GÉNÉRALISATION
mes d’origine conjonctive, y compris les sarcomes. A tous les degrés de l’échelle, qu’il s’agisse de productions bénignes ou envahissantes, les éléments de la tumeur édifient eux-mêmes leur stroma et leurs vaisseaux, si bien qu’en général, quand on étudie une masse sarcomateuse primitive, on voit qu’elle se borne à repousser les parties sans les dissocier. L’organe envahi se retire, pour ainsi parler, devant le tissu sarcomateux qui ne lui emprunte rien. Dans cette invasion les parties constitutives de l’organe disparaissent : ■ épithéliums, charpente fibreuse, vaisseaux.
Rarement les sarcomes envahissent les lymphatiques et se généralisent aux ganglions ; beaucoup plus fréquemment ils choisissent la voie veineuse et nous savons déjà, par l’exemple cité plus haut, qu’ils peuvent végéter à l’intérieur des veines sans subir de morcellement, en formant des bourgeons d’une longueur démesurée, que l’on peut suivre depuis la tumeur initiale jusque dans l’intérieur du ventricule droit.
Les épithéliomas purs rencontrent exceptionnellement des conditions aussi favorables à leur développement. Jamais en effet les vaisseaux des tissus qu’ils envahissent ne sont assez nombreux pour subvenir à leur entretien. D’ailleurs, les épithéliomas à allure envahissante détruisent ou obstruent les artères et les veines situées à quelque distance. Les tumeurs à marche plus lente les ménagent; malgré cela, les masses épithéliales ne sauraient acquérir des dimensions considérables; elles sont fatalement vouées à une destruction rapide. Seules, les parties situées au voisinage des régions vascularisées continuent à vivre.
Les sarcomes peuvent, au contraire, acquérir des dimensions énormes, sans présenter de désintégration, et cela n’est dû qu’aux nombreuses lacunes dont leur masse est sillonnée, lacunes perméables au sang et aux liquides nutritifs. Les destructions des sarcomes par blocs importants s’observent aussi, mais moins fréquemment et à la suite d’oblitérations vasculaires accidentelles.
A côté des épithéliomas et des sarcomes, il convient de placer des tumeurs méritant l’appellation de sarco-épithéliomes; elles suivent, dans leur progression, les mêmes lois que les précédentes. Les tumeurs complexes seront étudiées plus loin.
Modifications des cellules dans les tumeurs.
Aous venons d!étudier l’évolution générale des tumeurs en suivant ur accr°issement sur place et leurs divers modes de généralisa-
DES TUMEURS
tion. Cette revue préliminaire découlait naturellement des con 'h • tions développées à propos de la définition qu’il convient de i attribuer, puisqu’elles sont comparables à des tissus et que leurs ce/ Iules se disposent toujours par groupements fédératifs.
Il y a lieu de se demander maintenant quelles sont les modification-' intimes que présentent les cellules lorsqu’on les envisage isolément de puis le moment de leur apparition jusqu’à leur désintégration complète
Bien que les cellules néoformées rappellent, par leurs principaux traits, les cellules des tissus d’origine, elles en diffèrent toujours par certains détails faciles à constater. On peut dire qu’en général les éléments des tumeurs reproduisent en les exagérant les particularités histologiques appartenant aux cellules originelles. Souvent elles présentent un volume beaucoup plus considérable; leur protoplasma s’étale en plaques de grandes dimensions, les granulations sont plus apparentes. Dans les épithéliomas formés au niveau des épithéliums stratifiés, les. cellules sont unies les unes aux autres par des filaments et des prolongements protoplasmiques plus épais et plus nombreux qu’à l’état normal. D’autres cellules sont gigantesques comme celles de certains sarcomes et contiennent un nombre indéterminé de noyaux.
