse et à bords réguliers, sans caractères.

Sur gélatine en strie, la culture se présente sous forme de gouttelettes brillantes et opaques, pareilles à des gouttes de lait ; la gélatine n’est pas liquéfiée.

Sur gélatine en plaques, il forme des colonies arrondies, transparentes et granuleuses, qui présentent pendant les trois ou quatre premiers jours l’aspect de leucocytes.

Sur bouillon, le microbe se développe peu, le milieu reste clair.

11 fait fermenter insensiblement le lactose, plus activement le glycose et le saccharose et ne coagule pas le lait.

Le bacille ictéroïde est anaérobie facultatif, très résistant à la dessiccation, sensible à l’action de la chaleur humide à 68 degrés.

Inoculation aux animaux. — Le microbe est pathogène pour la plupart des mammifères; les oiseaux sont, par contre, réfractaires.

Pathogène pour la souris, le cobaye et le lapin, il reproduit chez le chien des symptômes et des lésions anatomiques très voisines de ce que l’on observe chez l’homme dans la fièvre jaune : vomissements, hématémèses, hématurie, albuminurie, ictère, avec dégénérescence graisseuse du foie. Le virus a des propriétés à la fois stéatogènes, hémorragipares et émétiques.

Élude de la toxine. — L’action du bacille est due à une toxine très active; celle-ci s’obtient facilement en filtrant sur bouillon une culture vieille de vingt à vingt-cinq jours.

On obtient avec cette toxine les mêmes résultats qu’avec le microbe; te cheval est très sensible à la toxine. Inoculée à doses faibles à l’homme, la toxine a reproduit tous les symptômes de la fièvre jaune.

Le bacille ictéroïde se rencontre seulement dans le sang et les tissus, il ne réside pas dans le tube digestif.

La recherche en est difficile, les infections secondaires par le colibacille, le staphylocoque ou le streptocoque étant d’une extrême fréquence.

La porte d’entrée, chez l’homme, se ferait par les -voies respiratoires ou bien par les voies digestives.

Le contage, une fois développé, est très résistant. Les moisissures joueraient un rôle dans ce développement, et Sanarelli prétend que le bacille ictéroïde se développe bien plus facilement associé à des moisissures qu’isolé.

Bacille pyocyanique.

L’étude de ce bacille, découvert par Gessard, a été faite surtout par MM. Guignard et Charrin.

Morphologie. — Le bacille pyocyanique est un microbe polymorphe ; dans les cultures en bouillon, il se voit sous l’aspect d’un bâtonnet court et trapu, de 1 p à 1 p, 5 de long sur Op, 6 de large ; la brièveté du bacille peut le faire prendre pour un coccus ; il est souvent disposé en diplocoque ou en courtes chaînettes.

Le bacille pyocyanique est susceptible d’un très grand polymor-

BACILLE PYOCYANIQUE

phisrae (Guignard et Charrin) ; l’adjonction d’antiseptiques, phénol, naphtol au bouillon, déterminela formation de filaments enchevêtrés; l’adjonction d’acide borique à 6 à 7 pour 1000 celle de formes en virgule, parfois même en longue spirale; enfin l’addition de créosote, à raison de 0,75 à 1 gramme pour 1000, un aspect en coccus.

Ces caractères font place à la forme bacillaire, si l’on transplante le microbe modifié dans le bouillon normal.

Le bacille pyocyanique est très mobile, sa mobilité est due à un cil vibratile, il prend le Gram.

Fig. 300. — Bacille pyocyanique.

Cultures. — Anaérobie facultatif, il se développe facilement sur les divers milieux usuels ; sur gélose, il donne des colonies grisâtres et le milieu devient fluorescent.

Le bouillon ensemencé se trouble et prend une teinte verdâtre, uniforme; à la surface se développe un voile blanchâtre épais; la culture a une odeur fécaloïde.

Dans la gélatine ensemencée par piqûre, on voit se développer des colonies à disposition radiée ; le milieu est bientôt liquéfié et toute la masse liquéfiée prend une belle teinte vert émeraude.

Sur pomme de terre , les colonies ont un aspect jaune brun.

La propriété chromogène des cultures est essentiellement variable

COKNIL ET RANVIER. — I.

notions élémentaires sur les bactéries

et indépendante du pouvoir pathogène : les pigments sécrétés sont multiples et l’on peut isoler du pigment fluorescent vert, de la pyoxanthose jaune, enfin de la pyocyanine bleu de ciel. Ce dernier pigment s’obtient en ajoutant au bouillon quelques gouttes d’ammoniaque puis do chloroforme ; dans ce dernier se dissout le pigment bleu.

Inoculation aux animaux. — Le bacille pyocyanique est pathogène pour le lapin. L’inoculation sous-cutanée n’est nocive qu’à dose massive ; l’inoculation dans les veines, même à petite dose, est mortelle.

Selon la dose de bacilles inoculés, on a des formes rapides ou des formes lentes; ces dernières peuvent s’accompagner de paraplégie spasmodique (Charrin).

L’inoculation sous la peau du cobaye détermine une sorte dè gomme qui s’élimine lentement.

Habitat normal et manifestations pathologiques. — Le bacille pyocyanique est très répandu dans l’eau, l’air, les cavités digestives (Charrin), etc.

Il est l’agent de la suppuration bleue de l’homme.

Il peut, d’ailleurs, déterminer des lésions plus redoutables, une véritable infection générale, avec fièvre, diarrhée, albuminurie, hémorragies, éruption bulleuse cutanée ; des localisations gastro-intestinales frappant les nourrissons (Baginsky, Escherich, Cadet de Gassicourt et L’esage, Kossel); des localisations pleuro-pulmonaires.

Peste à bubons.

Le microbe de la peste a été découvert par Yersin, dans la pulpe des bubons des individus atteints de la peste.

Morphologie. — Dans la pulpe, on voit une véritable purée d’un Bacille court, trapu, à bouts arrondis, facile à colorer par les couleurs d’aniline. Souvent les extrémités se colorent plus fortement que le centre, et l’on voit un espace incolore au milieu ; l’aspect est alors caractéristique.

Dans les cultures, les caractères du bacille sont bien moins précis ; les bacilles très courts simulent souvent de gros coccus, qui peuvent se mettre en chaînettes et faire croire à l’existence de streptocoques.

Le bacille de la peste ne prend pas le Gram.

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