‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 28 sur 148 · INFILTRATION CALCAIRE · texte numérisé non relu

INFILTRATION CALCAIRE

Nencki lui a donné le nom de phymatorhusine. Par l’analyse du pigment de la mélanose du cheval (1), si commune chez les chevaux blancs, il a constaté la composition qui suit :

C = 53,5, H = 3,80, Az = 10,50, S = 2,5.

Nencki a donné à ce pigment le nom d’hippo-mélanine. 11 ne diffère de la mélanine du sarcome humain que par des différences portant sur la quantité du soufre et de l’hydrogène.

D’un autre côté, Brandi et Pfeiffer (2) ont trouvé de sensibles variations des chiffres précédents dans l’analyse faite par eux d’un foie atteint de mélano-sarcome :

C = 53,87, H = 4,20, Az = 10,56, S =' 3,:63.

Il y avait en outre dans ce foie 0,52 de fer. Ces analyses, très voisines comme résultat, variables suivant les cas, et suivant qu’on a plus ou moins isolé le pigment d’avec les cellules qui n’en contiennent pas, n’ont rien d’absolu. Aussi ne nous paraît-il pas nécessaire de distinguer la mélanine de l’homme de celle du cheval.

Le pigment, dans ces tumeurs, siège dans les cellules et en dehors d’elles. Dans les cellules les moins atteintes, il est brun, et noir dans celles où il s’accumule. La forme de ces éléments est modifiée lorsque le pigment s’y trouve en grande quantité ; de fusiformes ils deviennent ovoïdes ou sphériques. Les granulations mélaniques qui débutent dans le protoplasma autour du noyau masquent ce dernier. Il finit même par disparaître (voir les sarcomes et épithéliomes mélaniques).

La maladie d’Âddison donne lieu à une pigmentation du tissu cellulaire de la peau et de certaines muqueuses. Très fréquemment elle est due à une tuberculose des capsules surrénales (voir les maladies de ces glandes), mais on a quelquefois affaire à des lésions du grand sympathique abdominal; d’autre pârt, il existe des faits dé tuberculose des capsules surrénales sans pigmentation cutanée.

N. Infiltration calcaire.

Les sels qui forment les granulations et les infiltrations calcaires sont le carbonate de chaux et le phosphate tribasique à trois équi-

(t) Nencki et Sieber, Weitere Beitrdge s. Kenntniss d. tlüerischen Mélanine. Are“- f- exper. Pathol, u. Pharmakologie, 1887, Bd. XXIV, p. 17.

(-) Brandl et Pfeiffer, Beitrdge s. Kenntniss der Farbsloffen melanoiischèn Sar- Kome. etc. Zeitsehr. f. Biologie, 1889, Bd. XXVI, p. 348.

gG généralités sur l’histologie pathologique

valents de chaux (PhO53Ca0). Ces deux sels sont combinés dans les dépôts calcaires, excepté toutefois dans les otolithes, qui sont uniqUe! ment composées de carbonate de chaux. La substance osseuse proprement dite ne doit pas être confondue avec les tissus infiltrés de sels calcaires. Dans les os, la substance collagène et les sels calcaires .paraissent être combinés en proportion définie pour former des lamelles qui ont une structure parfaitement déterminée. Les concrétions calcaires, au contraire, consistent dans l’infiltration d’une substance albuminoïde quelconque par les sels de chaux. Lorsque ces sels ont été enlevés par l’acide chlorhydrique, la substance infiltrée ne présente aucun rapport de structure avec le tissu osseux proprement dit.

Les sels calcaires déposés dans les tissus se montrent comme des granulations isolées, comme des corps globulaires à couches concentriques, ou comme une véritable pétrification. Les granulations sont arrondies ou anguleuses, fortement réfringentes. Quand elles sont fines et réunies en grand nombre, elles déterminent une opacité considérable du tissu.

Au contraire, lorsqu’il existe une pétrification absolue, le tissu apparaît transparent comme de l’arragonite. Lorsqu’on a usé une lamelle mince du tissu pétrifié, on obtient des préparations transparentes et jaunâtres dans lesquelles, à l’examen microscopique, on reconnaît des lacunes, des fentes et des granulations. Les lacunes et les fentes sont en rapport avec la structure du tissu primitif; elles apparaissent opaques, parce qu’elles contiennent des débris ou des éléments altérés de ce tissu, et souvent des granulations calcaires isolées.

Tous les acides dissolvent les sels calcaires en dégageant des bulles d’acide carbonique. Les acides le plus généralement employés sont les acides chlorhydrique et sulfurique. L’acide chlorhydrique fait disparaître complètement les sels calcaires sans laisser de traces; l’acide sulfurique, en les dissolvant, détermine la production de cristaux en aiguilles de sulfate de chaux. Sous l’influence de ces acides, le phosphate à trois équivalents de chaux se transforme en phosphate acide de chaux, PhO2 CaO, 2 HO, qui est soluble. Toute granulation calcaire laisse subsister, après la dissolution des sels de chaux, une gangue albuminoïde qui présente même des couches concentriques, si les concrétions calcaires avaient cette disposition.

A 1 état physiologique, on observe des granulations calcaires isolées dans la substance fondamentale du' cartilage pendant la première

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