Lorsque les cellules proviennent d’organes où elles participent à des sécrétions ou à des élaborations particulières, on trouve ces propriétés augmentées dans les éléments qui en dérivent. Ainsi, par exemple, les épithéliums caliciformes sécrètent du mucus en plus grande abondance, il semble même parfois altéré comme dans la plupart des cancers colloïdes. Certains éléments du sarcome élaborent de la matière mélanique en quantité extraordinaire:
Cependant, ce n’est pas par ces seuls caractères que l’activité des tumeurs se révèle à nous. Malgré le nombre des éléments qui les constituent, les tumeurs ne remplacent jamais l’organe d’où elles proviennent, la ressemblance morphologique des cellules nouvelles avec les cellules d’origine qui permet de les reconnaître dans les régions les plus éloignées n’implique pas une identité de leurs propriétés physiologiques. D’une part, elles détruisent les organes où elles se développent; de l’autre, elles ébauchent des tissus irréguliers qui n’aboutissent jamais à l’édification d’un organe parfait et par conséquent utilisable. On rencontre ainsi des productions ostéoïdes et chondroïdes où les cellules osseuses et cartilagineuses prises isole ment sont reconnaissables, mais la plaque ossiforme ne contient m canaux de Havers ni lamelles concentriques. De même dans les chondromes, les cellules cartilagineuses sont disposées sans ordre,
multiplication des cellules
~ les épithéliomes cylindriques et caliciformes, les parties récem- ^ent produites ne constituent pas de glandes véritables, mais des cavités closes sans conduit excréteur. Les épithéliomas malpighiens •édifient pas dans la profondeur des lambeaux d’épiderme véritable, mais des travées et des blocs épidermoïdes , les sarcomes mélaniques ne se disposent pas en membranes rappelant la choroïde, les sarcomes an^ioplastiques semblent impuissants à édifier des réseaux vasculaires définitifs, bien que dans chaque masse nouvelle ils en recommencent l’ébauche.
Ces cellules, dont le rôle physiologique est singulièrement détourné de son but, présentent une suractivité parfois étonnante de leurs actes nutritifs, elle se traduit à nous par des modifications du plus haut intérêt, qui sont : 1° la multiplication des noyaux par voie directe ou indirecte; 2° l’emmagasinement des substances nutritives dont le glycogène nous représente assurément la plus importante.
A. Multiplication des noyaux dans les tumeurs. — Nous ne pouvons à propos de ce côté fort intéressant de l’histoire des tumeurs refaire en entier la description de la karyokinèse déjà présentée antérieurement.
D’ailleurs la karyokinèse ne représente pas le seul procédé de multiplication nucléaire, il en existe plusieurs autres : division directe par sectionnement régulier, division directe par sectionnement irrégulier appelé par certains auteurs fragmentation.
Division directe régulière. — Dans celle-ci, le noyau est unique et régulièrement arrondi ou ovoïde; au moment où la division doit se produire, on voit apparaître au niveau de son plus grand diamètre une encoche qui augmente peu à peu. Pendant ce temps, le nucléole s’étire en sablier, et, au moment où la fente du noyau atteint son centre de figure, le nucléole a été rompu dans sa partie la plus effilée, chaque moitié se trouvant contenue dans la partie correspondante du noyau fragmenté. Bientôt les masses nucléaires munies de leur nucléole sont distinctes et la division de la cellule s achève par la séparation du protoplasma en deux segments sensiblement égaux.
La division directe régulière peut se retrouver, d’après Borrel, dans les cellules munies d’un noyau bourgeonnant, la masse entière du noyau multilobê se comportant comme un noyau unique. Il est imposable de dire, d’après cela, si chaque cellule nouvelle contient une
quantité égale de matière nucléaire, d’autant plus que, même dans noyaux simples, la division du noyau n’est pas toujours rigoureusemen5 égale, une des cellules emportant avec elle une quantité de chromati supérieure à l’autre. C’est pour ce procédé de sectionnement irrégulier ou défectueux que J. Arnold a proposé le terme de fragmentation. 0n ne saisit pas au juste pour quel motif cette expression a été proposée car la fragmentation est une simple variété de la division directe. Il en est de même lorsqu’un noyau unique se divise directement en trois ou quatre parties : les plans de division ne passent] plus par le
Fig. 128. — Tumeur épithéliale présentant dans un très petit espace les modes les plus divers de la multiplication des noyaux (d’après Borrel). '
On y voit des noyaux bourgeonnants, des noyaux en couronne, d’aütres multilobés; en bas et a droite une plaque équatoriale simple, à gauche et sur le côté une plaque équatoriale a trois branches. A droite, au contraire, vers le milieu de la figure, une grosse cellule ovoïde où se reconnaissent déjà trois étoiles filles. Tout en haut et à droite, une division du noyau en quatre par étirement. Il existe aussi des cellules incluses.
