DES ALTÉRATIONS DU TISSU CONJONCTIF
- Congestion et hémorragie du tissu conjonctif.
La congestion du tissu conjonctif s’observe souvent pendant la vie sans laisser de traces après la mort. Cependant, lorsqu’elle est liee a l’inflammation ou à des hémorragies, il arrive très souvent qu’on trouve sur le cadavre les vaisseaux du tissu conjonctif remplis de sang. Si, avec des ciseaux, on enlève des fragments de ce tissu congestionne et qu’on les examine dans du sérum, on reconnaît que les capillaires son comblés de globules rouges du sang qui, vingt-quatre heures apres la mort, apparaissent crénelés. Dans les inflammations surtout, les papillaires présentent des dilatations régulières ou fusiformes^ bous .«irons bientôt ce qui arrive au tissu congestionne lorsque, en meme temps, devient œdémateux.
Les épanchements de sang dans le tissu conjonctil ment communs; on les observe dans les dans les maladies générales
Les globules du sang t Poul. éludier cette lésion peu
ceaux du tissu conjonctif et les ecarten r ■ ^ feit toeir la
de temps après que l’hemorragie P ^ qni; ramollies
pièce dans tannin et examinées dans la glycérine acidifiée,
MALADIES DES SYSTÈMES ET DES TISSUS
rencontre des globules blancs isolés ou groupés, faciles à reconnaître à première vue parce que le carmin les a colorés. Ces préparations ressemblent beaucoup dans leur ensemble à celles de l’angiome caverneux (voy. p. 447, fig. 201).
Plus tard, et dans un espace de temps variable, le sang épanché éprouve des modifications considérables : la fibrine qui s’est concrétée autour des globules et qui les maintient subit la métamorphose moléculaire; les globules rouges se détruisent. On trouve alors les produits de leur décomposition qui sont de l’hématoïdine granuleuse, ou du moins une matière analogue rouge, jaune ou brune, qui dérive de l’hémoglobine, des granulations albuminoïdes et enfin des granulations graisseuses.
Mais, en même temps que se font ces métamorphoses du sang, il se passe dans le tissu conjonctif qui en est infiltré des modifications de nature irritative dont la fin est l’élimination de tous les produits de décomposition. Des globules blancs se montrent en grand nombre, et, à mesure qu’ils se trouvent en rapport avec les globules rouges qui ne sont pas encore décomposés et avec les granulations colorées qui en dérivent, ils les absorbent. Ils rentrent ensuite dans la circulation lymphatique ou sanguine et ils emportent avec eux les particules dont ils se sont chargés.
En même temps, les cellules fixes du tissu conjonctif se gonflent et absorbent également des granulations colorées.
C’est à ces deux faits histologiques qu’il faut attribuer la disparition complète des ecchymoses et en même temps la pigmentation persistante de quelques cicatrices. La description que nous venons de donner des phénomènes consécutifs à l’hémorragie du tissu cellulaire est basée sur les observations recueillies sur l’homme et sur des expériences pratiquées chez les animaux.
A ces expériences, il convient d’en rattacher d’autres dans lesquelles la matière épanchée dans le tissu conjonctif n’est pas du sang, mais bien une substance solide colorée et pulvérisée finement, susceptible d’être toujours reconnue au milieu des tissus. Tels sont le vermillon broyé, en suspension dans l’eau, et le bleu d’aniline précipité par l’eau de sa solution alcoolique. Si l’on injecte dans le tissu conjonctif un centimètre cube d’eau tenant en suspension ces granulations, on ne trouve plus de granulations libres entre les faisceaux du tissu conjonctif cinq ou six jours après l’opération. Toutes les granulations sont contenues soit dans des cellules lymphatiques, soit dans des cellules