ACCROISSEMENT
• d’autant plus d’activité qu’elles vivent dans des régions ou des organes d’une structure essentiellement différente des parties qu’elles
ont abandonnées.
g. Accroissement par noyaux erratiques. — Lorsque les tumeurs se généralisent, c’est surtout par ce deuxième procédé.
Rien n’est plus frappant pour les tumeurs du tube digestif dont il vient d’être question. Souvent un épithélioma d’un volume moyen gagne rapidement la profondeur, franchit les couches musculaires en suivant surtout les interstices les plus larges, envahit les veines ou les lymphatiques et par les veines le foie qui est le siège de prédilection des masses secondaires.
Cependant la tumeur primitive reste stationnaire ou même s’atrophie partiellement en subissant un retrait ; mais les masses importées dans le foie édifient dans chaque territoire investi des proliférations dont les dimensions dépassent souvent de beaucoup celles de la tumeur primitive, montrant que les cellules néoformées se complaisent dans des organes qui leur sont absolument étrangers et obéissent ainsi à la loi de Y hétérotopie qui est une des plus curieuses de l’histoire des cancers envahissants.
C’est là une disposition tellement anormale, c’est-à-dire si contraire aux lois ordinaires de l’histogénèse, qu’il est impossible de ne pas en être frappé. La quantité des éléments néoformés peut être véritablement prodigieuse, puisque le poids de l’organe peut varier du simple au triple, au quadruple et même davantage. Toutefois, les cellules de l’organe envahi se laissent détruire sans opposer la moindre résistance. Entre les amas épithéliaux de la tumeur et les travées hépatiques on n’observe aucune zone inflammatoire, à moins d’infection associée ou surajoutée; les cellules disparaissent, laissant pour ainsi dire la place aux éléments qui se substituent à elles.
Ce nouveau fait est contraire à ce que l’on observe dans les maladies infectieuses. Dans celles-ci, en effet, les cellules atteintes par une toxi-infection présentent toujours des marques de dégénérescence avancée : dégénérescence hyaline, albuminoïde, graisseuse, nécrose de coagulation, inflltrats leucocytiques plus ou moins abondants. Dans les envahissements rapides par les épithéliomas, on voit les cellules cancéreuses arriver au contact des cellules de l’organe envahi sans que celui-ci ait l’air d’en subir les atteintes, c’est-à-dire qu’à la limite même du néoplasme les cellules sont dissociées ou refoulées, mais conservent leurs propriétés histochimiques normales.
DES TUMEURS
La règle est absolue. Les reins, le pancréas, le poumon, l’estomac n’opposent aucun obstacle au développement des tumeurs, pas piUs que les muscles, le cartilage ou l’os lui-même.
Lorsque la tumeur marche plus lentement, le tissu conjonctif oppose une barrière destinée à en limiter l’extension; mais l’obstacle peut être renversé au moindre réveil du néoplasme.
Les épithéliomas du tube digestif se généralisent surtout par la voie veineuse et rencontrent le foie sur leur passage. Par les veines sus-hépatiques ils atteignent le poumon et delà se répandent dans l’économie entière. La généralisation par la voie lymphatique est assez commune également. Les ganglions mésentériques, prévertébraux, médiastiniques sont successivement infiltrés et l’infection gagnant ainsi de proche en proche peut atteindre tous les ganglions de la chaîne jusqu’aux troncs lymphatiques d’une certaine importance. Mais, pour que l’infection devienne générale, il n’est pas nécessaire que le canal thoracique participe à la carcinose. D’ailleurs, lorsqu’il est envahi lui-même, il peut être complètement oblitéré. Mais, en examinant les ganglions cancéreux, on remarquera combien est fréquent l’envahissement des veines périganglionnaires dont les réseaux se relient directement au système veineux de la grande circulation.
On voit par ces exemples que les épithéliomas du système digestif peuvent par des moyens détournés atteindre les veines indépendantes du système porte et se généraliser.
En résumé, les tumeurs du tube digestif, qui forment un groupe distinct, puisqu’elles rencontrent invariablement sur leur passage le foie opposant une barrière momentanée à leur généralisation, peuvent néanmoins se comporter comme les tumeurs nées dans tout autre organe.
Et cela en utilisant la voie lymphatique, le système veineux ganglionnaire ramenant les germes morbides à la grande circulation. D’autre part, tout néoplasme qui envahit de proche en proche le péritoine, le grand épiploon, et dont les produits se greffent aux parois de l’abdomen, à la partie inférieure du diaphragme, se met en contact avec le système veineux général et peut se généraliser.
En suivant avec attention le développement des cancroïdes nés à la surface de la peau, du col utérin, de la langue, on peut constater la fréquence de l’envahissement des capillaires et des veines par les cellules néoformées. C’est une remarque qui s’étend, on peut le dire, à tous les épithéliomas, dans quelque endroit du corps qu’on les