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PHLEGMON CHRONIQUE

quelques sarcomes : il serait impossible de reconnaître les unes des autres des préparations de ces deux tissus choisies parmi celles qui ont le plus de ressemblance. Mais, si l’on fait une analyse complète et comparative des différentes portions de ces néoplasmes, on arrive bientôt à trouver des caractères différentiels. Les sarcomes, par exemple, ne contiennent pas d’ilots purulents comme le phlegmon chronique, à moins qu’ils ne soient enflammés ; de plus, dans le phlegmon chronique, les éléments constitutifs du tissu persistent beaucoup plus longtemps que dans une tumeur sarcomateuse diffuse.

Comme le phlegmon chronique est le résultat d’une cause que l’on peut toujours déterminer, telle qu’une maladie osseuse ou des ulcères variqueux, tandis que la cause du développement du sarcome est inconnue, il sera presque toujours facile de faire le diagnostic par l’appréciation de tous les renseignements que nous fournissent la clinique et l’anatomie pathologique.

Un autre caractère différentiel très important nous est donné par la thérapeutique chirurgicale. Lprsqu’en effet la cause anatomique du phlegmon chronique est enlevée, la lésion guérit. Lorsque, dans une opération chirurgicale, une amputation par exemple, les lambeaux comprennent du tissu induré par le plegmon chronique, ces lambeaux donnent une cicatrice régulière, tandis que, si des parties sarcomateuses sont conservées, la tumeur repullule avec une activité, nouvelle.

Les tumeurs blanches déterminent souvent au pourtour des articulations, dans le tissu conjonctif, dans les muscles, dans le tissu cellulo-adipeux sous -cutané et dans la peau, une infiltration œdémateuse dure, analogue par son aspect à celui du phlegmon chronique. Les tissus altérés présentent sur une section à l’œil nu une semi-transparence, une pâleur et une consistance élastique qui les rapprochent de l’œdème ; mais il n’y a pas autant de liquide que dans l’œdème. A l’examen microscopique des coupes de ce tissu, on voit beaucoup de leucocytes et des cellules hypertrophiées, anastomosées, du tissu conjonctif. Le plus souvent on y rencontre, comme dans les bourgeons et végétations de la synoviale et des trajets fistuleux, des cellules géantes. Il s’agit là d’un tissu tuberculeux infiltré.

Les inflammations chroniques nodulaires (v oyez page 211): tuberculose, syphilis, lèpre, etc., ont presque toujours leur siège dans le tissu conjonctif sous-cutané ou des séreuses ou des organes.

MALADIES DES SYSTÈMES ET DES TISSUS

§ 7. — Tumeurs du tissu conjonctif.

Toutes les tumeurs, sans exception, peuvent se développer dans le tissu conjonctif; mais il ne faudrait pas croire que les cellules de tissu conjonctif soient l’origine unique de ces néoplasmes, ainsi que Virchow l’a soutenu. Nous avons montré que, au début de presque tous les néoplasmes qui constituent les tumeurs, on trouve une irritation du tissu conjonctif caractérisé par l’hypertrophie et la multiplication des cellules plasmatiques en même temps que par la présence de leucocytes en plus ou moins grande abondance.

Les tumeurs du tissu conjonctif lâche les plus communes sont celles qui ont leurs analogues dans les variétés de ce tissu, c’est-à-dire les fibromes, les myxomes, les lipomes, les sarcomes et les gommes syphilitiques.

Quant aux épithéliomes qui se développent dans le tissu conjonctif, ils prennent toujours naissance dans le tissu épithélial inter-papillaire ou glandulaire, et ils bourgeonnent dans le tissu embryonnaire en contact avec les masses épithéliales préexistantes.

Toutes les autres tumeurs, les ostéomes, les chondromes, etc., peuvent naître également dans le tissu conjonctif.

Les kystes séreux du tissu conjonctif sont toujours tapissés de cellules endothéliales semblables à celles des séreuses. Leur paroi est formée de fibres de tissu conjonctif appliquées les unes sur les autres ; entre ces fibres il existe des cellules plates disposées parallèlement à la surface de la membrane. Le développement de ces kystes n’a pas été suivi, mais il est vraisemblable qu’il est le même que celui des bourses séreuses (voyez plus haut).

On a observé dans le tissu conjonctif sous-cutané des kystes hydatiques à échinocoques. La vésicule mère est alors entourée d’une membrane connective complète et contenant de nombreux vaisseaux. On y rencontre également des kystes hydatiques formés par des cysti— cerques. un seul ver occupant l’intérieur du kyste.

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