‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 125 sur 148 · CORPS LIBRES ARTICULAIRES · texte numérisé non relu

CORPS LIBRES ARTICULAIRES

viale, et recevaient d’elle des vaisseaux, de sorte que ces résultats expérimentaux n’apportent aucune démonstration au sujet des transformations des corps mobiles dépourvus de pédicule.

En résumé, dans l’état actuel de la question, on doit se contenter d’admettre que les corps ostéo-cartilagineux d’origine traumatique peuvent subir seulement des modifications régressives, lorsqu’ils sont entièrement détachés des extrémités articulaires et complètement libres dans la cavité de l’articulation; seuls, ceux qui, avant de se détacher complètement, conservent encore, pendant quelque temps, des connexions vasculaires avec leur point d’origine, sont susceptibles de subir des transformations prolifératives.

CoRrs libres articulaires d’origine ‘pathologique. — Nous comprenons dans ce groupe toutes les productions de structure variée qui, développées spontanément aux dépens des parties constitutives de l’articulation sous l’influence d’un processus chronique, et retenues d’abord par un pédicule, finissent par s’en détacher complètement, de façon à devenir entièrement libres dans la cavité articulaire.

Mentionnons seulement les corps d’apparence fibrineuse, qu’on voit assez souvent flotter, quelquefois en nombre considérable, dans le contenu des articulations atteintes d’arthrite tuberculeuse et qui, bien qu’ayant le plus ordinairement un petit volume, dépassent parfois un ou deux centimètres dans leur plus grand diamètre. Ces corps qui, sur des coupes transversales, se montrent composés tantôt par une masse amorphe, tantôt par des lamelles concentriques, sont tout à fait analogues aux grains riziformes des synovites tendineuses, etils paraissent dus à la fragmentation des dépôts fibrineux, mélangés de débris d’éléments cellulaires nécrosés, qui forment quelquefois une couche très appréciable tapissant la surface interne des articulations malades.

Rappelons aussi les corps fibreux qui, ainsi que nous l’avons dit, peuvent se montrer dans cette variété d’arthrite, dite tubéreuse, dont la nature tuberculeuse a été démontrée, et les corps adipeux ou fibroadipeux, qui se développent dans certaines arthrites chroniques tuberculeuses ou non tuberculeuses, et qui, lorsqu’ils acquièrent de grandes dimensions, constituent le lipome arborescent de Müller.

Qu’ils se développent dans les franges synoviales, ou sous la synoviale, qu’ils refoulent peu à peu pour s’en coiffer en quelque sorte, suivant le mécanisme décrit par Laennec et contesté par beaucoup d’auteurs, en tout cas ces corps, d’abord rattachés par un pédicule au point de la synoviale où ils ont pris naissance, peuvent, à un moment

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donné, devenir entièrement libres dans l’intérieur de l’articulât* lorsque le pédicule vient à se rompre. C’est ainsi que LancereauxHv’ constaté chez des sujets âgés des corps graisseux gros comme u amande, flottant librement dans la cavité articulaire du genou ^ Les plus importants, parmi les corps mobiles articulaires d’oriein pathologique, sont ceux qui, constitués soit par du tissu osseux so't par du cartilage, soit à la fois par de l’os et du cartilage plus ou moin! modifies, se détachent dans le cours des diverses arthrites chroniques par differents mécanismes qu’il importe de rappeler.

Dans les ostéo-arthrites tuberculeuses, ce sont des portions necr-osees qui se détachent des extrémités articulaires, provenant soit des cartilages de revêtement, altérés par le double processus que nous avons étudié dans le chapitre consacré à la tuberculose articulaire soit du tissu osseux épiphysaire dont elles se séparent sous la forme de séquestres plus ou moins volumineux.

Dans les arthrites chroniques déformantes, nous avons vu que les ecchondroses qui se développent à la périphérie des cartilages peuvent se pediculiser, et, a un moment donné, se détacher complètement “T1 T8 UbreS Cart"agineux ouostéo-cartilagineu*; eccho^^b;:: ^ en“èrement C°mparable à deS aV,TS ™ également lue, dans ces mêmes arthrites, des des f annes S!nrX T déïeloppent soit dans 1“ villosités terminales - la caPs“la articulaire, et peuvent se calcifier et

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(1) Lancereaux, Anat. palhol., t. III.

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