‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 14 sur 148 · TISSU NERVEUX · texte numérisé non relu

TISSU NERVEUX

Tout tube nerveux à myéline est parcouru suivant son axe par un cylindre qui semble homogène, vitreux, et dont le diamètre est en rapport avec celui du tube nerveux qu’il contient. Ce. cylindre (cylinder axis, cylindre-axe, cylindre de Taxe, ruban primitif) est «ontinu, c’est-à-dire qu’il se poursuit dans le tube nerveux depuis son origine jusqu’à sa terminaison, sans subir d’interruption ni de soudure au niveau des étranglements annulaires.

Ceci étant dit, nous pouvons considérer maintenant la structure d’un segment interahnulaire. À peu près en son milieu, on distingue au-dessous 'de la membrane de Schwann un noyau ovalaire aplati, logé dans une dépression de la myéline. 11 est environné d’une lame protoplasmique granuleuse qui s’étend au-dessous de la membrane de Schwann et qui la double dans toute son étendue, jusqu’aux deux étranglements annulaires voisins. A leur niveau, cette lame se replie et se réfléchit sur le cylindre-axe, auquel elle constitue une.

gaine spéciale, gaine dont Mauthner avait depuis longtemps reconnu l’existence sans saisir sa signification et que nous avons cependant désignée sous le nom de gaine de Mauthner.

De cette disposition il résulte que la myéline de chaque segment interannulaire est contenue dans un sac protoplasmique formé par une lame extrêmement mince, munie d’un seul noyau. Entre la lame protoplasmique qui enveloppe le cylindreaxe et celle qui double la gaine de Schwann s’étendent des cloisons extrêmement minces, obliques, qui divisent le cylindre de myéline en une série de segments courts emboîtés les uns dans les autres, et qui, surtout après l’action de certains réactifs, paraissent séparés par des incisures décrites par Schmidt, par Lantermann, par Franz Boll, etc.

La myéline est formée d’une substance liquide oléagineuse, qui s’écoulerait facilement des tubes nerveux, si elle n’était retenue par la membrane de Schwann, et qui s’accumulerait probablement dans les parties déclives, sans les nombreuses cloisons qui la maintiennent.

En dissociant un fragment de nerf dans l’eau, on observe, au niveau de la section des tubes, et dans les points où la membrane de Schwann

Fig. 21. — Fibres nerveuses cylindre-axe enveloppé en par la gaine médullaire.

CORNiL ET RANVIER.— I.

a été déchirée, l’issue de la myéline. Elle s’échappe sous la forme de filaments pelotonnés qui bientôt se soudent les uns aux autres, se gonflent et donnent naissance à des boules plus ou moins arrondies, plus ou moins volumineuses, dont la limite est marquée par un double contour. C’est là un des caractères les plus importants de la myéline. L’acide osmique la colore en noir bleuâtre, aussi bien quand elle est encore contenue dans les tubes nerveux que lorsqu’elle s’en est échappée. Le même réactif donne à la graisse une teinte brune plus ou moins foncée.

Le cylindre-axe se colore par le carmin, et, bien qu’il paraisse d’habitude homogène et vitreux, il se montre, dans certaines circonstances, sous la forme d’un faisceau de fibrilles fines et délicates, i Lorsqu’un tube nerveux, au voisinage de sa terminaison périphérique, se divise, la division s’effectue toujours au niveau d’un étranglement annulaire. Le cylindre-axe se partage entre les deux tubes nerveux nouveaux, comme si le faisceau de fibrilles ; qui le compose se séparait simplement en deux.

Cette division conduit ainsi dans deux directions différentes les fibrilles nerveuses qui jusqu’ici avaient cheminé ensemble depuis leur point d’origine dans les centres nerveux.

Si le cylindre-axe a réellement une constitution fibrillaire, comme certaines observations peuvent le faire supposer, il faudra reconnaître, avec Waldeyer, Schultze et un certain nombre d’autres observateurs, qu’en se plaçant au point de vue physiologique, l’élément essentiel du nerf serait la fibrille nerveuse. C’est à celle-ci que serait dévolue la fonction de mettre en relation une partie limitée des centres avec un organe élémentaire périphérique sensitif ou moteur.

Dans les centres nerveux (cerveau et moelle épinière), les tubes nerveux à myéline n’ont pas de membrane de Schwann, et par conséquent ils ne possèdent ni étranglements annulaires ni segments interannulaires. La gaine médullaire de ces tubes semble limitée à l’extérieur par une enveloppe protoplasmique molle, qui se laisse facilement rompre, et lorsqu’elle est rompue la myéline s’en échappe sous forme

étranglements annulaires; ey, cylindre-axe ; m, myéline. — Grossissement de 300 et 600 diamètres.

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