A côté de la division par sectionnement, il convient de placer la division par étirement que Ranvier a signalée le premier en étudiant les cellules lymphatiques de Y axolotl. On voit successivement se produire l’allongement et la division des nucléoles, le bourgeonnement, l’allongement et l’étirement du noyau emportant avec lui un nucléole, distinct. Ce mode de division a été retrouvé par Borrel dans les noyaux multilobés, chaque noyau composé pouvant donner naissance à deux, trois, quatre, cinq noyaux filles (fig. 129).
MULTIPLICATION DES CELLULES
Les noyaux bourgeonnants ou multilobés présentent dans les tumeurs lès dispositions les plus variées, en'masses ovoïdes régulières en anneaux, ou tout au contraire en blocs informes poussant des prolongements irréguliers dans toutes les directions. Ces masses nucléaires occupant une cellule unique se forment-elles par une sorte de gemmation continue, ou résultent-elles de karyokinèses successives (Corail)? Cette question est difficile à trancher. Toutefois, dans les cellules d’un sarcome angioplastique, nous avons constaté assez fréquemment des états mûriformes et très bourgeonnants des masses nucléaires qui nous font penser avec Borrel que la gemmation simple
Fig. 129. — Formes plus ou moins complexes de la division directe par étirement (d’après Borrel).
est un phénomène assez fréquent. L’avenir de ces accumulations nucléaires est excessivement variable. Cornil les considère comme des noyaux à l’état de repos.
Elles peuvent, ainsi que nous l’avons vu, présenter la division directe par sectionnement ou étirement. Quelquefois elles persistent dans la cellule, la transformant en une sorte de myéloplaxe, disposition très fréquente dans les sarcomes. Ultérieurement, ces amas subissent des modifications rétrogrades, les noyaux pâlissent, deviennent translucides ou hydropiques, perdent leur chromatine et laissent disséminées dans le protoplasma des granulations chromatiques de dimension et d aspect assez variables, maintes fois confondues avec des parasites mtra-cellulaires lorsqu’elles sont entourées d’un espace clair, ainsi <iue le fait s’observe si fréquemment.
DES TUMEURS
Lorsqu’un fragment de noyau s’isole dans la cellule, entra' avec lui une partie du protoplasma, il peut en résulter la formatio d’une cellule endogène.
Karyokinèse. — Le mode le plus répandu de la division des noyaux et des cellules dans les tumeurs est celui de la karyokinèse.
Il est rare que dans une tumeur en activité on ne rencontre pas un nombre considérable de figures karyokinétiques à tous les stades.
On verra, par exemple, une grande quantité de plaques équatoriales vues soit de profil, c’est-à-dire représentées par un bâtonnet renflé soit de face, offrant l’aspect d’une bague. Le cheminement des anses chromatiques sur les filaments s’observera à toute distance de l’équateur jusqu’au moment où elles arrivent aux pôles pour former les noyaux secondaires.
Mais souvent les figures se compliquent; la karyokinèse, au lieu d’être simple, est multipolaire, suivant des observations déjà faites par Arnold, Martin, Corail, Siegenbeeck van Heuckelom, Schottlânder, Borrel, Hansemann. Corail a décrit avec soin la division par trois, par quatre et même par cinq, ainsi que les altérations karyokinétiques des noyaux (voir fig. 137 et 138).
On rencontre fréquemment des plaques équatoriales à trois branches, d’autres à quatre et cinq branches. Dans les figures à quatre branches, les plaques équatoriales sont presque toujours très régulièrement disposées et perpendiculaires l’une à l’autre. Borrel a retrouvé, dans une tumeur particulièrement favorable à ce genre d’observations, des karyokinèses multipolaires de toute variété avec la formation très nette des fuseaux achromatiques et l’emplacement exact des asters ne laissant aucun doute sur la signification des figures à deux ou plusieurs branches formées par les plaques équatoriales avant leur cheminement sur les filaments du fuseau. Ces plaques sont parfois d’une grande complexité, caron ne les observe pas toujours sous une incidence favorable à leur examen. Il a pu distinguer jusqu’à six sommets correspondant à autant de noyaux filles (fig. 130).
