‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 20 sur 148 · HYPERTROPHIE DES CELLULES. — CELLULES GÉANTES · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DES CELLULES. — CELLULES GÉANTES

sseuse, ganglionnaire, etc. Corail a montré en 1878 le rôle certain de la membrane interne des vaisseaux et en particulier de l’endothélium, pour la production de ces cellules géantes et des follicules ou agrégats tuberculeux dans les vaisseaux de la pie-mère atteinte de tubercules. La cellule géante en contact avec les bacilles tuberculeux les englobe et les immobilise. C’est une cellule renforcée en vue de ce combat contre un parasite. Tel est aussi le rôle des cellules géantes que l’on observe en grand nombre autour du séquestre de l’aile des poules vaccinées, par le procédé de Pasteur contre le choléra des gallinacés (Corail). Ces grandes cellules absorbent les

Fie. 30. — Coupe de la fibrine dans un hématome au milieu du tissu cellulaire sous-cutané enflammé : c, c, cellules de tissu conjonctif ayant pénétré dans les couches de fibrine adhérentes au tissu conjonctif. Ces cellules possèdent de grands prolongements anastomotiques entre elles. — Grossissement de 300 diamètres.

parasites et les matériaux résultant de la destruction progressive du séquestre.

Dans la nécrose du foie du chien sous l’influence de l’alcool, il se produit aussi des cellules géantes hépatophages (Podwissozki). Il y a longtemps déjà que Kôlliker les avait observées autour d’une cheville d’ivoire qu’il plaçait dans un os.

Ces cellules s’hypertrophient-elles seulement parce qu’elles se nourrissent aux dépens de parties nécrosées, ou sont-elles plus nourries, plus fortes en vue d’une résistance, d’une lutte de l’organisme contre des corps étrangers? Leur constance autour de parties qu’elles ne peuvent absorber ni détruire et qui ne servent nullement à leur nourriture, comme les brins des fils à ligature, plaide pour la seconde

hypothèse. Dans ce cas, elles puisent les éléments de leur nutrition dans les vaisseaux sanguins ou les globules blancs, suivant la nouvelle conception de Ranvier.

Comment se développent les cellules géantes ? On a fait à cet égard un grand nombre d’hypothèses. Nous pensons quelles résultent de la division directe du noyau d’une cellule conjonctive ou endothéliale n’aboutissant pas à la séparation du protoplasma. Ce dernier est accru en même temps que les noyaux se multiplient dans son intérieur. On peut très bien suivre les processus de la division indirecte dans les grandes cellules de la moelle osseuse (Carnoy, Corail, Denis), mais il est extrêmement rare de voir des figures de karyokinèse dans les cellules géantes observées en pathologie expérimentale ou humaine. Ces cellules présentent très souvent des vacuoles dans leur protoplasma.

Fig. 31. — Cellules de l’endothélium pleural dans une pleurésie artificielle chez le chien : a, cellule endothéliale vésiculeuse, implantée par un pédicule sur la plèvre et contenant un globule blanc, l, réduit à deux grains de nucléine; b, c, cellules endothéliales sur une série de cellules vésiculeuses étagées les unes sur les autres à la surface de la plèvre; d, cellule endothéliale implantée sur la plèvre, montrant son noyau en d et contenant des leucocytes i; e, cellule vésiculeuse; f, cellule endothéliale qui surmonte la précédente et montre deux noyaux.— Grossissement de 500 diamètres.

Les cellules endothéliales ou du tissu conjonctif en contact, dans une inflammation, avec de la fibrine ou du sang coagulé s’hypertrophient, s’allongent, poussent des prolongements, s’unissent les unes aux autres et il se forme des vaisseaux capillaires nouveaux. Mais, si ces mêmes éléments baignent dans un exsudât inflammatoire liquide, elles prennent une forme sphéroïde, se creusent de cavités vacuolaires volumineuses tout en restant implantées par un pédicule plus ou moins long à leur point d’attache, une séreuse par exemple. Ces cellules sphériques peuvent devenir très volumineuses, montrer un nombre plus ou moins considérable de noyaux dans un protoplasma

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