INFLAMMATIONS HYPERPLASTIQUES ET ADHÉSIVES
souvent il est impossible, en face d’une adhérence ancienne, de déter¬
miner son origine. Il est même probable qu’un certain nombre d’entre elles remontent à la période intra-utérine et, dès lors, devraient être rattachées aux vices de conformation.
Dans certaines autopsies, on voit, à la surface des membranes séreuses, et particulièrement de la plèvre, des végétations molles, vasculaires, composées de tissu embryonnaire et de vaisseaux. Ges bourgeons végètent et, s’ils viennent à rencontrer des bourgeons semblables venus du feuillet opposé, ils se soudent, de¬
viennent fibreux, et forment ainsi des brides d’une configuration et d’une étendue
Fig. 368. — A, brides filamenteuses de la plèvre recouvertes de leur épithélium ; B, vaisseaux sanguins. Imprégnation de l’épithélium par du nitrate d’argent. — Grossissement de 80 diamètres.
très variables, tantôt très minces, tantôt épaisses, toujours constituées
Fig. 369. — Épithélium gui recouvre les brides filamenteuses unissant les deux feuillets de la plèvre. Imprégnation émargent. — Grossissement de 400 diamètres.
par du tissu fibreux vasculaire.
Leur surface est recouverte de cellules plates endothéliales semblables à celles du reste de la cavité séreuse. Lorsque l’adhésion est complète, on trouve entre les deux feuillets de la séreuse une couche homogène de tissu fibreux qui les réunit en une seule membrane.
Les épaississements des membranes séreuses ou inflammations hyperplastiques paraissent recônr naître la même origine. Lorsqu’elles
sont, peu saillantes, ôn leur donne le nom de plaques laiteuses, en
raison de leur apparence blanchâtre, due à un tissu fibreux constitué
896 MALADIES DES SYSTÈMES ET DES TISSUS
par des lames superposées. Lorsque la néoformation est plus épaisse, elle constitue les plaques cartilaginiformes décrites précédemment. Dans les plaques laiteuses et cartilaginiformes, les vaisseaux sanguins sont très rares ou même manquent complètement. Les plaques cartilaginiformes se laissent parfois infiltrer de sels calcaires et forment alors ces carapaces solides qu’on rencontre dans le péricarde, les plèvres, le péritoine, la tunique vaginale. (Voir, pour plus de détails, les inflammations de chaque cavité séreuse en particulier.)
§ 3. — Tumeurs des séreuses.
Les tumeurs primitives des séreuses sont rares, tandis qu’au contraire les tumeurs secondaires par propagation ou par généralisation y sont communes.
Les tumeurs primitives des séreuses sont toutes celles dont le type se retrouve dans le tissu conjonctif : fibromes, lipomes, myxomes, sarcomes, tubercules, etc.
Les fibromes des séreuses les plus communs sont les fibromes à substance fondamentale lamellaire, ou fibromes côrnéens.
Dans plusieurs cavités séreuses, on observe des appendices villeux formés par du tissu adipeux et des vaisseaux recouverts par la membrane séreuse repoussée en doigt de gant. Tels sont les appendices épiploïques de l’intestin, les replis cellulo-adipeux du péritoine, les villosités de la plèvre et les franges synoviales dont nous avons déjà parlé. Ces appendices cellulo-adipeux sont sujets à des hypertrophies et constituent des lipomes arborescents dont l’évolution est lente. On ne les découvre qu’à l’autopsie. Dans ces mêmes appendices, il peut se former du tissu muqueux ou du tissu fibreux. Ces tumeurs constituent des myxomes ou des fibromes pédicules.
L’éruption tuberculeuse miliaire des séreuses est commune.. Elle est primitive, ou bien elle tient à une généralisation de la tuberculose miliaire, ou bien encore elle se développe au voisinage de foyers tuberculeux d’organes recouverts par la séreuse. Ces granulations sont saillantes, lenticulaires, blanchâtres, translucides, peu vasculaires, quelquefois opaques à leur centre. Les plus petites sont à peine visibles à l’œil nu. Lorsqu’elles sont nombreuses, elles arrivent à se