La division directe des noyaux simples ou multilobés, soit par sectionnement, soit par étirement, les bourgeonnements nucléaires sans division cellulaire consécutive, les karyokinèses multiples aboutissant ou non au sectionnement des cellules, les plaques équatoriales à plusieurs branches, les étoiles multipolaires, les cellules endogènes, peuvent se rencontrer dans la même tumeur, indiquant une suractivité prodigieuse des phénomènes de multiplication. Quelle que soit lem
KARYOKINÈSE
lexité, toutes ces figures ont la même valeur, à tel point qu’un ^^iasmepeut se développer très vite en ne présentant que des divi- !ion= directes uninucléaires et des karyokinèses simples, tout au plus
trilobées.
Les autres formes accusent davantage la tendance des cellules de j tumeur à s’accroître, elles sont intéressantes à signaler, mais n’ajoutent que peu de chose à l’ensemble du phénomène.
Sans aller aussi loin que Waldeyer qui émet l’hypothèse que le processus karyokinétique se passe dans le cadre d’une figure se divi-
Fig. 130. — Différents stades de la karyokinèse multipolaire par trois, quatre et six. (d’après Borrel).
Les trois dernières figures représentent la disposition des étoiles filles au moment où apparaît la division cellulaire.
sant en fait d’une manière amitotique ou directe, il faut reconnaître que dans leurs résultats les divisions directes multipolaires et les karyokinèses multipolaires sont équivalentes.
Dans les deux cas il y a le même nombre de cellules produites par un procédé rapide avec une quantité sensiblement égale de substance nucléaire.
Toutes les régions d’une tumeur ne présentent pas de multiplications nucléaires aussi abondantes que celles dont il vient d’être question. Mais la seule constatation du fait démontre, en même temps ;que 1 intensité des actes nutritifs intra-cellulaires, l’absence de toute règle et de toute direction dans c’es proliférations désordonnéès.
Par le fait elles sont excessives, les protoplasmas et les noyaux
DES TUMEURS
acquièrent des dimensions anormales, en dehors des proportio développement physiologique. Il était à supposer qu’en regard de ° particularités histogéniques si curieuses, les cellules devaient ^ senter une certaine exaltation des phénomènes biologiques et particulier des actes de leur nutrition ; c’est ce que nous allons actuel lement examiner.
B. La glycogénèse dans les tumeurs. — Nous sommes arrivé à établir dans une série de mémoires que la glycogénèse constituait une des fonctions les plus constantes, les plus importantes des cellules en voie de multiplication et d’hypernutrition. Les tumeurs, loin de se soustraire à cette règle, présentent au contraire une production de glycogène hors de proportion avec ce que l’on constate à l’état normal, même si l’on considère les tissus fœtaux en voie de développement. C’est à ce point de vue qu’il faut envisager cette question et ne la point considérer comme une simple curiosité de laboratoire.
Les premières constatations de la présence du glycogène dans les tumeurs ont été faites par Chambard dans un sarcome primitif de l’extrémité supérieure du tibia, par Cornil et Ranvier dans les enehondromes à marche rapide, par Schiele dans certains épithéliomas cutanés et dans un cancer du testicule, par Langhans dans des tumeurs assez diverses (épithéliomes, sarcomes). Les réserves faites par ce dernier à propos des tumeurs de la mamelle, de la peau, de la parotide, des ganglions où l’on n’en rencontrerait pas d’habitude, l’inconstance des résultats qu’il obtint dans un grand nombre de faits, s’opposèrent à ce qu’il présentât des conclusions générales. Depuis, certains auteurs comme Lukjanovv ont si mal interprété la présence du glycogène dans les tumeurs qu’ils en ont fait un signe de désintégration cellulaire. Mais, d’autre part, l’étude méthodique que nous avons entreprise de cette question nous a permis de montrer toute l’importance du phénomène.
Le point de départ de nos recherches fut le suivant : les tumeurs étant assimilables à des tissus irréguliers sans doute, mais dont les différents types morbides sont histologiquement définis, devaient présenter les mêmes actes biologiques que les tissus considérés pendant les premières périodes de la vie embryonnaire; or ceux-ci sont, on le sait, le siège d’une glycogénèse abondante. L’observation vint démontrer que les tumeurs se comportent de même sans exception, pas toutes cependant au même degré.
