‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 68 sur 148 · ACCROISSEMENT · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT

observe. Il n’est 010110 Pas nécessaire d’attendre l’envahissement des Ganglions pour affirmer qu’une tumeur est ou non en voie de généralisation. Les ganglions peuvent être inappréciables et la tumeur déjà disséminée dans l’économie par la voie veineuse.

En somme, dans toute région où sont déposées des cellules épithéliales, les chances d’infection sont doubles (voie veineuse, voie lymphatique). Cela, 'répétons-le, pour les ganglions eux-mêmes, puisque, si la propagation se fait ordinairement d’un ganglion à l’autre en suivant l’ordre préétabli par le courant de la lymphe, immédiatement au voisinage du ganglion, l’épithélioma rencontre des veines qui offrent à la généralisation une voie beaucoup plus directe.

Lorsqu’une tumeur à donné naissance à un certain nombre de nodules secondaires, on peut juger d’après cela combien les dangers d’un envahissement général se multiplient.

Les exceptions sont cependant fort nombreuses, car rien n’est plus variable que l’évolution des tumeurs en voie d’accroissement. Souvent la marche en est lente ou torpide, elle peut être complètement suspendue pendant une période indéterminée, lorsque les parties envahies exercent sur le néoplasme une véritable action d’arrêt. Toute veine, en particulier, dont la lumière est occupée par des bourgeons cancéreux peut être oblitérée sur une certaine étendue, désormais la mobilisation des cellules est irréalisable.

Toutefois, il ne faut pas exagérer la résistance des veines au processus : nous pouvons en donner comme preuve la production de volumineux bourgeons cancéreux sur les troncs principaux de la veine porte, dans les adénomes du foie. Les veines sus-hépatiques, à leur émergence, peuvent égalèment en contenir. Or les connexions des bourgeons épithéliaux et des parois veineuses sont en ce cas assez singulières. On les voit se terminer par une extrémité mousse en battant de cloche, leur adhérence à la veine est minime, on les en détache avec la plus grande facilité. La paroi interne du vaisseau ne présente d’ailleurs aucune saillie.

Il semble que le prolongement veineux de la tumeur pourrait se développer indéfiniment, n’étant arrêté par aucun obstacle, ne rencontrant pas, du côté des parois de la veine, de résistance sérieuse, trouvant, au contraire, la voie libre devant lui.

Pareille disposition est exceptionnelle dans les épithéliomas, parce fiue les. cellules ont entre elles peu de cohésion; elles sont faciles

à dissocier et se trouvent emportées par le courant sanguin Eli est déjà plus nettement observée dans les adénomes dont il viem d’être question, formant des tumeurs plus cohérentes.

Mais elle est surtout nettement appréciable dans les sarcomes où les cellules forment des systèmes anatomiques dont les cellules sont étroitement unies entre elles, ainsi qu’aux fentes vasculaires qui les traversent.

Une des observations les plus remarquables a été publiée par Legueu (voir Bibliogr.). Elle concerne un ostéo-sarcome du bassin dont un prolongement avait envahi la veine iliaque primitive, la veine cave dans toute son étendue, l’oreillette droite et se terminait en extrémité recourbée dans le ventricule. Le bourgeon ne présentait aucune discontinuité ; il avait acquis, au niveau de la veine cave, un volume considérable. Celle-ci était distendue, mais très souplel’adhérence de ses parois au bourgeon était faible; par l’examen histologique, la tumeur nous a paru pouvoir être définie: ostéochondro-sarcome. Singulier exemple de parasitisme d’un tissu absolument différencié, sans réaction organique appréciable du côté du vaisseau envahi. De tels faits sont rares, car les cellules embolisées franchissent le plus souvent les veines et les artères sans s’y arrêter, pour aller se perdre au loin dans les organes.

Les lymphangites cancéreuses sont-elles plus fréquentes? Certains auteurs disent qu’elles se rencontrent rarement. Sans doute la lymphangite tronculaire est rare, c’est-à-dire que les cellules issues. des tumeurs cheminent le long des voies lymphatiques d’un certain calibre, comme à travers les vaisseaux artériels et veineux, sans prendre adhérence ni se greffer, pour aboutir dans les réseaux périfolliculaires des ganglions, où elles s’accumulent généralement et se multiplient à leur aise.

Mais, à cette règle, combien d’exceptions, témoin les lymphangites cancéreuses pulmonaires consécutives aux nodules cancéreux greffés sur la plèvre, dont on suit les élégants réseaux à la surface du poumon et que l’on poursuit à travers les espaces interlobulaires sur une grande longueur! Les lymphangites ont été également observées sur l’estomac et l’intestin, rappelant la disposition des lymphangites provoquées par le tubercule.

Ces lymphangites tronculairés constituent, si l’on veuf, des curiosités anatomiques au même titre que les oblitérations cancéreuses des veines étendues aux troncs d’un certain calibre; mais elles ne sontpa»

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