LESIONS HISTOLOGIQUES DES FŒTUS MACÉRÉS
rents- les tubes nerveux ont complètement disparu. Les nerfs périphériques sont très bien conservés ; seulement la myéline, peu abondante à cet âge est, rassemblée sous forme de fines granulations graisseuses.
Les faisceaux musculaires du tronc et des membres ne contiennent pas de granulations graisseuses, mais seulement des granulations pigmentaires brunes provenant probablement de la matière colorante des muscles. La substance des faisceaux musculaires, admirablement striée, se décompose en sarcous éléments ou en disques, sur lesquels on aperçoit la striation longitudinale. Il se produit donc en même temps une dissociation longitudinale et transversale. Lesdibres musculaires du cœur présentent toutes^des granulations graisseuses en abondance.
Les cellules du foie sont détruites et remplacées par des amas de granulations protéiques et graisseuses, par des cristaux de graisse et des granulations pigmentaires.
Les cellules des cartilages contiennent toutes quelques granulations graisseuses ; les cellules contenues dans les corpuscules osseux se colorent bien au carmin et sont conservées ainsi que celles du tissu conjonctif.
Lorsque au lieu d’examiner des fœtus macérés depuis quelques jours ou quelques semaines, on étudie les tissus de lithopédions ou fœtus inclus depuis un grand nombre d’années dans la cavité péritonéale ou dans les annexes de l’utérus à la suite de grossesse extrautérine, on peut reconnaître aussi tous les tissus et organes qui les composent. Les membranes extérieures du fœtus et la peau présentent des plaques calcaires^ les muscles sont conservés dans leurs formes et les faisceaux musculaires sont admirablement striés ; les tissus de soutènement, tissu conjonctif, cartilages, os, sont parfaitement nets en ce qui touche leur forme et la charpente de ces tissus ; mais leurs cellules propres ne sont plus reconnaissables. Les tissus fibreux et cartilagineux sont souvent infiltrés de sels calcaires. Le crâne, dont les os sont habituellement aplatis ou chevauchants, contient une bouillie brune composée dé graisse, dé pigment et de cholestérine. Les organes comme le foie et le rein ont conservé leur forme et leur charpente fibrovasculaire reconnaissables. La cavité des tubes urinifères disparus et .de beaucoup d’autres conduits glandulaires est remplie de cristaux de graisse. La surface de ces lithopédions est entourée d’adhérences qui les unissent au grand épiploon et ils. sont recouverts de membranes
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fibreuses appartenant à ce dernier. Souvent ces membranes sont ellesmêmes incrustées de sels calcaires. Telle est la cadavérisation des cellules et tissus qui depuis longtemps ont cessé de vivre et qui se sont conservés dans un milieu aseptique, le péritoine.
Les exemples de mort des cellules qui précèdent se rapportent aux cadavres ou fragments de cadavre. Les cas de mortification de cellules au milieu des organes ou tissus vivants et pendant la vie des animaux sont assez fréquents, que ces cellules aient été traumatisées ou impressionnées par une intoxication, ou qu’elles ne reçoivent plus une quantité suffisante de matériaux nutritifs.
Nousavons étudié les mortifications cellulaires au cours de nos expériences sur les animaux. Lorsqu’on fait une plaie avec un rasoir bien affilé, l’action traumatique du tranchant est à peu près nulle sur les cellules et celles qui existent aux deux surfaces contiguës de l’incision ne meurent pas. Ainsi, dans une incision peu profonde de la surface de la cornée comprenant seulement l’épithélium avec une ou deux lames fibreuses de cette membrane, on ne verra pas, vingt-quatre heures après l’opération, de cellules épithéliales ou conjonctives mortifiées. Mais, si Ton se sert d’instruments qui coupent moins bien, qui agissent en sciant ou comprimant les tissus, il y aura toujours, au niveau de la section, des cellules qui subiront une mortification et surtout une diminution ou une disparition de la chromatine de leurs noyaux. Ainsi, si Ton fait sur le Me du chien, perpendiculairement à la surface de l’organe, une incision double avec le couteau de Valentin, dans les deux incisions parallèles ainsi obtenues, les surfaces restent accolées et se réunissent très rapidement par une cicatrice invisible à l’œil nu sur les bords de laquelle les cellules hépatiques ne présentent pas de traces de mortification. Comme la lame hépatique comprise entre les deux incisions reste du côté du centre du foie adhérente à l’organe et en connexion avec les vaisseaux, la nutrition des cellules hépatiques de cette lame hépatique est conservée dans ses parties profondes, tandis qu’à sa surface, auprès de la capsule de Glisson, les cellules hépatiques sont en partie mortifiées.
Nous avons aussi pratiqué des plaies du foie et du rein avec un emporte-pièce qui détachait complètement un cylindre plein du tissu hépatique ou rénal. La partie de ces organes ainsi isolée était retirée du trocart, puis remise en place dans l’intérieur de la plaie. On aurait pu penser que dans ces fragments cylindriques, examinés^deux, trois quatre jours après , l’opération, toutes les cellules hépatiques ou