CHAPITRE II
Si l’on prend pour sujet d’expériences les cartilages permanents, par exemple les cartilages costaux ou diarthrodiaux, qu’on évide une partie de leur surface, celle-ci sera recouverte au bout d’une huitaine de jours par une couche pulpeuse grisâtre. Si l’on fait une section comprenant à la fois la couche pulpeuse précédemment indiquée et le cartilage qu’elle recouvre, voici ce qu’on observe :
Fig. 47. — Irritation expérimentale du cartilage: a, cellules et capsules normales; b, cellules et capsules arrondies; c, c, cellules en division et au nombre de deux à quatre dans une même capsule; e, tissu formé de jeunes cellules; i, vaisseau. — Grossissement de Ü50 diamètres.
Bans les couches du cartilage les plus éloignées de la plaie, on voit les capsules cartilagineuses contenant des cellules dont les noyaux sont bien visibles quand au lieu d’eau on emploie pour les examiner une solution d’acide picrique ( a , flg. 47). A mesure que, de ces couches éloignées, on s’avance vers la solution de continuité, le noyau des cellules devient plus gros, le protoplasma est plus abondant et les capsules sont plus volumineuses. Bientôt, cette irritation nutritive se
DES INFLAMMATIONS
transforme en irritation formative, le noyau se divise, il est encore entouré d’une masse unique de protoplasma; celle-ci se divise à son tour pour former à chacun des nouveaux noyaux une masse distincte Chaque cellule excrète alors autour d’elle de la substance cartilagineuse sous forme de capsule. Jusque-là l’irritation n’a modifié nila structure du cartilage, ni la propriété que possèdent ses cellules de former autour d’elles de la substance cartilagineuse. Cette zone, où la prolifération s’observe dans le tissu cartilagineux, est plus ou moins étendue. Plus loin, la surface du cartilage est découpée en festons : chacune de ces dépressions correspond à une capsule cartilagineuse qui s’est ouverte. A côté de celles-ci, on voit des capsules encore closes remplies d’éléments cellulaires devenus embryonnaires, qui ont perdu la propriété de former autour d’eux de la substance cartilagineuse.
La surface grise qui recouvre la solution de continuité d’origine traumatique est un tissu nouveau semblable à celui de l’embryon (e, fîg. 47); il s’y développe des vaisseaux sanguins (i, fig. 47) qui viennent des parties voisines. Le tissu inflammatoire nouveau dérive du tissu cartilagineux en même temps que celui-ci est détruit.
Les épithéliums constituent aussi des tissus non vasculaires, bien que généralement un revêtement épithélial repose sur une membrane riche en vaisseaux.
Par contre, les endothéliums peuvent ne pas reposer sur une membrane vasculaire. Ainsi le grand épiploon forme un sac dont les parois ne sont pas constituées par une membrane fibreuse continue, mais par une sorte de filet à mailles inégales et à travées fibreuses d’épaisseur très differente.
Les plus épaisses seulement de ces travées contiennent des cellules adipeuses et des vaisseaux.
Les plus minces n’ont pas de vaisseaux et représentent un seul faisceau de tissu conjonctif ou deux de ces faisceaux intimement unis. Toutes ces travées sont recouvertes d’une simple couche de larges cellules endothéliales. La forme et la constitution de ces cellules né peuvent être appréciées que par l’imprégnation d’argent.
Le dépôt d’argent se produit entre les cellules et décèle leurs contours. Elles apparaissent alors comme des .plaques qui se moulent exactement sur la surface dés travées fibreuses, et dans lesquelles on distingue un noyau sur les préparations qui ont été ensuite colorées par le picro-earminate d’ammoniaque,