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RÉPARATION DES PLAIES. — CICATRICES DE LA CORNÉE

linéiques dont quelques-unes plus minces et se colorant mieux, dites cellules à pied, sont plus jeunes et comprimées par leurs voisines; une couche moyenne de cellules pavimenteuses et la couche des cellules plates superficielles.

Lorsqu’on examine heure par heure et pendant le premier jour ce qui se passe après une section superficielle de la cornée, les lèvres de la plaie s’étant un peu écartées, on voit les cellules épithéliales de revêtement descendre peu à peu sur chacune des lèvres de la plaie comme un bourrelet débordant (fig. 82 et 83); elles s’unissent bientôt et comblent le fond de la plaie.

Les cellules à pied ; &

nese distinguent^plus

Les cellules qui ~ remplissent la perte de substance sont - -■ pavimenteuses. ^ !«

Toutes ces cellules ^

SOnt entourées à l’état ^Iû- 83. — Cornée du lapin. Incision superficielle examinée quatre heures après : a et b,- masses épithéliales s’avançant sur les physiologique d’une deux lèvres de la solution de continuité (d’après Ranvier)

i , . , [Arch. d’anat. microscop.).

substance unissante

qu’elles sécrètent et qui leur permet de se déplacer les unes par rapport aux autres.

Après vingt-quatre heures, la perte de substance enVde la surface cornéenne est remplie par les cellules épithéliales qui ont ainsi réparé la perte de substance.

Lorsqu’on fait, avec le couteau double de Valentin, deux inei-

ision superficielle examinée quatre « épithéliales s’avançant sur les de continuité (d’après Ranvier)

sions voisines (voir fig. 84), la couche épithéliale de la partie comprise entre les deux incisions est plus mince que le revêtement normal, ce qui prouve (Ranvier) que les cellules de cette portion intermédiaire ont glissé en partie dans les dépressions en V. Ce sont surtout les cellules superficielles qui se sont ainsi déplacées.

Dans le tissu conjonctif cornéen composé de lames entre lesquelles se trouvent les cellules de tissu conjonctif, celles-ci se tuméfient et Poussent des pseudopodes du côté de la plaie. Ces expansions de leur Protoplasma glissent à la surface des lames fibreuses, et, si la plaie mtéresse seulement les deux ou trois premières couches lamellaires.

DES INFLAMMATIONS

ces cellules ne tardent pas à s’unir par leurs prolongements d’une lèvre de la plaie à l’autre et la cicatrice du tissu conjonctif s’effectue par l’anastomose des cellules. Le rôle des cellules dans ces réparation cicatricielles, leur hypertrophie et l’accroissement en longueur de leur protoplasma sont donc prédominants et il ne s’agit pas seulement d’une multiplication. Ranvier avait déjà depuis longtemps montré leur action dans la réparation cicatricielle des nerfs sectionnés qui se reconstituent, après une dégénérescence de leur myéline, par les prolongements que poussent les cylindres d’axe, émanations directes, bien que lointaines, des cellules de la moelle épinière.

Fig. 84. — Deux incisions parallèles de la cornée du lapin examinées après vingt-quatre heures, l’une superficielle et à peu près remplie de cellules épithéliales ; l’autre, plus profonde, en est seulement tapissée : B, épithélium dans la région comprise entre les deux incisions ; C, épithélium éloigné des incisions, présentant à peu près sa disposition narmale (d’après Ranvier) (Arch. d’anat. microscop.). '

Adhérences des séreuses. — Étudions maintenant les faits plus complexes de la formation des adhérences séro-séreuses, c’est-à-dire des cicatrices qui s’établissent entre deux surfaces contiguës d’une même séreuse, par exemple entre la surface péritonéale de deux segments de l’intestin, entre l’épiploon et le péritoine pariétal ou entre le péritoine et un organe contenu dans la cavité abdominale. On provoque ces adhérences en produisant une inflammation péritonéale, ou en faisant une plaie ou une opération quelconque aux organes abdominaux; le grand épiploon se porte au niveau de tout point aseptiquement enflammé à la surface péritonéale et s’y fixe.

Nous avons établi des adhérences d’une anse intestinale avec une anse voisine chez le chien, dans un travail fait en commun avec

CICATRICES. - ADHÉRENCES SÉRO-SÉRECSES J89

jl Chaput. Dans C6 but, nous unissions deux anses de l’intestin grêle par deux ligatures passant au milieu des tuniques musculaires intestinales. Entre les deux ligatures, le contact des séreuses appartenant à chacune des deux anses intestinales était complet. De la fibrine exsudée entre elles sous la forme de fibrilles ou d’un réticulum maintient cet accolement. Vingt-quatre heures après, les cellules endothéliales des deux surfaces péritonéales sont tuméfiées, avec des noyaux souvent en division directe et elles se relèvent en pénétrant dans la fibrine. Quarante - huit heures, trois jours après, le travail de multiplication et d’union de ces cellules est accompli et l’on a affaire, dans la fibrine, à un tissu de cellules endothéliales anastomosées comme cela a lieu dans l’organisation du caillot de la phlébite. Vers le quatrième et à plus forte rai¬

son au cinquième et au sixième jour on constate l’apparition de néocapillaires. Ceux-ci se forment par des cellules endothéliales parallèles

