DÉFINITION DE L’INFLAMMATION
Ce sont les caractères cliniques essentiels, la rougeu la douleur , la chaleur et la tuméfaction, qui ont servi de toute antiquité à spécifier cet état, phénomènes primitifs suivis de la résolution, de l’induration, de la suppuration ou de la nécrose.
Pris en particulier, aucun de ces phénomènes n’appartient en propre à l’inflammation, car la rougeur, la douleur et la chaleur Peuvent être causées par une influence nerveuse passagère; la tuméfaction peut être due à de l’œdème pur et simple; l’induration et la tuméfaction combinées appartiennent aussi bien aux tumeurs; la uecrose survient dans toute partie dont les vaisseaux sont oblitérés. La suppuration elle-même est loin d’être constante dans les inflammations;
DES INFLAMMATIONS
elle existe souvent sans aucun des autres phénomènes, et les conditions de la formation du pus sont en rapport avec la présence de bactéries spéciales qui produisent du pus, soit d’une façon à peu près constante, soit d’une façon accidentelle ou même exceptionnelle. Il est certain que, dans les cas typiques où tous les caractères de l’inflammation se trouvent réunis, comme dans le phlegmon, elle se trouve très bien définie; mais une bonne définition doit comprendre tous les états inflammatoires.
On a essayé de définir l’inflammation par sa cause supposée ; de là, la théorie vasculaire, qui ne peut s’appliquer qu’aux tissus pourvus de vaisseaux, et qui est par ce fait insuffisante ; de là, les hypothèses des névristes et des humoristes, qui sont loin de nous expliquer l’ensemble et la succession de tous les faits observés, surtout en ce qui regarde les tissus privés à la fois de nerfs et de vaisseaux.
Brown et Broussais, bien que se plaçant à des points de vue différents, ont fait de l’inflammation une exagération des forces physiologiques.
Suivant Broussais, Y irritabilité, ou le mode de réaction des tissus mis en contact avec un agent irritant , est une propriété générale de tout tissu vivant. Les irritants qui, par leur action incessante, entretiennent la vie, sont tous les agents extérieurs et intérieurs mis en rapport avec les tissus, et l’inflammation n’est autre que le résultat d’une irritation plus intense qu’à l’état normal.
L’hypothèse de Broussais a été reprise et fortifiée par les études histologiques. Virchow considère l’irritation développée par les agents irritants dans les éléments cellulaires comme la condition essentielle de leur vie propre. L’irritabilité des cellules possède, selon lui, trois modes : l’irritabilité fonctionnelle, nutritive et formatrice . Mais Virchow évite de prononcer le mot inflammation.
Il est certain que l’inflammation dont la clinique nous donne l’ensemble symptomatique consiste essentiellement dans une suractivité de la nutrition et de la formation des éléments anatomiques. Nous n entrerons pas plus avant dans les discussions métaphysiques auxquelles peuvent donner lieu l’irritabilité et l’irritation, discussions qui, le plus souvent, ne sont que des jeux de mots subtils pu embrouillés, et nous nous en tiendrons surtout aux faits d’expérience.
Qu on place un agent irritant quelconque au contact des tissus d’un