‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 69 sur 148 · GÉNÉRALISATION · texte numérisé non relu

GÉNÉRALISATION

(jiscutables. Il n’en est pas moins vrai que, pour gagner les ganglions, les cellules ont suivi la voie lymphatique, de même que, pour atteindre le foie ou le poumon, elles empruntent soit le système de la veine porte, soit le système veineux général. Si donc les épithéliomas ne sont pas constamment en communication avec les lymphatiques de l’organe où ils se développent, ils y ont été et, sans doute, à plusieurs reprises.

Ces réserves faites, on peut accepter comme exactes les recherches de Regaud et Barjon sur les altérations du système lymphatique dans

les néoplasmes malins.

Partant de ce fait d’anatomie normale que les lymphatiques sont terminés à leur point d’origine par des extrémités closes, Regaud et Barjon montrent qu’ils sont en réalité séparés des espaces conjonctifs par une mince barrière endothéliale. Or la disposition alvéolaire et trabéculaire des carcinomes correspond à l’envahissement des lacunes du tissu conjonctif par les cellules néoformées, et cette disposition n’entraîne pas de communication inévitable avec les lymphatiques.

Au moyen de l’imprégnation des néoplasmes par un mélange argentique, ces auteurs ont pu établir en outre que dans les tumeurs malignes il n’y a jamais de vaisseaux lymphatiques néoformés; que, tout au contraire, les vaisseaux lymphatiques préexistants disparaissent par oblitération partielle à mesure que le néoplasme se développe. Cette disparition marche à peu près du même pas que l’édification réactionnelle du tissu conjonctif.

En cela les lymphatiques ne se distinguent pas des veinules et des artérioles, y compris celles d’un certain calibre qui sont oblitérées dans une assez grande étendue au voisinage immédiat des épithéliomas. Mais, ainsi que nous l’avons déjà dit, ce travail de réaction ne s’effectue que dans certaines circonstances, lorsque la marche du néoplasme est assez lente; si, par contre, la tumeur vient à subir un accroissement rapide, tous les vaisseaux peuvent être envahis. En pareil cas, c’est un bien faible obstacle à renverser qu’une barrière endothéliale. De sorte que la règle poséepar Regaud et Barjon se trouve particulièrement vérifiée dans les épithéliomas à marche lente, les lymphatiques se trouvant, en somme, bien plus protégés par le défaut d activité de la tumeur que par leur disposition anatomique au niveau des espaces conjonctifs. Les veinules, dont les parois sont assurément Plus épaisses et plus résistantes que celles des lymphatiques à leur origine, se laissent en effet traverser sans grand effort.

Le transport des éléments cancéreux par les artères est plus diffi-

DES TUMEURS

cile à saisir. Cependant, il est fréquemment réalisé, puisque, après avoi franchi le poumon, les cellules sont lancées en divers points de l’éco nomie où elles vont former des colonies nouvelles. Le point d’arrivée échappe souvent à l’examen le plus minutieux. Et cela se conçoit Les cellules embolisées sont, en effet, peu nombreuses et ne s’arrêtent que dans les artérioles les plus fines, sinon dans les capillaires dont les parois sont bientôt détruites.

A peine libérées, elles envahissent le tissu ou l’organe de proche en proche, suivant un mécanisme comparable à celui qui préside au développement de la tumeur primitive. A partir de ce moment, elles se comportent, vis-à-vis des tissus qui les entourent et des vaisseaux quiles avoisinent, comme les masses des tumeurs primitives ou secondaires.

Que l’on envisage une tumeur dans sa masse primitive ou dans ses noyaux secondaires, la disposition qu’elle affectera vis-à-vis des parties qui l’entourent variera suivant sa nature et la rapidité de son évolution. Ainsi, les épithéliomas purs , prenons le cancer du sein comme type, n’ont pas à proprement parler de stroma. Les cellules sont distribuées d’une façon plus ou moins régulière dans le tissu conjonctif, généralement hypertrophié, situé dans la mamelle ou les régions qui l’avoisinent.

Ce tissu conjonctif contient habituellement des vaisseaux, mais peu nombreux, sauf à la périphérie de la tumeur. Dans son centre, les épithéliums écartent simplement les travées fibreuses en formant de petits amas cellulaires dont la configuration est assez variable. Nous y reviendrons plus loin, quand nous expliquerons la formation de la figure désignée sous l’appellation d ’ alvéole du carcinome.

Les noyaux secondaires des cancers du sein vivent également dans les organes sous la forme d’îlots de cellules épithéliales disséminées dans le tissu conjonctif de l’organe envahi.

Et cette manière d’être se retrouve dans un très grand nombre d’épithéliomas. Ce qui revient à dire que les épithéliomas purs n’ont pas de charpente connective propre; ils vivent aux dépens des tissus qu’ils envahissent et n’ont, par le fait, qu’un stroma d’emprunt.

C’est dans ce tissu conjonctif plus ou moins modifié que l’on constate parfois une circulation exagérée; mais encore faut-il que les vaisseaux aient le temps de se développer,* car il est maintes circonstances où l’évolution trop rapide de la tumeur y met obstacle.

Cette remarque doit être présentée à cette place même, car il existe des tumeurs se comportant de façon toute différente : ce sont les n^0'

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