‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 29 sur 148 · INFILTRATION CALCAIRE · texte numérisé non relu

INFILTRATION CALCAIRE

phase de l’ossification. Des concrétions ou globes calcaires à couches concentriques se rencontrent dans les plexus choroïdes de l’adulte, souvent aussi dans le thymus pendant sa période régressive, dans les méninges du cerveau et de la moelle chez les vieillards. Des pétrifications existent dans la couche profonde des cartilages de l’adulte en rapport avec le tissu osseux, et dans les cartilages costaux et laryngiens des vieillards. Dans tous les cas, l’infiltration calcaire ne commence jamais dans l’intérieur des cellules, mais bien dans la substance fondamentale qui les entoure (Ranvier). Consécutivement, les cellules peuvent être envahies elles-mêmes, mais elles résistent très longtemps à cet envahissement et le noyau peut être conservé, bien que le protoplasma de la cellule commence à se calcifier.

A l’état pathologique, on rencontre souvent des dégénérescences calcaires. Lorsqu’une partie séjourne pendant longtemps au milieu de tissus vasculaires, quels qu’ils soient, il peut survenir une infiltration de sels calcaires, comme cela a lieu à. l’état physiologique dans les plexus choroïdes. Les concrétions calcaires qui se forment dans les varices, et qui portent le nom de phlébolithes, proviennent aussi vraisemblablement de modifications ultérieures de bourgeons veineux.

Chez les vieillards, autour d’anciennes fractures ou d’arthrites chroniques, les tendons et même les muscles sont parfois infiltrés de sels calcaires dans une étendue plus ou moins grande.

Certaines espèces animales, comme le bœuf et le cheval, présentent une tendance plus marquée que l’homme aux calcifications pathologiques comme conséquences des inflammations chroniques, simples ou parasitaires.

Dans les tumeurs fibreuses, dans les tumeurs musculaires de 1 utérus, dans les chondromes, les sarcomes, dans les parois des kystes, etc., on observe, soit de simples infiltrations calcaires, soit de véritables pétrifications qu’il faut toujours distinguer des ossifications vraies qu’on peut rencontrer, bien que plus rarement, dans les mêmes circonstances.

On peut reproduire par l’expérimentation des calcifications légères et très limitées. Ainsi dans les expériences de Litten . consistant à placer sur l’artère rénale une ligature temporaire durant une heure, il se produit, vingt-quatre heure après, de la nécrose de coagulation dans certaines cellules des tubes urinifères. Il s’ensuit une calcification i‘apide de ces cellules, lésion qui guérit en peu de temps par la résorption des granulations calcaires.

CORNIL ET RANVIER. — I. 7

De même Charcot et Gombault ont obtenu de l'albuminurie avec dégénérescence calcaire des tubes urinifères et des glomérules en mêlant à la nourriture des animaux d’expérience, du carbonate de plomb et en les faisant vivre dans une atmosphère de poussière plombique.

Les maladies infectieuses qui déterminent la nécrose de coagulation dans le rein, comme la fièvre typhoïde et la diphtérie, peuvent donner lieu à des calcifications limitées. Ces calcifications sont curables.

L’empoisonnement chronique par la naphtaline détermine chez le lapin la production de cristaux et de sphérolithes dans la cornée.

Dans la rétention du produit de sécrétion des glandes salivaires, des glandes acineuses du pharynx, du pancréas, des cryptes folliculaires des amygdales, des articulations, des gaines synoviales et dans l’intérieur de tous les kystes, en particulier des kystes colloïdes du corps thyroïde et des reins, on rencontre des concrétions calcaires. Elles sont toujours le résultat d’une infiltration des produits de la sécrétion anormale ou viciée de ces organes; elles sont irrégulières; ou à couches concentriques.

Dans les produits anciens des inflammations chroniques, surtoutdans les cas d’endartérite, on trouve des granulations, calcaires ou des plaques de pétrification. Ces transformations ne surviennent qué:, lorsque les tissus enflammés ont perdu leur vitalité, de telle sorte; que le processus pourrait être comparé à celui de l’infiltration calcaire des organes qui ont cessé de vivre au sein de l’organisme. C’est ainsi; que les produits des inflammations chroniques des séreuses, du péricarde, des plèvres, du péritoine, ont de la tendance à présenter , des incrustations calcaires qu’autrefois on regardait comme de véritables os. Dans les myocardites chroniques, la paroi musculaire du; cœur offre parfois des concrétions de même nature.

Page 1