INFLAMMATION PURULENTE DU TISSU CONJONCTIF
L’induration sans suppuration offre avec l’induration qui succède à l’ouverture d’un abcès une très grande analogie. Les phénomènes histologiques sont vraisemblablement les mêmes dans les deux cas. il se produit entre les faisceaux du tissu conjonctif de nouveaux éléments cellulaires qui végètent, tandis qu’autour d’eux il existe une substance fondamentale nouvelle, transparente, de consistance assez molle, de telle sorte que le tissu ressemble au sarcome fasciculé que nous avons
Fig. 363. — Coupe du tissu conjonctif profond dans le phlegmon : d, cellules lymphatiques contenant des microbes; d', cellules lymphatiques dont les noyaux sont pâles; c, c, grandes cellules fixes du tissu conjonctif qui sont tuméfiées, présentent plusieurs noyaux où fragments de noyaux ou des microbes ; les noyaux n' contenus dans l’une de ces grandes cellules sont pâles et mortifiés. Tous ces éléments sont renfermés dans un espace interfasciculaire très agrandi. — Grossissement de 800 diamètres.
décrit à propos des tumeurs. Plus tard, les éléments cellulaires présentent une dégénérescence graisseuse, et tout le tissu nouveau est résorbé.
Dans tout phlegmon, il se produit dans les mailles du tissu conjonctif une quantité très considérable de globules de pus. Lorsque cette production est très abondante, les faisceaux connectifs sont écartés les uns des autres ou subissent le ramollissement et la résorption inflammatoires, et il se forme une collection purulente ou abcès. On dit alors que le phlegmon est suppuré.
maladies des systèmes et des tissus
Phlegmon circonscrit, — Dans les phlegmons circonscrits, le pus est crémeux, homogène, et ne contient pas de faisceaux de tissu conjonctif. Examiné au microscope, il présente : 1° des cellules rondes tout à fait semblables aux globules blancs du sang ne contenant qu’un noyau ; 2° des cellules du même diamètre possédant plusieurs petits noyaux ; 3° des cellules semblables offrant des granulations graisseuses en plus ou moins grande abondance ; 4° de grandes cellules mesurant 20 [x en moyenne et renfermant des granulations graisseuses, corps granuleux ; 5° des globules rouges entiers ou fragmentés.
La poche qui renferme le pus est habituellement anfractueuse, et elle est limitée par une couche semblable à celle qui se produit le second jour à la surface d’une plaie. Dans cette couche, les faisceaux du tissu conjonctif ramollis sont unis les uns aux autres par de la fibrine coagulée englobant des corpuscules de pus.
Lorsque l’abcès est ouvert par le chirurgien, le pus une fois écoulé, les parois du foyer vidé viennent en contact, se soudent, et il en résulte une induration qui persiste quelques jours. Souvent le fond et les bords de l’abcès bourgeonnent, forment du pus, et les phénomènes consécutifs sont ceux d’une plaie simple.
Phlegmon diffus. — Dans le phlegmon diffus, les phénomènes inflammatoires sont tellement intenses que des lambeaux de tissu conjonctif plus ou moins étendus n’ont pas le temps de subir la résorption inflammatoire. Ils sont frappés de mort sur place et ils agissent sur les parties voisines comme des corps étrangers. Dans le phlegmon diffus il existe, à proprement parler, une véritable nécrose du tissu conjonctif. Cette lésion présente donc une grande analogie avec l’ostéite phlegmoneuse diffuse dans laquelle on observe une nécrose de l’os plus ou moins étendue.
Lorsque les foyers purulents sont ouverts, on trouve des lambeaux de tissu conjonctif nécrosé, mélangés au pus. La paroi des abcès offre également des masses filamenteuses grisâtres formées par des faisceaux de tissu conjonctif infiltrés de pus qui s’en détachent.
Si le malade succombe à cette période de l’affection, des incisions pratiquées à travers le phlegmon montrent que tout le tissu conjonctif du membre est infiltré de sérosité, de sang et de pus diversement mélangés. Au milieu des parties infiltrées, on observe des masses blanchâtres, opaques, filamenteuses, plus ou moins dégagées, ou encore adhérentes, formées par du tissu conjonctif mortifié. Le tout répand une odeur de gangrène.