Il faut rappeler, en effet, que les tumeurs, à l’exemple des tissus de
GLYCOGÉNÊSE
l’embryon, offrent des périodes d’accroissement et des périodes de
0s En outre, certaines de leurs parties semblent vivre comme des tissus adultes dans un état d’équilibre parfait, sans exagération des phénomènes nutritifs. Aux périodes d’accroissement correspond uae élaboration glycogénique intense, aux périodes de repos une absence totale du phénomène.
Aussi l’abondance- du glycogène est-elle intimement liée à la puissance d’expansion des tumeurs et à la rapidité de leur développement. Sur ce point, il ne peut exister aucun doute, nous n’avons jamais rencontré d’observation contraire. Pour contrôler le phénomène, il faut s’adresser de préférence aux tumeurs dont on peut suivre l’évolution, celles qui prennent leur origine dans les organes accessibles à la vue.
Technique. — Précautions à prendre. — Les procédés que l’on peut mettre en usage pour déceler le glycogène sont ceux .qui ont été utilisés par Erlieh et par Straus dans leurs recherches sur les altérations du rein dans le diabète.
Autant que possible, on prélèvera sur les tumeurs des. fragments d’épaisseur faible. Ces fragments peuvent cependant être assez larges, l’essentiel est qu’ils soient minces et rapidement pénétrés par le réactif. .
Le fixateur de choix est l’alcool absolu, puis l’alcool à 95 degrés. Dès alcools plus faibles ont encore une action coagulante suffisamment énergique. Les meilleurs réactifs sont ensuite le formol de 5 à 10 pour 100, le sublimé en solution assez concentrée. La liqueur de Muller est beaucoup moins efficace. Les fragments inclus dans le cpllodion conservent tout leur glycogène. Les coupes prélevées sur les fragments durcis doivent être reçues dans un cristallisoir rempli d’alcool absolu ou d’alcool fort à 95 degrés, puis montées directement sur lame, fixées par demi-dessiccation et recouvertes de gomme iodée (solution de Gram rendue très sirupeuse par l’addition d’une quantité suffisante de gomme).
Le contact de la gomme avec la coupe peut être maintenu pendant deux ou trois heures, puis celle-ci est recouverte d’une lamelle pour empêcher l’évaporation. Le lendemain, la préparation peut être lutée très exactement.
Malgré l’assertion contraire, la pression de la lame sur la coupe ne fait pas disparaître le glycogène, les préparations se conservent indéfiniment.
Le glycogène étant peu stable, on a tout intérêt à pratiquer les
COBîitL et ranvier. 19
recherches sur des tissus en excellent état de conservation tumeurs récemment enlevées sont à ce point de vue préférables ^ pièces d’autopsie recueillies dans de mauvaises conditions d’exanu^ 11 faut tenir compte, en effet, de l’influence de la température de 1 rapidité de la putréfaction, des circonstances dans lesquelles la mort est survenue. Les processus suppuratifs ou toxi-infectieux développés au cours d’une longue cachexie peuvent faire disparaître la plUs
grande partie du glycogène
incorporé.
En hiver, les organes
souffrent peu de la décomposition cadavérique, aussi retrouve-t-on le glycogène dans les variétés de néoplasmes où la glycogénèse se manifeste habituellement. L’intégrité des organes pendant la saison froide nous apermis d’étudier avec soin les tumeurs de l’estomac, du pancréas, du foie, du rein, du mésentère, du médiastin, du poumon, de la cavité crânienne.
Parmi les tumeurs qui
proviennent d’opérations, les résultats sont variables également. Quelques-unes sont en effet ulcérées et putrilagineuses, tels certains épithéliomas de la face, de la langue, de l’anus, du col utérin, en somme toutes les tumeurs
en voie de destruction, ouvertes largement soit à l’air libre, soit à la surface d’une cavité naturelle. D’autres néoplasmes volumineux se développant dans l’intimité des organes à l’abri de toute influence extérieure, dans le sein, la parotide, le testicule, seront littéralemen remplis de matière amylacée.
— si
Fig. 131. — Sarcome du testicule à cellules polyédriques. Cellules isolées (Brault). Archives des sciences médicales, t. I, pl. 19. — Grossissement de 550 diamètres.
