INFLAMMATIONS EXPÉRIMENTALES' 1)ES ENDOTHÉLIUMS
vier les phénomènes de la guérison des plaies par réunion immédiate et de la formation des adhérences dans les séreuses.
Dans les deux premiers jours qui suivent l’inflammation, l’hypertrophie cellulaire, les prolongements du protoplasma tels qu’une cellule peut atteindre jusqu’à 400 p en longueur, les multiplications nucléaires se font sans l’intervention de la karyokinèse. Ce processus s’observe seulement au bout de quarante-huit heures, et il est moins général que celui de la division directe. Cornil et Toupet l’ont bien décrit dans l’inflammation péritonéale. La karyokinèse ne se montre pas seulement dans les cellules endothéliales du péritoine, mais souvent aussi dans les cellules endothéliales des capillaires situés dans les travées vascularisées.
Fie. 52. — Cellules endothéliales observées dans l’inflammation expérimentale du grand épiploon du chien, de trois à cinq jours après le début de l’inflammation (6Ô0 diamètres) : a, travée d’une aréole du grand épiploon sur laquelle est implantée une grosse cellule endothéliale n relevée et renflée, possédant trois noyaux ; m, cellule endothéliale implantée de la même façon, vésiculeuse et possédant deux noyaux refoulés à sa périphérie ; c, cellule sessile avec quatre noyaux ; 6, c, cellules relevées à la surface d’une travée épiploïque d à laquelle elles adhèrent par un prolongement.
Quatre à cinq jours après le début d’une inflammation péritonéale peu intense, les cellules endothéliales se réappliquent contre la paroi des travées épiploïques, mais en restant tuméfiées, granuleuses, et en montrant un ventre saillant. Souvent tout le long d’une maille épiploïque, on voit une série de cellules à pied, implantées sur le bord de la maille et libres dans toute leur étendue, relevées et parallèles, comme des cellules cylindriques qui resteraient isolées les unes des autres. Souvent ces cellules à pied possèdent deux ou un plus grand nombre de noyaux ovoïdes. Nous en avons même vu sur le chien, dix jours après une opération -sur le foie, qui possédaient une dizaine de noyaux et constituaient une masse libre reliée à la paroi par un pédimile épais. Certaines de ces cellules à pied deviennent vésiculeuses 0»» fig. 52).
DES INFLAMMATIONS
Dans la plus grande partie de l’épiploon, des cellules sont réappliquées aux travées, mais elles restent quelques jours encore tuméfiées et présentent du côté de leurs noyaux des divisions directes ou indirectes. Leur reconstitution, en tant que cellules endothéliales, durera dix ou douze jours avant qu’elles aient recouvré leur structure normale et ensuite leur cuticule.
s* Les travées épaisses du grand épiploon sont le siège de cellules conjonctives volumineuses anastomosées entre elles par les expansions de leur protoplasma et les bords des mailles sont souvent reliés entre eux par des cellules de nouvelle formation, ainsi que le montre la figure 54.
En terminant ce chapitre, nous voulons faire ressortir des faits qui précèdent qu’il existe deux ordres de phénomènes inverses dus au processus inflammatoire : les uns consistent dans une nutrition exagérée et une irritation formative des cellules, les autres dans la mort par diverses dégénérescences des éléments cellulaires les plus anciens. Les premiers seuls appartiennent réellement en propre à l’inflammation, les autres s’expliquent parce que les cellules ne sont plus placées dans les conditions favorables à la vie.
Fig, 53. — Grand épiploon du rat, irrité artificiellement et examiné au huitième jour après l’opération. Les cellules endothéliales a sont de nouveau appli- * quées contre les -travées, leur protoplasma est moins granuleux que dans les figures précédentes, et il forme en a une couche -de revêtement presque continu ; en b, le protoplasma est segmenté en cellules distinctes, mais faisant encore saillie, et non aplaties et lamellaires comme à l’état normal. — Grossissement de 250 diamètres.
Les données précédentes, relatives au rôle des cellules endothéliales du grand épiploon dans l’inflammation, s’appliquent au revêtement de toutes les séreuses. Ce sont ces cellules qui sont les agents actifs dans l’inflammation.
Lorsque à la surface d’une séreuse il se forme, comme cela a lieu presque constamment, une ou plusieurs couches de pseudo-membranes fibrineuses (voir plus bas les exsudats fibrineux), ces cellules endothéliales relevées, semblables aux cellules de tissu conjonctif, pénètrent