5. 85. — Coupe d’une cicatrice séro-séreuse, entre deux lames péritonéales (200 diamètres) : h, h, péritoine enflammé montrant de grandes cellules plasmatiques et des vaisseaux de formation nouvelle. À la limite f, f du péritoine, ces vaisseaux b, b' pénètrent dans la partie fibrineusé de la cicatrice a; d, globules blancs contenus dans les vaisseaux néoformés ; c, cellules endothéliales vasculaires; g, vaisseau indiqué seulement par des cellules endothéliales limitant une mince fente ( Arch . de méd. expér.).

qui en limitent la lumière et en constituent la paroi formée unique¬

ment de cellules plates. Le tissu conjonctif du péritoine offre la même irritation, la même formation de cellules. Là, comme dans la cicatrice fibrineuse on trouve aussi des leucocytes. Les vaisseaux, pour la plupart de formation nouvelle dans ce tissu conjonctif, s’unissent avec

ceux de la cicatrice fibrineuse et la circulation est établie vers le

sixième jour. Des fibres de tissu conjonctif apparaissent enfin vers le septième ou huitième jour le long des cellules et constituent dès lors un tissu cicatriciel complet.

La cicatrice est comprise entre les deux ligatures ; mais elle est solidifiée par le mésentère d’une part, par le grand épiploon d’autre Part. Ce dernier vient toujours s’accoler au niveau de la cicatrice à la surface libre des anses intestinales. Le mécanisme de son adhérence

DES INFLAMMATIONS

est le même que celui des deux anses voisines. Entre le grand épipi00n et le péritoine superficiel de l’intestin, on voit en effet une couche mince de fibrine filamenteuse ou réticulée. Du côté de l’épiploon et de l’intestin, des cellules endothéliales1 se tuméfient et se relèvent, puis s’anastomosent, et tout le processus se déroule comme ci-dessus

Le voisinage des fils de suture montre toujours des leucocytes et au bout de cinq à six jours des cellules géantes à noyaux multiples comme celles qui se développent toujours autour des corps étrangers en contact avec les spiculés des éponges mises dans les séreuses ou dans les tissus des organes, poumons, foie, etc., par exemple.

Nous avons répété ces expériences dans la plèvre et obtenu des adhérences, soit en unissant par une ligature le poumon avec la plèvre pariétale, soit en pratiquant une cautérisation au cautère Paquelin à la surface de la plèvre pulmonaire, soit en cautérisant les surfaces contiguës de deux lobes. Yermorel a répété ces expériences avec les mêmes résultats. Le mécanisme de ces adhérences, la série des faits observés est toujours identique. On peut le résumer ainsi : union fibrineuse, tissu de cellules anastomosées dans la fibrine, vascularisation ; et en dernier lieu formation de fibres conjonctives.

Réparation cicatricielle des organes , foie et rein. — Dans les organes, la cicatrice s’effectue seulement aux dépens des cellules du tissu conjonctif et des vaisseaux qui entrent dans leur constitution et non par les cellules glandulaires. Eile est d’abord fibrineuse, puis cellulaire et enfin vasculaire. Pour l’étudier, nous avons pratiqué une incision unique assez étendue perpendiculaire à la surface d’un lobe hépatique chez le chien avec un rasoir bien effilé. Trois ou quatre jours après, la réparation est complète. Si l’on fait une coupe du foie perpendiculaire au plan de la section primitive, on ne peut pas la distinguer à l’œil nu. Au microscope, elle se présente comme une ligne très mince de fibrine qui paraît verte sur les pièces colorées à la thionine, et dans laquelle pénètrent des cellules conjonctives venues des deux côtés de la section. On trouve déjà des vaisseaux capillaires bien manifestes vus en long ou en travers qui existent dans la fibrine. Nous avons examiné des cicatrices doubles et parallèles des mêmes organes pratiquées avec le couteau double de Valentin qui donnaient les mêmes résultats.

Avec notre emporte-pièce cylindrique qui permet ou de laisser en place le cylindre séparé de l’orgâne par une section circulaire ou de le détacher complètement en coupant son pédicule inférieur et de le

CICATRICES DU FOIE, DU REIN ET l)E LA PEAU mettre en place, on a dans ces conditions différentes une cicatrice

instante et rapidement faite. Cette cicatrice, étudiée sur des coupes C°rpendiculaires à l’action de l’emporte-pièce, est très régulièrement circulaire et mince, formée d’une zone étroite de fibrine comme dans L cas précédent et de cellules du tissu conjonctif voisin hypertrophiéeset muQies de prolongements qui y pénètrent. Mais, lorsque le pédicule du cylindre hépatique enserré par l’emporte-pièce a été coupé et que les éléments qui ■ s’y trouvent sont par suite privés de la circulation sanguine régulière, beaucoup des cellules hépatiques sont mortifiéesou dégénérées, les cellules de tissu conjonctif n’entrent pas en jeu et tous les frais de la cicatrice sont dus pendant les premiers jours aux cellules de tissu conjonctif du foie périphérique dont la circulation sanguine et la nutrition sont conservées. Les cicatrices du rein présentent les mêmes phénomènes histologiques.

