‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 49 sur 148 · SUPPURATION. — GLOBULES DE PUS · texte numérisé non relu

SUPPURATION. — GLOBULES DE PUS

. quand on a ajouté de l’eau, ils se gonflent : de 8 à 9 ji, qui egt i’ur diamètre normal, ils arrivent à 11 ou 12 p. ; ils deviennent - hérioues et montrent très nettement, surtout après la colorat^u au carmin, deux, trois, quatre ou cinq noyaux de 2 à 3 ^ de diamètre.

Ces noyaux résistent à l’action de l’acide acétique, tandis que, sous l’influence de ce réactif, la cellule devient sphérique, pâlit et reste encore quelque temps limitée par un bord très mince qui finit par disparaître à son tour.

Théorie de la formation du pus. — D’après une opinion ancienne de Zimmermann et d’après l’expérience déjà citée de Waller, le pus sortirait directement des vaisseaux. Cohnheim l’a affirmé en prêtant à cette opinion l’appui des expériences que nous avons précédemment décrites. Il est certain que la diapédèse ou même une véritable hyperdiapédèse s’observent dans la suppuration ; mais tous les leucocytes du pus n’en proviennent pas. Beaucoup d’entre eux proviennent de la multiplication des leucocytes préexistants et aussi des clasmatocytes.

Il serait difficile d’expliquer autrement que par une hyperdiapédèse ces grandes collections purulentes formées très rapidement, comme cela se voit dans les grandes séreuses, dans la plèvre, dans le péritoine, dans la synoviale du genou. Et encore faut-il admettre qu’au moment où se sont développés ces épanchements considérables, le sang contenait une plus grande quantité de globules blancs qu’à l’état normal, qu’on avait affaire à une véritable leucocytose antérieure.

Le pus s’altère très facilement ; il subit, suivant son âge, et sous l’influence des substances qui sont en contact avec lui, plusieurs modifications, qui sont :

La transformation graisseuse des globules de pus , qui s’effectue toutes les fois que le pus est ancien, lorsqu’il a séjourné longtemps dans l’organisme. Dans l’intérieur de ces globules il existe alors de fines granulations graisseuses réfringentes qui se montrent sans qu’il soit nécessaire d’ajouter de l’eau. L’acide acétique ne les modifie pas.

La présence de granulations graisseuses dans l’intérieur de globules fie pus dépend de deux causes : de la mort des cellules et de l’absorphon active de granulations graisseuses situées dans leur voisinage. Nous avons déjà étudié la première de ces causes à propos des dégé-

nérescences, et la seconde à propos de l’inflammation expérimental des tissus non vasculaires. Lorsque les globules de pussont char de granulations graisseuses, ils augmentent de volume; ils atteignent 15 et 20 (a. On les connaît depuis longtemps et on les désignât sous le nom de corpuscules inflammatoires ou corpuscules de Gluge. La plupart de ces corpuscules semblent être des cellules lymphatiques qui ont absorbé des granulations graisseuses ; cependant quelques-uns d’entre eux contiennent un seul noyau ovoïde assez volumineux. On en trouve dans les espaces et dans les vaisseaux lymphatiques qui reviennent d’organes riches en matières grasses et qui ont subi un processus de destruction, le cerveau par exemple. C’est ainsi que dans les gaines périvasculaires du cerveau et de la moelle épinière il existe un très grand nombre de ces corpuscules au voisinage d’un foyer hémorragique ou d’un foyer de ramollissement. Ce qui prouve bien que c’est par pénétration dans les cellules que la graisse s’y trouve enfermée, c’est qu’on observe souvent dans ces mêmes éléments des globules rouges ou des fragments de ces globules et du pigment sanguin.

Quant à la dégénérescence graisseuse des globules de pus liée à leur mort, elle se présente principalement dans les collections purulentes abondantes. Les globules qui en sont le siège ne présentent qu’un nombre très limité de granulations graisseuses dont le volume n’est pas très considérable.

Lorsqu’on examine sous le microscope une fine gouttelette de pus, on ne voit que des leucocytes mono ou polynucléaires ayant subi les altérations graisseuses, pigmentaires, etc., dont nous venons de parler. Leur nombre est tel qu’on en peut compter treize mille à quatorze mille par millimètre cube.

Le liquide dans lequel ils sont situés contient de l’albumine, de la mucine et de la fibrine. On y trouve également des sels, du chlorure de sodium, du phosphate de soude, des phosphates et des sulfates, des sels de fer, des leucomaïnes et des ptomaïnes.

L’action de ces dernières substances et des toxines sécrétées par les microbes suppuratifs s’exerce sur les cellules fixes du tissu qui est le siège de la suppuration et sur ses fibres. Qu’elles soient ainsi atteintes ou qu’elles soient étouffées et dans l’impossibilité de se nourrir en raison de la concurrence vitale des leucocytes si abondants qui les entourent, les cellules fixes s’altèrent et dégénèrent le plus habituellement. Les fibres du tissu sont ramollies et détruites. Les vaisseaux sont également lésés; les capillaires et veinules offrent une

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