‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 47 sur 148 · DES ÉLÉMENTS CELLULAIRES (EXSUDAT CROUPAL DES^AUTEURS ALLEMANDS · texte numérisé non relu

DES ÉLÉMENTS CELLULAIRES (EXSUDAT CROUPAL DES^AUTEURS ALLEMANDS

— Le mot d’exsudat croupal dont se servent les auteurs allemands s’applique aux exsudats coagulés à la surface des parties malades sous forme de membranes. Cet exsudât est composé d’éléments cellulaires différente suivant les parties envahies, mais il contient toujours des filaments de fibrine et quelquefois de mucine englobant des corpuscules de pus. Ces filaments s’entre-croisent et forment un réseau dans les mailles duquel sont retenus des éléments cellulaires, épithélium, endothélium ou globules de pus, exactement comme les globules rouges du sang sont retenus au milieu de la fibrine qui se concrète dans le caillot d’une saignée.

Cet exsudât se rencontre surtout dans les inflammations des séreuses et dans la pneumonie aiguë.

Récemment encore les auteurs allemands confondaient ces exsudats fibrineux avec les fausses membranes du vrai croup, ou pseudomembranes diphtéritiques des auteurs français.

F. Exsudats et pseudo-membranes diphtéritiques. — Tandis que les exsudats fibrineux persistent après la mort, les fausses membranes

EXSÜDATS ET PSEUDO-MEMBRANES DIPHTÉRITIQUES 167

• /.mnn au contraire, ont presque complètement disparu au vrai ciuup*

t où l’on fait l’autopsie, ou bien elles constituent simplement ^^couclie pultacée bien différente de ce qui s’observe pendant la vie.

6 d’après E. Wagner, ces fausses membranes ne sont pas seuteSQt composées par de la fibrine, mais aussi par de nombreuses Adules épithéliales soudées les unes aux autres et qui peuvent être dissociées. En dissociant ces fausses membranes, Wagner les a vues se dissoudre en blocs anguleux et réfringents, ou en des éléments ramifiés (voir p. )• If a décrit les nombreux prolongements de ces éléments, qu’il a comparés à des bois de cerf, et il a pu voir tous les intermédiaires entre eux et les cellules d’épithélium. Pour acquérir ces formes bizarres, les cellules s’infiltrent d’une substance albuminoïde, perdent peu à peu leur noyau, se transforment en masse homogène et donnent alors naissance à de nombreuses ramifications. Wagner admet une dégénérescence fibrineuse des cellules, bien que PIG 75. Cellules épithéliales modifiées dans une

la présence de la fibrine ne soit pseudonmembrana. diphtérique,

pas établie d’une manière positive dans l’intérieur des cellules.

Ces cellules épithéliales altérées, transformées en des blocs homogènes à prolongements ramifiés, forment dans le pharynx des couches blanchâtres, épaisses, opaques et d’apparence fibrineuse, au-dessous; desquelles on trouve des globules de pus. Ajoutons qu’il y a toujours beaucoup de fibrine dans ces fausses membranes sous forme de fila- ^ ments englobant soit les cellules altérées, soit les globules blancs et rouges du sang qui y sont mêlés. La muqueuse est en même temps eechymosée, très enflammée, et la fibrine s’insère directement sur le tissu conjonctif dépouillé des cellules épithéliales. La fausse membrane fait corps avec le chorion muqueux très enflammé et elle présente habituellement des îlots rougeâtres qui sont de vrais épanchements sanguins. Dans le larynx il y a toujours plusieurs couches superposées de ces membranes épithéliales et de globules de pus.

Nous avons vérifié l’exactitude delà description donnée par Wagner. Nous avons dissocié et coloré ces cellules au moyen du picro-carminate d ammoniaque, et* d’après la facilité qu’elles présentent à fixer le car-

DES INFLAMMATIONS

min, nous devons conclure qu’elles ne sont pas infiltrées de mais bien plutôt d’une matière colloïde.

Ces exsudats du vrai croup sont chassés et détachés à mesure o des globules de pus ou de nouvelles cellules épithéliales se forment au-dessous d’eux.

Les fausses membranes diphtéritiques contiennent toujours des bacilles de la diphtérie et' le plus souvent aussi des streptocoques. Le streptocoque peut y être prédominant et même s’y rencontrer seul dans des faits qui ne sont pas les moins graves. Il s’y rencontre toujours aussi des microbes accidentels venant de la bouche (voir le chapitre Parasites microbiens ).

Les pathologistes allemands emploient encore le mot diphtérie infiltration diphtéritique, pour signifier non seulement une fausse membrane superficielle, mais aussi une inflammation profonde avec tendance à la nécrobiose et avec une infiltration fibrineuse, par exemple les plaques de mortification superficielle de la muqueuse du gros intestin dans la dysenterie. Ces lésions, qui sont en relation avec des microbes spéciaux, doivent être soigneusement distinguées de celles qui sont causées par le microbe diphtéritique.

3° Néoformations inflammatoires.

Sous l’influence d’une irritation légère, on observe une hyperplasie simple des éléments cellulaires, cela veut dire que les cellules anciennes ont donné naissance à de nouvelles cellules qui ont conservé les propriétés de leurs parents; c’est l’idée représentée exactement par le mot hyperplasie.

Si l’inflammation est plus intense, le tissu ancien est détruit et se transforme en un tissu inflammatoire ou de bourgeons charnus : ce n’est plus alors une hyperplasie, mais une hêtéroplasie inflamma- - toire (1).

L’anatomie pathologique humaine concorde absolument avec ce que nous a appris l’étude expérimentale de l’inflammation. Le processus se déroule dans l’ordre suivant : Hypertrophie du noyau. — Divi~

(1) Comme exemple d’hétéroplasie inflammatoire, il n’y en a pas de plus frappa®* que celui des bourgeons charnus qui présentent à peu près la même constitution, <îue que soit le tissu qui leur ait donné naissance (peau, membranes synoviales, os). BicliaL qui considérait les bourgeons charnus comme essentiellement formés de tissu cellulaire et qui comparait les tissus de l’organisme aux corps simples de la chimie, ne pouvait concevoir que ces bourgeons pussent provenir du tissu osseux, et il admettait la Prc' sence du tissu cellulaire dans les os.

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