Infiltration uratique
La présence des urates à l’état solide, sous forme de granulations et de cristaux, ne se rencontre physiologiquement que dans les urines; encore faut-il qu’elles aient été refroidies. Chez les enfants nouveaunés cependant on trouve très souvent, dans les tubes droits du rein, des urates amorphes, colorés en rouge brique par le pigment urinaire, et visibles à 1 œil nu sous forme de petites lignes rouges. On fait
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sortir ces concrétions des canaux droits en pressant latéralement sur les pyramides de Malpighi. Le dépôt uratique s’effectue alors dans les cellules épithéliales du rein et dans le calibre des tubes urinifères.
Au microscope, les urates se présentent tantôt sous la forme de granulations très fines qui, par leur réunion, figurent comme un nuage, tantôt sous la forme de granulations globuleuses 'réfringentes, ou bien sous forme de cristaux en aiguilles. L’acide urique peut être combiné à la magnésie ou à la chaux; mais le plus habituellement il est uni à la soude. Les urates sont décomposés par les acides même les plus faibles, et alors l’acide urique soluble à l’état naissant se concrète en cristaux d’abord rhomboédriques ; bientôt, à mesure que les cristaux d’acide urique s’accroissent, leurs deux angles obtus sont coupés par des lignes parallèles, et l’on a sous les yeux des lames hexagonales, puis les formes si variées que montre l’acide urique en raison de sa dissymétrie moléculaire.
L’acide urique et les urates peuvent se eoncréter nomme les autres sels que l’urine contient à l’état normal et pathologique,, et constituer des calculs des voies urinaires.
Dans la goutte, les urates, sous la forme de granulations ou de cristaux, se déposent dans les cartilages, les os, les synoviales, les tendons, la peau et les reins. Partout, le dépôt se fait primitivement dans les cellules qui servent de centre d’où émanent les cristaux libres. Ceux-ci pénètrent aussi dans la substance fondamentale voisine, sans que des substances résistantes ou de composition différente leur fassent obstacle.
L’apparition primitive de l’infil-
'iG. 44. — Dissolution des urates par l’acide acétique : c, capsule et cellule du tissu cartilagineux hyalin d’une articulation hérissée de cristaux en aiguilles; en c’, ces cristaux ont disparu en même temps que se forment des cristaux d’acide urique u 1 en c”) la masse informe des urates commence à se dissoudre ; en c'", la cap- , ,et !a cellule cartilagineuse sont liberees. — Figure en partie schématique.
Fig. 43. — Coupe à travers un cartilage articulaire infiltré d’urates de soude dans la goutte : p, surface articulaire du cartilage ; v, n, urates amorphes et en aiguilles ; o, capsules cartilagineuses et aiguilles uratiqües dans la substance fondamentale du cartilage. — Grossissement de 200 diamètres.
tration uratique dans les cellules démontre bien que celles-ci jouent un rôle actif, même dans ces phénomènes de simple dépôt. Le pro cessus de l’infiltration uratique diffère donc essentiellement de la calcification, car celle-ci s’effectue toujours primitivement dans la substance fondamentale.
P. Lésions occasionnées par la mort des éléments et des tissus.
Mort des cellules. — La mort cellulaire est très variable suivant que l’on considère les organismes simplement composés d’une cellule ou les animaux supérieurs. Les premiers ne paraissent pas pouvoir mourir spontanément, car leur reproduction s’effectuant par division, le corps de la cellule mère, se perpétuant dans celui de ses filles, n’est point détruit. A ce titre on a pu dire que les monoplastides ou organismes unicellulaires sont immortels. Mais, en réalité, ils sont <vVi/>X soumis à tant de variations des conditions extérieures, physiques ou chimiques, qui les détruisent accidentellement, et leur existence, leur ^îutrition sont tellement subordonnées au milieu dans lequel ils se -prouvent, que leur durée n’en est pas moins éphémère. Les microbes , W- Jrjiont dans le même cas. Les organismes pluri-cellulaires sont soumis ..’x" la mort; leurs cellules mêmes^ meurent partiellement pendant la '■'^<0^ vie. Un grand nombre de leurs cellules, celles des téguments, des muqueuses, des glandes, etc., sont soumises à une mue continuelle, à une évolution constante, qui débute par leur multiplication et se termine par leur élimination. D’autres cellules, celles du système nerveux et du foie par exemple, ont une longue existence. Il est probable que certains éléments qui nous paraissent permanents se détruisent à des intervalles éloignés pour être remplacés par des éléments plus jeunes. C’est ce qu’on observe dans les fibres musculaires de la grenouille, où, chaque hiver, un certain nombre de faisceaux primitifs se détruisent (Wittich), tandis qu’il s’en forme de nouveaux au printemps, suivant le type du développement embryonnaire. Nous pouvons croire que des phénomènes analogues se produisent chez l’homme, bien que chez celui-ci on n’ait observé cette destruction des muscles que dans les maladies graves suivies de leur néoformation pendant la convalescence. Les globules blancs et les globules rouges du sang se régénèrent avec une grande rapidité, aussi bien que les cellules de la moelle des os