Cicatrices cutanées. — Lorsque la plaie est superficielle et faite avec un instrument bien tranchant, lorsqu’elle n’intéresse que l’épiderme, la couche papillaire et une partie restreinte du derme, l’écartement des lèvres de la solution de continuité est presque nul. Si l’on maintient ces lèvres en contact, elles sont collées le lendemain par une : mince couche de fibrine, mais cette union est fragile et sous une légère traction elle se rompt. Les préparations faites le premier jour sur des coupes perpendiculaires à la cicatrice montrent la fibrine et les cellules de tissu conjonctif hypertrophiées dans les lèvres de la plaie comme dans les autres tissus conjonctifs. L’épiderme revient très rapidement aussi boucher à la surface de la peau la perte de substance.

Ranvier avait d’abord fait des plaies de la peau peu profondes au niveau du cartilage auriculaire du lapin et du cobaye; mais il survenait aux lèvres de la plaie une nécrose qui gênait la réparation et qu’il a attribuée à ce que les tissus se dessèchent au lieu d’être humectés de liquide, condition favorable à la cicatrisation épithéliale de la cornée. En étudiant les plaies comprenant l’épiderme et la moitié du derme à la plante des pattes du cobaye, Ranvier a décrit dans la cicatrice cellulaire des fibres particulières qu’il appelle synaptiques, formées du « conflit » des prolongements du protoplasma des cellules et des fibres de fibrine auxquelles ils s’accolent. Ces fibres seraient rétractiles comme un fil de caoutchouc qui s’étire lorsqu’on le tend et devient plus épais lorsqu’il revient sur lui-même en se rétractant. Elles se fixent sur les fibres et jouissent de la Propriété de se rétracter.

DES INFLAMMATIONS

Lorsque la plaie cutanée comprend tout le derme et le tissu cellulo adipeux sous-cutané, à plus forte raison lorsque la plaie s’étend à toute la paroi de l’abdomen comme dans les laparotomies, sa cicatrisation est plus complexe. On est souvent obligé, en effet, de pratiquer deux étages de ligatures, les unes comprenant les plaies profondes musculaires, les autres la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. L’affrontement de ces diverses couches les unes contre les autres n’est pas toujours parfait, d’où il résulte des irrégularités dans la forme delà cicatrice. De plus, les fds déterminent autour d’eux une inflammation permanente et assez intense, avec beaucoup de leucocytes, des cellules géantes et une sécrétion liquide qui dépassent le but d’une irritation cicatricielle pure. Au niveau de la sortie des fds du côté de la peau, leur ouverture s’infecte souvent chez le chien, et il y a un peu de pus si l’on n’a pas soin de couvrir la plaie d’une épaisse couche d’ouate et d’un bandage occlusif, soit plâtré, soit formé de larges bandes de diachylon. Aussi les trous de passage des fds constituent- ils un retard dans la cicatrisation. Celle-ci est parfaite dans les points intermédiaires aux fds et qui en sont le plus éloignés. La difficulté de l’affrontement initial complet entre les deux plans de section de la plaie a pour résultat de donner au tissu cicatriciel qui les unit une plus grande épaisseur que dans les plaies simples que nous avons étudiées tout d’abord.

Ce tissu cicatriciel, étudié sur des coupes perpendiculaires à la peau et à la section, montre les divers plans de la réunion de la surface cutanée jusqu’aux parties profondes, c’est-à-dire, dans l’exemple de la laparotomie que nous avons choisi, jusqu’au péritoine. Les bords de la plaie présentent successivement l’épiderme et le derme, le tissu cellulo-adipeux, les couches musculaires et aponévrotiques, puis le tissu du péritoine : du côté du péritoine, la plaie est fermée par une adhérence du grand épiploon qui forme là un bourrelet cellulo-adipeux épais. Les diverses parties du bord des deux lèvres de la plaie ne sont pas toujours rigoureusement en face les unes des autres, en sorte que la cicatrice d’abord fibrineuse est irrégulière, tantôt mince, tantôt épaisse, formant des zizgags. Les phénomènes histologiques sont les mômes que dans les plaies simples, c’est-à-dire que la fibrine est pénétrée par les cellules hypertrophiées du tissu cellulaire qui s’y anastomosent et il s’y forme bientôt des vaisseaux. Mais cette cicatrice est plus large, plus épaisse, et la zone d’extension de l’inflammation dans les tissus voisins de la plaie est beaucoup plus grande. Elle occupe une étendue d’un à plusieurs millimètres; huit ou dix jours

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