‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 136 sur 148 · INFLAMMATIONS HÉMORRAGIQUES DES SÉREUSES · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS HÉMORRAGIQUES DES SÉREUSES

celles que l’on trouve dans les alvéoles de l’exsudât. Il est donc certain que toutes ces cellules procèdent des cellules endothéliales de la séreuse, gonflées, proliférées et détachées.

Dans 1 état actuel de la science, on peut logiquement soutenir que les cellules endothéliales, modifiées par l’inflammation, agissent comme la substance fibrino-plastique et déterminent la formation de la fibrine aux dépens de la matière fibrinogène de l’exsudât primitivement liquide.

La couche élastique superficielle de la séreuse ne semble pas modifiée dans la plupart des cas. Entre les faisceaux de tissu conjonctif sous-jacents, on observe une plus grande quantité de cellules qu’à l’état normal, et ces cellules ont la forme des globules blancs du sang ou des cellules lymphatiques. En outre, on voit des îlots circulaires elliptiques ou cylindriques, bien limités, qui ne sont autre chose que des sections transversales ou longitudinales des vaisseaux lymphatiques de la séreuse, et qui sont remplis de cellules lymphatiques.

Ernest Wagner (1), dans une bonne étude analytique de la pleurésie fibrineuse, a signalé le remplissage des vaisseaux lymphatiques par de la fibrine, et il en a conclu que cette obstruction des vaisseaux oppose, pendant un certain temps, une barrière à la résorption de l’exsudât. Nous avons trouvé nous-mêmes des lymphatiques remplis de fibrine dans la péricardite et dans la péritonite fibrineuses et, de plus, nous avons constaté l’existence de cellules endothéliales modifiées dans l’épaisseur de l’exsudât et la dilatation des vaisseaux lymphatiques par une accumulation de cellules lymphatiques.

Inflammations hémorragiques. — Les inflammations hémorragiques des séreuses sont caractérisées par la présence d’une quantité plus ou moins considérable de sang surajouté à l’exsudât liquide ou fibrineux. Entre les inflammations séro-fibrineuses et les inflammations franchement hémorragiques des séreuses, on distingue de nombreux intermédiaires. Dans les cas les plus simples, l’exsudât fibrineux est parsemé de taches ecchymotiques, surtout bien nettes à sa face profonde, au moment où on le détache. D’autres fois, la membrane fibrineuse est rouge dans toute son étendue, et la portion séreuse de l’exsudât est en même temps colorée par le sang. Ces inflammations hémorragiques sont le plus souvent liées à la formation des vaisseaux

(1) Beitrage zurpath. der Pleura. ( Arch . der Heilk., vol. XI, 1 Helf.).

MALADIES DES SYSTÈMES ET DES TISSUS

nouveaux qui végètent à la surface de la séreuse et qui pénètrent l’exsudât à sa partie profonde.

Lorsqu’une inflammation fibrineuse d’une séreuse a duré un certain temps, il se fait toujours à la surface de la séreuse couverte de fibrine une organisation de tout point comparable à ce qu’on produit expérimentalement chez les animaux. L’endothélium relevé pénètre dans la couche de fibrine, s’y multiplie ; les cellules pourvues de prolongements s’anastomosent entre elles et des vaisseaux partis de la surface de la séreuse ne tardent pas à porter du sang à ce tissu conjonctif nouveau (voir, sur la néoformation des vaisseaux dans l’inflammation, les pages 136 à 141 et 178 à 181). Ce processus est d’une observation facile chez les sujets qui succombent à une pleuro-pneumonie. On peut même alors préciser à peu de chose près l’époque du début de la pleurésie. On sait en effet que la pneumonie s’accompagne toujours d’une pleurésie fibrineuse limitée au point hépatisé et que cette complication débute au moment où l’hépatisation arrive à la surface du poumon.

Lorsque la surface du poumon hépatisé est libre d’adhérences, la pleurésie compliquant la pneunomie se caractérise par une plaque plus ou moins épaisse de fibrine, sans épanchement pleural liquide. Les vaisseaux de nouvelle formation sont très manifestes dans cét exsudât fibrineux du sixième au huitième jour.

Des formations analogues s’observent dans les adhérences des diverses parties du péritoine entre elles (voir p. 139), par exemple entre les anses intestinales, entre l’épiploon et la paroi du ventre, ou entre le grand épiploon et les divers organes abdominaux.

Toutes ces adhérences commencent par une production unissante de fibrine qui est successivement pénétrée par des cellules anastomosées, puis par des vaisseaux et en dernier lieu par des fibres de tissu conjonctif.

Fig. 367.— Organisation des vaisseaux qui poussent des pointes d’accroissement dans un exsudât fibrineux de la plèvre dans une pleuro-pneumonie datant de six jours : a, b, les deux branches d’une anse vasculaire faisant saillie à la surface de la plèvre, dans l’exsudât fibrineux; r, partie renflée de cette anse capillaire d’où partent deux nouveaux capillaires p, p situés dans la fausse membrane et terminés par des cellules endothéliales avec des pointes d’accroissement. La limite entre la plèvre et la fausse membrane est marquée, en bas du dessin, par une rangée de cellules endothéliales tuméfiées et relevées. — Grossissement de 250 diamètres.

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