‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 31 sur 148 · MORT DES CELLULES · texte numérisé non relu

MORT DES CELLULES

dont un grand nombre offrent à l’état normal des figures de karyobinèse. Les organes qui contiennent un grand nombre de globules blancs, comme la rate et les ganglions lymphatiques, offrent aussi des cellules en voie de mortification, de destruction et de régénération. On peut donc dire que les tissus et organes dont les éléments sont le plus différenciés, dont la fonction est la plus complexe et la plus élevée, sont aussi les plus stables, les plus permanents.

Dans les tissus épithéliaux, ce sont aussi les revêtements dont les cellules se rapprochent du type embryonnaire qui sont sujets à une mue constante et qui sont le siège de régénération par karyokinèse, comme l’épiderme, la muqueuse linguale, les cellules superficielles de l’estomac et de l’intestin, les cellules des glandes sébacées; par contre les cellules épithéliales des glandes supérieures, telles que le foie, le pancréas, lé rein, les glandes salivaires, ne se détruisent pas, ne sont pas remplacées par de nouvelles dans les conditions physiologiques (Podwissowskv).

Il est enfin une cellule qui ne meurt pas même après la mort de l’androïde, c’est la cellule sexuelle qui a été le point de départ d’un nouvel être.

Pour étudier les modifications post mortern du protoplasma et du noyau, on prend sur un animal qui vient de mourir des fragments de divers organes et tissus qu’on conserve dans des tubes stérilisés ; on les examine, les heures et jours suivants*. Telle est la méthode emplovéepar Hauser(l), Kraus(2), etc. La température joue un grand rôle dans ces modifications cadavériques det&tissu's non soumis à la putréfaction et elle les rend plus rapides. Les cellules glan pilaires, surtout celles du foie, s’altèrent plus vite que celles des organes de soutènement, tissus fibreux, musculaire, cartilagineux et osseux.

Certaines cellules peuvent conserver encore pendant quelques minutes, une ou plusieurs heures, les attributs de la vie, comme par exemple les mouvements des cils vibratiles pour celles qui en sont pourvues. Alors même que la vie cellulaire a cessé complètement, les noyaux des cellules conservent la propriété de se teindre par le pierocarmin en rouge. Les figures de karyokinèse se conservent un certain temps après la mort des cellules, si bien qu’on peut les reconnaître très facilement parfois vingt-quatre heures après la .mort, dans le

O Hauser, Vorkommen von Mikroorganismen in lebenden Geweben desunder Irnere. Archiv f. exper. Pathol, u. Pharmakologie, Bd. XX.

(-) Kraus, Ueber die in abgestorbenen Geiveben spontan eitretenden Veranderunffew. Arch. f. exper. Path. u. Pharmakologie, XXII, p. 174.

m GÉNÉRALITÉS SUR L’HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE

foie, par exemple (Prus), et dans les épithéliomes. Les noyaux des cellules des cadavres se colorent très bien par le carmin et les autres matières colorantes trente-six ou quarante-huit heures après la mort. Ils offrent, sous ce rapport, une structure qui se rapproche plus de la normale que les noyaux des cellules détruites pendant la vie de l’individu en présence de cellules en régénération.

Les altérations cadavériques commencent à se montrer dans les noyaux. Ceux-ci, au lieu d’offrir leur réseau chromatique normal, présentent une coloration diffuse avec les matières colorantes de la chromatine. Cette substance pâlit et diminue peu à peu comme si elle était soumise à un lessivage et entraînée par les liquides mis en liberté par la décomposition de la.partie solide de la cellule.. Le noyau peut aussi présenter des grains plus ou moins fins ou assez gros de chromatine. Celle-ci peut se trouver ainsi sous forme de grains dans le protoplasma. Finalement la substance colorable du noyau disparaît comme dans une sorte de liquéfaction. Le protoplasma subit des lésions parallèles. L’albumine s’y coagule après la mort; il se trouble et les granulations graisseuses se séparent s’il y avait de la graisse de composition dans la cellule ; il renferme aussi des grains de chromatine issus du noyau.

Sur les cadavres, la décomposition de la cellule est favorisée encore par la putréfaction sous l’influence des bactéries de l’air ou de celles qui sont contenues dans le tube digestif de la bouche à l’anus, à l’orifice des ouverture des muqueuses à la peau, ou dans les parties déjà infectées par une maladie microbienne.

Nous avons étudié les lésions que présentent les cellules et les tissus dans les fœtus morts et macérés qui ont séjourné plus ou moins longtemps dans l’utérus. Certains de ces fœtus sont presque secs et ils résistent à la putréfaction même lorsqu’ils sont abandonnés à l’air après leur expulsion. Yoici les altérations que montrent leurs éléments et leurs tissus :

Les globules rouges sanguins sont généralement détruits, et dans l’intérieur des vaisseaux on retrouve des globules blancs devenus caséeux, translucides, sans noyaux visibles, avec des granulations pigmentaires arrondies ou anguleuses d’hématine, et des granulations graisseuses.

Le cerveau et la moelle sont réduits en une bouillie dans laquelle on trouve des granulations de matières grasses, des cristaux de cholestérine et des cellules nerveuses dont les noyaux ne sont plus appa-

Page 1