Les cellules contiennent un seul noyau ovoïde assez volumineux n. Le glycocène existe à l’état de gouttes de toute dimension : gl, gl. Ces gouttes peuvent être assez abondantes pour masquer le noyau.
GLYCOGÉNÈSE
Aspect du glycogène dans les tumeurs. — Sous quelle forme se résente le glycogène dans les tumeurs? Presque constamment à l’état de gouttelettes de dimensions variables comme celles de la graisse, uelquefois à l’état de flaques présentant une forme semi-lunaire ou en croissant, ou de petites plaquettes à contours irréguliers. Lu glycogène est manifestement intra-cellulaire (fïg. 131). Les quelques gouttelettes aperçues en dehors des cellules ont été transportées par les diverses manipulations, le protoplasm’a seul paraît en contenir; nous n’en avons pas constaté d’une façon certaine dans le noyau. D’ailleurs, lorsque le glycogène infiltre presque complètement la cellule, il est impossible de distinguer le moindre détail dans le protoplasma, tellement la coloration est intense. Sur les coupes examinées directement sur lame sans avoir été soumises à l’action d’aucun réactif, le glycogène apparaît sous forme de gouttelettes ou de petits blocs clairs, absolument translucides, présentant un éclat et une réfringence moindres que les granulations graisseuses. .
Distribution du, glycogène suivant les tumeurs. — Les épithéliomas d’origine cutanée appelés cancroïdes, ainsi que ceux qui prennent naissance au niveau des glandes de la peau, sébacées ou sudoripares, des dermo-muqueuses (langue, muqueuse buccale, œsophage, marge de l’anus, col utérin dans sa partie vaginale, larynx, pénis, urètre, etc.)y renferment une très notable proportion de glycogène. Celui-ci se trouve d’une façon constante dans les parties récentes en voie d’accroissement, il indique très exactement les régions de la tumeur en activité.
Lorsque l’épithélioma renferme de nombreux globes épidermiques, la distribution du glycogène dans ces globes est exactement calquée sur la répartition de la même substance dans l’évolution épidermique lorsque la peau vient à être irritée. Surtout abondant dans les couches de cellules situées vers la périphérie de la figure géométrique correspondant aux globes, le glycogène manque tout à fait dans la partie centrale où la kératinisation est complète. Dans les travées épithéliales °ù ne s’individualisent pas de globes épidermiques, le glycogène peut occuper les cellules de la travée entière. Mais le tissu conjonctif codifié qui entoure les végétations ne présente jamais aucune trace e glycogène. C’est pourquoi il est toujours facile de suivre le développement excentrique d’un épitbélioma, la limite entre la tumeur et les sains étant toujours exactement fixée par la ligne brun acajou lue détermine la gomme iodée sur les parties infiltrées de glycogène.
DES TUMEURS
La même réaction se retrouve sur les ganglions envahis sans quel tissu lymphoïde lui-même présente la moindre modification (fig ^ Les artérioles et les veinules situées au voisinage des épithéliom ^ atteintes d’endartérite et d’endophlébite oblitérante ne contiennent pas de glycogène dans les parties néoformées. Mais les glandes séba
cées, les glandes sudoripares et les gaines des poils les plus rapprochées
Fig. 132. — Ganglion envahi par un épithélioma pavimenteux lobulé (Brault). Archives des science médicales, t. I, pl. 16. — T, c, tissu conjonctif épaissi limitant de grands espaces où sont disposées les travées épithéliales dont les cellules présentent l’évolution épidermique. La plupar des cellules contiennent une grande quantité de glycogène gl, gl. —r Grossissement de 70 diam- Cette figure est destinée à montrer que la répartition du glycogène dans les tumeurs ganghonnair est identique à celle de la tumeur primitive. Les épithéliomas à cellules cylindriques donne dans les ganglions des figures analogues à la figure 133.
de la tumeur manifestent une suractivité nutritive intense. La substance amylacée occupe presque exclusivement dans le poil la gaine externe, qui est, on le sait, un prolongement du corps muqueux de Malpigbi- Elle manque dans les couches les plus internes, qui appartiennent au poil lui-même (couche de Henle, couche de Huxley), et se retrouve quelquefois dans l’axe même du poil au niveau des cellules médullaires- Ces modifications ne s’observent que dans un certain rayon, e® dehors du cercle d’irritation les poils reprennent leur disposition h^1
GLYCOGÉNÈSE
tuelle. Les glandes sudoripares, les glandes sébacées participent à la Ivcogénèse. mais beaucoup moins activement.
g ' Les glandes salivaires examinées au niveau des lèvres, des joues, du plancher de la bouche, de la langue, du pharynx, les glandes laryngées, celles du col utérin ne nous ont jamais présenté de modifications
analogues.
