‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 41 sur 148 · INFLAMMATIONS EXPÉRIMENTALES DES ENDOTHÉLIUMS · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS EXPÉRIMENTALES DES ENDOTHÉLIUMS

Ces cellules endothéliales du péritoine comme des autres grandes séreuses, sont formées d’un protoplasma dans lequel se trouve un noyau ovoïde aplati et d’une cuticule ou plaque que fixe le nitrate d’argent en la colorant à ses bords. Le protoplasma cellulaire présente lui-même des prolongements par lesquels il s’anastomose avec des prolongements émanés des cellules voisines. Au-dessous de la cuticule qui est jusqu’à un certain point indépendante de la cellule, celle-ci peut être assimilée complètement à une cellule de tissu conjonctif (Ranvier).

Cette disposition du grand épiploon n’existe que chez les mammifères adultes ; chez les nouveau-nés il est foémé d’une membrane continue. C’est donc sur des adultes qu’il faut expérimenter, si l’on veut étudier les altérations qui surviennent dans l’endothélium des travées épiploïques sous l’influence de l’irritation. On détermine celle-ci en injectant dans le péritoine d’un cobaye quelques gouttes d’une solution de nitrate d’argent à 3 pour 1000, ou de teinture d’iode.

Vingt-quatre heures après l’opération, une assez grande quantité de liquide trouble s’est épanchée dans le ventre. Ce liquide contient des granulations d’argent, des débris de la cuticule ou du protoplasma des cellules endothéliales mortifiées et une grande quantité de leucocytes. Ceux-ci proviennent de la multiplication de ces mêmes éléments flux se trouvent normalement dans la séreuse, ou des clasmatocytes, °u des globules blancs sortis des vaisseaux du péritoine par diapédèse. Ces leucocytes se chargent des granulations de tout genre qui se trouvent à leur portée et qui proviennent du sel d’argent employé et

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des débris de cellules. Ils nettoient pour ainsi dire le péritoine et disparaissent bientôt en rentrant dans la circulation lymphatique. Au bout de quarante-huit heures le balayage effectué par eux est terminé et le liquide trouble contenu primitivement dans le péritoine est peu abondant ou tout à fait nul.

Fig. 49. - Grand épiploon du lapin adulte à l’état normal, préparé par Ranvier à l’aide de a méthode : acide osmique, 1 pour 100, trois minutes ; puis, violet 5 B. a, trou du grand épiploon, à , noyaux des cellules endothéliales; t , cellules' conjonctives; c, clasmatocytes.

Si Pirritation déterminée par la solution d’argent a agi inégalement en respectant certaines parties du grand épiploon, ou si l’on avait pris comme animal d’expérience un chien dont cette membrane est très étendue, ou bien s’il s’agit simplement de l’irritation très minime consécutive à une laparotomie chez le chien pour une opération dans

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le ventre, la cuticule des cellules endothéliales n’est pas détruite partout Dans ces conditions, après avoir étalé convenablement les membranes épiploïques du chien sacrifié et les avoir traitées par le nitrate d’argent, on constate la conservation partielle des cuticules de l’endothélium. Mais les cellules elles-mêmes ont subi des modifications de leur protoplasma et de leurs noyaux en rapport avec l’inflammation dont elles sont le siège. Le protoplasma est agrandi, granuleux, et ses prolongements anastomotiques sont accrus et plus manifestes qu’à l’état normal. Les noyaux des cellules sont hypertrophiés et en division directe très évidente. A la place d’un noyau dans une cellule on en verra deux, trois ou un plus grand nombre. Les noyaux en multiplication, ne restent pas toujours au milieu delà cuticule correspondant à une cellule. Ils cheminent par l’effet de leur multiplication même et par exemple un noyau hypertrophié ou plusieurs noyaux en multiplication se trouveront au-dessous d’une ligne de séparation colorée au nitrate d’argent entre deux cuticules voisines. Le rapport entre les cuticules et les cellules correspondantes n’existera plus ; les noyaux multipliés et le protoplasma des cellules subissent par conséquent des. lésions inflammatoires au-dessous des cuticules conservées et qui en sont parfaitement indépendantes.

Si l’inflammation argentique a été plus intense, les cuticules des cellules sont toutes détruites. Souvent même les cellules ont été mortifiées el les travées épiploïques ne présentent plus que quelques cellules de place en place, les autres étant tombées dans le liquide exsudatif qui les baignait.

Nous nous en sommes assurés en employant, comme plus haut, 1 imprégnation d’argent. On trouve, sur les travées ou entre elles, de grandes cellules globuleuses contenant un ou plusieurs noyaux (%• 50 et 51).

On observe dans ces cellules tous les phénomènes de la multipli- ^atl0D ^es éléments cellulaires. Cette multiplication est très active et es ceUules hypertrophiées font saillie sur les travées où elles sont

erentes, tantôt par une large surface, tantôt seulement par un point. On les appelle alors cellules à pied. Elles se détachent et peuvent

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Fie. 50. — Grand épiploon du rat, . enflammé par le nitrate d’argent. — Les cellules endothéliales sént tuméfiées et en partie détachées — des travées épiploïques. On voit des globules de pus et de la fibrine. — Grossissement de 250 diamètres.

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continuer de vivre et de végéter, bien qu’elles soient isolées dans ie péritoine. Elles ne présentent pas de membrane et sont constituées par un protoplasma mou, granuleux, susceptible de prendre les formes les plus variées et de donner naissance à des prolongements amiboïdes Autour d’elles, la substance fibrinogène exsudée des vaisseaux se concrète en filaments de fibrine qui entourent les éléments cellulaires nouveaux et peuvent, en les fixant, en les maintenant attachés aux travées, devenir le point de départ de formations nouvelles.

Les modifications cel lulaires et le rôle de la fibrine méritent une description détaillée. La fibrine se montre parfois sous forme de filaments jetés entre les travées épiploïques et qui s’y insèrent par leurs deux extrémités, comme des cordages sous-tendant un segment du cercle d’une maille du grand épiploon.

D’autres fois, on observe un réseau de fibrilles fines de fibrine qui remplit comme une toile d’araignée l’aire d’une maille. Les cellules endothéliales tuméfiées à la surface d’une travée se relèvent, par l’effet même de cette tuméfaction et se détachent en partie de leur insertion. Elles poussent des prolongements soutenus par les fibrilles de fibrine, prolongements souvent très longs et qui vont s’unir avec d’autres expansions venues de cellules .analogues implantées sur un autre point de la circonférence de la même travée. Ces cellules peuvent ne plus conserver leur attache pariétale et l’on peut voir des filaments ramifiés ou des mailles de fibrine présentant le long des travées fibrineuses des cellules endothéliales avec de longs prolongements anastomosés. « La fibrine forme donc une sorte de charpente qui sert de support à un nouvel édifice constitué par des cellules ramifiées et anastomosées » (Ranvier), Les cellules ainsi constituées en un réseau cellulaire pourront s’organiser plus tard comme un véritable tissu de cellules et oblitérer une maille qu’elles remplaceront par une lame conjonclive définitive! G’est par un mécanisme exactement semblable que débutent, ainsi que l’a montré Rah'

Fig. 51. — Grand épiploon du rat, enflammé artificiellement et traité par le nitrate d’argent : a, cellule endothéliale en prolifération; 6, cellule lymphatique; g, g, cellules endothéliales devenues globuleuses et saillantes, se détachant des travées fibreuses t ; f, cellules endothéliales tuméfiées, mais encore adhérentes aux travées. — Grossissement de 250 diamètres.

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