ÉVOLUTION GÉNÉRALE DES TUMEURS, CARACTÈRES COMMUNS, GÉNÉRALISATION
Nous avons vu dans le chapitre précédent que, si l’on en excepte les tumeurs du dernier groupe, les tératomes, toutes les autres reconnaissent une origine locale. Nous avons insisté sur ce point qu’elles dérivent des cellules adultes préexistantes et non d’une cellule prédestinée, et qu’elles ont une tendance non pas à s’isoler, mais à rester unies. Elles édifient. ainsi des systèmes histologiques, des groupements cellulaires plus ou moins réguliers, toujours distincts des organes normaux, mais très reconnaissables cependant à leurs caractères. Les cellules néoformées vivent en effet en colonies distinctes formant de véritables fédérations. Les éléments d’une tumeur ne sont donc jamais complètement indépendants, leur union dans les édifications les plus anormales paraît être une des conditions nécessaires de leur développement.
La vie des cellules dans les tumeurs se sépare ainsi dès le début de celle qui est particulière aux vrais parasites ünicellulaires, tels que les coccidies, quelquefois groupées et réunies en amas, mais vivant habituellement séparées les unes des autres. Lors même que les coccidies se touchent, elles n’ont pas de lien solide; or c’est là, il ne faut pas l’oublier, un des caractères du vrai parasitisme.
Accroissement.
Toute tumeur constituée s’aecroît à Faide de ses propres éléments par des procédés peu nombreux, qui se résument à deux principaux :
CORKIL ET RANVIER. I. 18
DES TUMEURS
1° Accroissement par sa périphérie ou ses parties centrales •
2° Accroissement par noyaux erratiques et embolies cellulaires
Ces deux procédés ne s’observent pas constamment, ni surtout au même degré pour chaque tumeur.
1° Accroissement périphérique. — L’accroissement périphérique n’est pas prédominant dans tous les cas.
Ainsi il est fréquent de voir des tumeurs acquérir certaines dimensions et les conserver pour ainsi dire indéfiniment à compter d’une certaine époque. Cette remarque ne peut être faite avec fruit que sur les néoplasmes perceptibles à la vue, car les changements de volume des tumeurs développées dans les organes profonds sont trop difficiles à apprécier.
Du moment où une tumeur conserve ses dimensions, on peut être à peu près certain que ses parties centrales ne présentent aucune activité. Lorsque, au contraire, on la voit augmenter rapidement, l’exament histologique démontre qu’il existe des néoformations cellulaires aussi bien dans les parties centrales que vers les bourgeonnements périphériques que la vue ou le doigt peuvent circonscrire. Les substances colorantes, présentent, on le sait, une action élective très manifeste sur les noyaux et les protoplasmas nouvellement formés; aussi, est-ce dans les mêmes régions que l’on constate de nombreuses figures karyokinétiques, ainsi que les réserves les plus abondantes en glycogène.
A mesure que les tumeurs prennent de l’extension, elles détruisent tout sur leur passage ; aucun tissu ne saurait résister à leur marche envahissante. Cependant, elles respectent d’habitude les parties semblables à celles d’où elles proviennent. On pourra remarquer, par exemple, qu’un épithélioma développé sur la muqueuse gastrique ou intestinale sera constitué par une masse ou une plaque plus ou moins étendue, formée par l’adjonction des glandes modifiées dans le sens des néoformations épithéliales ; mais lorsque ce travail tout de superficie est effectué, l’épithélioma a beaucoup plus de tendance à se développer vers les parties profondes sans détruire les glandes situées à son voisinage conservant en général leurs dimensions et leur aspect habituels.
Les cellules épithéliales une fois en mouvement gagnent rapidement les couches sous-muqueuses, comme si elles voulaient s’éloigner de leur centre d’origine.
Dans tous les épithéliomas le fait est frappant, les cellules semblent