BACILLE DU TÉTANOS
La réaction de l’orchite morveuse n’est pas absolument caractéristique, comme le croyait Straus.
D’autres microbes peuvent déterminer cette réaction (Nocard); pour affirmer le diagnostic de la morve, il faudra donc ensemencer le pus de la vaginale sur pomme de terre et chercher la réaction brun chocolat.
Le bacille de la morve contient une toxine adhérente au corps microbien : la malléine, comparable à la tuberculine.
La malléine s’obtient en stérilisant à 100 degrés pendant une demiheure, puis réduisant au dixième des cultures en bouillon du bacille de la morve, vieilles d’un mois.
La malléine brute ainsi recueillie est filtrée sur papier Chardin et s’emploie, diluée au dixième dans l’eau phéniquée à 5 pour 1000.
L’inoculation de 2 centimètres cubes et demi de cette solution sous la peau du cheval sain ne détermine pas de réaction. S’il se produit de l’œdème local et de l’élévation de la température de 1°,5, l’animal doit être considéré comme suspect.
Si l’animal est morveux, la réaction est caractéristique : la peau, au point d’inoculation, devient chaude, tendue, douloureuse. Autour de ce point partent des traînées de lymphangite ; l’animal a de l’anorexie, des frissons, quelquefois des convulsions, enfin de la fièvre, 1°,5 à 2 et même 3°, 5, dès la huitième heure après l’injection.
Tétanos.
Le tétanos est produit par le développement, au niveau des plaies, d’un bacille décrit, en 1884, par Nicolaïer, et isolé à l’état de pureté par Kitasato. L’infection expérimentale a été surtout étudiée par Behring et Kitasato, Roux, Vaillard et Vincent.
Morphologie. — Le bacille se trouve toujours en petite quantité au niveau de la plaie tétanique, sous forme d’un bâtonnet long et grêle, le plus souvent terminé par un renflement renfermant une spore (aspect en épingle).
Dans les cultures, le bacille forme souvent des filaments allongés, dépourvus de spores pendant les premiersjours ; les filaments sontalors doués d’une certaine motilité. Les spores apparaissentensuite (quarantehuit heures) et, dans les cultures vieilles de dix jours, on ne trouve que des bacilles sporulés. Dans les vieilles cultures, le corps du bâtonnet se désagrège et l’on ne voit plus que des spores.
Le bacille du tétanos prend le Gram; les spores se colorent paria méthode d’Ehrlich.
Cultures. — Pour faire les cultures anaérobies en milieux liquides il suffit de priver d’air les milieux, en adaptant les tubes quelques instants à une trompe à eau. Les cultures en milieux solides se font dans de longs tubes à essai renfermant un culot de gélatine ou de gélose de 10 à 15 centimètres de hauteur; l’ensemencement est fait en profondeur.
La séparation des germes anaérobies est difficile; on utilisera le procédé de Vignal : ensemencement des microbes dans de la gélose ou gélatine fondue, aspirée dans un très long tube de verre de fin calibre; section du tube au voisinage des colonies et repiquage de celles-ci; ou le procédé de Liborius-Veillon : dilution progressive dans trois longs tubes à essai de gélose fondue ; on laisse solidifier par refroidissement.
Le bacille du tétanos est anaérobie, mais il est moins sensible àl’action de l’oxygène que le vibrion septique. Il se développe entre 14 et 43 degrés; mais le développement au-dessous de 20 degrés est très lent; au-dessus de 42 degrés, il ne donne plus de spores.
Les premières cultures, venant d’un pus tétanifère, sont difficiles; le bacille étant, en général, associé à d’autres microbes, on doit alors employer la technique suivante (Vaillard et "Vincent): ensemencer le pus dans du bouillon en cultures anaérobies ; prendre une partie de ce bouillon et le soumettre une à deux minutes, en vase clos, à une température de 100 degrés, pour détruire les microbes non sporulés ; répéter deux ou trois fois le chauffage et la culture; isoler enfin par le tube de Vignal.
Ensemencé sur bouillon, le bacille trouble le liquide, qui ne s’éclaircit que tardivement en donnant un dépôt au fond du vase : le bouillon a une odeur de corne brûlée.
Le lait permet le développement du microbe et n’est pas coagulé.
Le bacille se cultive mal sur l’albumine de l’œuf, l’humeur aqueuse, le sérum frais et liquide du sang de bœuf, de lapin et de cobaye.
Les cultures faites dans le sang frais de lapin ont un pouvoir pathogène considérable (Vaillard et Vincent).
Sur gélatine, les colonies apparaissent, selon la température, du quatrième au sixième jour : « Ce sont, au début, de petites sphères nuageuses dont le centre est occupé par un point blanchâtre; la partie