‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 48 sur 148 · SUPPURATION. — GLOBULES DE PUS · texte numérisé non relu

SUPPURATION. — GLOBULES DE PUS

sion du noyau. J- Augmentation , puis division du protoplasma. — . Destruction des fibres ou de la substance fondamentale. -j- Formation de vaisseaux nouveaux. Constitution d’un tissu inflammatoire ou de bourgeons charnus. — Nous ne reviendrons pas ici sur tous ces faits ; nous devons seulement traiter avec les détails qu’ils comportent la . suppuration, la néoformation des vaisseaux, les 'bourgeons charnus, la cicatrisation et les dégénérescences consécutives à l’inflammation. —

X Ces dégénérescences surviennent lorsque le tissu nouveau prolifère avec beaucoup d’activité, et que les cellules se multiplient et s’accumulent sans que la formation nouvelle de vaisseaux marche parallèlement.

A. Suppuration. Globules de pus. — La suppuration est la formation du pus dans une inflammation suppurative. L’apparition du pus était, pour les anciens anatomo-pathologistes, le type le plus net, le plus caractéristique de l’inflammation. Nous savons aujourd’hui que le pus est avant tout le produit de l’action de certains microbes que nous indiquerons bientôt. Ces microbes sont dits suppuratifs. Leurs toxines offrent, aussi bien que le parasite lui-même, la propriété de déterminer la suppuration. Elle constitue l’une des formes inflammatoires septiques. Le pus contient une quantité considérable de leuco- . cytes ou cellules lymphatiques; mais ce ne sont pas seulement ces éléments qui lui donnent son apparence et ses propriétés spéciales, il* faut encore que ces leucocytes soient en dégénérescence. Entre les inflammations aseptiques qui peuvent offrir un grand nombre de leucocytes et les inflammations septiques purulentes, on peut établir aussi cette différence essentielle que les premières tendent à l’organisation d’un tissu semblable à celui qui en est le siège et à le reconsti-. tuer, tandis que les inflammations purulentes tendent à la destruction du tissu primitivement atteint, à ses dégénérescences variées et àl la destruction des leucocytes contenus dans le pus.

Le pus se présente sous l’aspect d’un liquide laiteux, opaque, épais, blanchâtre ou un peu jaunâtre, crémeux; on dit alors qu’il est bien bé, c’est le pus des abcès phlegmoneux; ou sous l’aspect d’un liquide Plus séreux, blanc ou grisâtre, contenant en suspension des grumeaux opaques, gris ou jaunâtres, caséeux. Tel est le pus des abcès froids, des abcès tuberculeux ou ossifluents.

. Le pus est formé de leucocytes ou globules blancs. Lorsqu’ils sont Avants et possèdent des mouvements amiboïdes, ils offrent soit un seul, soit plusieurs noyaux (leucocytes mono et plurinucléaires).

DES INFLAMMATIONS

Tant que la division du noyau et l’apport de matériaux nutritifs s’effectuent bien, une cellule donne régulièrement naissance, par Sa division, à deux cellules semblables à elle-même, et, tant que l’hyperplasie est active, les cellules à plusieurs noyaux ne sont pas en très

grand nombre. Mais si les matériaux nutritifs n’arrivent plus, la division des noyaux peut

Fig. 76. — Globules de pus polynucléaires : a, vus dans un liquide neutre ; 6, vus après l’action de l’acide acétique ou de l’eau ; c, globules vivants présentant des mouvements amiboïdes.

continuer à s’effectuer mais les cellules ne se divisent pas. Aussi voit-on ces cellules contenir deux, trois, quatre et cinq noyaux de petite dimension.

Les leucocytes peuvent exister en grand nombre dans un tissu, sans que leur présence se révèle à l’œil nu parles caractères physiques du pus.

C’est ainsi que le tissu des bourgeons charnus en renferme; c’est ainsique le mucus et le liquide des membranes séreuses en contiennent un plus ou moins grand nombre à l’état normal. Dans le pus dit bien lié et opaque, laiteux, il y en a un nombre considérable, tandis que le pus séreux en renferme moins.

L’apparence puriforme d’un liquide tient à ce qu’il contient un grand nombre de corpuscules solides libres et petits. Ainsi, la crème du lait est opaque comme du pus, parce qu’elle renferme beaucoup de corpuscules graisseux; le liquide puriforme des trompes utérines après la mort, celui des papilles rénales et du rein dans les mêmes conditions, le mucus intestinal, peuvent n’offrir que des cellules épithéliales et cependant ressembler absolument à du pus.

. Les caractères physiques et chimiques des globules de pus sont les suivants :

Ils ne présentent pas de membrane cellulaire, et ne sont constitués que par une masse de protoplasma et des noyaux. A l’état frais et dans le liquide qui les baigne, ils apparaissent comme une masse finement granuleuse, irrégulière dans son contour, souvent avec des prolongements amiboïdes. On ne voit pas toujours leurs noyaux ;

empruntée à Virchow).

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