BACILLE DE LA MORVE
Le bacille de Ducrey ne prend pas le Gram; il se colore faiblement, et seulement à ses deux extrémités, par les couleurs d’aniline.
Le bacille de Ducrey ne se développe pas sur les milieux artificiels et n’est pas pathogène pour les animaux. M. Nicolle a cependant, tout récemment, réussi à reproduire le chancre mou chez une race spéciale de singe.
Fig. 302. — Bacille du chancre mou : préparation de pus chancrelleux.
Chez l’homme, l’inoculation du pus chancreux s’accompagne de la formation d’un chancre mou.
Morve.
Le bacille de la morve a été isolé à la suite des recherches de MM. Bouchard, Capitan et Charrin, bientôt confirmées par les travaux de Lœffler et de Schultze.
Morphologie. — Le microbe de la morve est jm bacille rectiligne, quelquefois légèrement incurvé, ayant environ de 2 à 5 fx de long, sur 0 [x, 2 à 0 (a, 4 de large.
Le bacille est immobile; il se décolore par la méthode de Gram.
Milieux de culture. — Le bacille ne se développe qu’à une température assez élevée, aux environs de 37 degrés.
Il est facultativement anaérobie.
Le bouillon ensemencé se trouble et il se forme un dépé»t blanc grisâtre.
Sur gélose et mieux sur gélose glycérinée, il donne des colonies grisâtres, un peu visqueuses, transparentes.
La pomme de terre est le milieu de culture le plus favorable et le plus caractéristique; le bacille y développe des colonies d’abord jaunâtres, transparentes, qui bientôt deviennent de couleur café au lait ou couleur chocolat.
Le bacille ne se développe pas sur gélatine.
La vitalité du bacille est faible et il résiste mal à la dessiccation, à la lumière et à la chaleur.
Inoculation aux animaux. — Le cheval, l’âne, le mulet sont très sensibles à l’inoculation du virus. La moindre solution de continuité suffît pour permettre la contagion.
L’infection pourrait même, d’après Babès, se produire à travers la peau et les muqueuses saines.
Les voies respiratoires peuvent aussi servir de porte d’entrée.
L’inoculation de cultures morveuses à l’âne, pratiquée au moyen de scarifications faites sur la région frontale, puis de frictions avec le produit morveux, détermine, en dix à seize jours, des lésions mortelles de morve aiguë, très voisines de la granulie.
L’inoculation au cobaye mâle donne des résultats tout aussi certains et est plus pratique. S’il s’agit de produits qui ont été exposés à l’air, on doit faire l’inoculation sous la peau ; on voit alors apparaître, au point de piqûre, une induration qui fait place bientôt à une sorte d’ulcération taillée à pic, sans tendance à la cicatrisation ; les ganglions se gonflent et peuvent s’ulcérer, puis les bourses se tuméfient et il se produit de l’orchite»
Cette dernière lésion se produira bien plus sûrement, si l’on inocule les. produits morveux (à condition qu’il n’v ait pas d’infection secondaire) directement dans le péritoine des cobayes mâles. Deux ou trois jours après l’inoculation, les testicules deviennent saillants et douloureux; il se produit de la vaginalite ; le testicule baigne dans un liquide puriforme rempli de bacilles. L’animal meurt vers le quatrième ou sixième jour.
Si l’on a fait l’inoculation sous la peau, on peut sacrifier l’animal dès que les ganglions apparaissent tuméfiés, broyer ces ganglions et les inoculer dans le péritoine d’un deuxième cobaye.