Il en est tout autrement lorsque les épithéliums à cellules cylindriques, cubiques ou caliciformes, au lieu de se trou ver. dans la sphère d’irritation provoquée par une tumeur, sont eux-mêmes le point de départ d’un épithélioma. On sait quelle est la fréquence de ces tumeurs constituées par un revêtement cellulaire disposé sur une seule couche. La plupart des cancers du tube digestif (estomac, intestin, cæcum, S iliaque, rectum), ceux qui prennent naissance au niveau des canaux excréteurs des glandes (canal cholédoque, canal pancréatique, canaux et vésicule biliaires), les épithéliomas du corps de l’utérus correspondent à ce type particulier de néoformations.
Ces épithéliomas diffèrent les uns des autres par certains détails déstructuré; l’espace circonscrit ou limité par les cellules étant suivant chacun d’eux de formes et de dimensions variables, la répartition du glycogène ne varie pas. On le trouve d’une façon constante dans toutes les parties de la tumeur où la prolifération est accentuée. Rien n’est plus saisissant que l’ensemble des figures formées par les rangées de cellules sous l’action de l’iode ; les moindres replis des palissades épithéliales sont exactement dessinés et tranchent par leur coloration brun acajou sur les prolongements fibro-vasculaires dont la teinte persiste uniformément jaune. La réaction glycogénique met ici en évidence l’activité nutritive des épithéliums en voie d’accroissement, en opposition avec l’inertie apparente des tissus conjonctifs envahis par eux. L’épithélioma cylindrique du corps de l’utérus peut servir de typé pour ce genre d’étude (fig. 133).
Ces particularités se constatent à toute distance des noyaux primitifs de la tumeur et dans les nodules de généralisation organiques ou ganglionnaires;
Nous avons déjà indiqué que les épithéliomas du tube digestif souvent ulcérés et soumis à des destructions d’ordre multiple ne contenaient pas toujours une grande proportion de substance amylacée: Quand la réaction manque au niveau des tumeurs primitives, il faut la chercher dans les noyaux situés à distance. Parmi les formes qui en
294 DES TUMEURS
contiennent peu, il faut citer le cancer colloïde ; cependant en nant les zones périphériques de la tumeur ou les ganglions di nage alors que les cellules nouvellement formées n’ont pas subi la transformation colloïde, on trouve une accumulatii
Fig. 133. — Epithélioma primitif du corps de l’utérus (Brault). Archives des sciences médicales, t. U pl. 14. — Grossissement de 35 diamètres. ^ .
Le tissu utérin à peu près normal Tu, Tu est creusé de cavités irrégulières, tapissée» d’épithéliums cylindriques disposés sur une ou plusieurs couches. Toutes les cellules e, e, son remplies de glycogène. La paroi utérine n’en contient pas
accentuée de substance glycogénique. Des faits semblables ne constituent pas une exception à la loi de la formation du glycogène par les cellules ; dans le cas où les tumeurs sont détruites en partie ou se développent plus activement après avoir eu des moments d’arrêt, on ne peut constater la glycogénèse que dans les régions récemment formées.
La répartition du glycogène au niveau des tumeurs développée5 dans l’intimité des glandes et des organes les plus compliqués ne subit
ne variation importante, alors même que le néoplasme prend la aUC oSit;ion carcinomateuse, c’est-à-dire en amas cellulaires polymorphes disséminés dans un tissu conjonctif plus ou moins serré. Toujours on retrouve la richesse glycogénique des éléments proportionnée à la puissance d’expansion de la tumeur. Le contraste des
Fig. 134. — Épithélioma de l’ovaire (Brault). Archives des sciences médicales, t. I, pl. 15.
Grossissement de 100 diamètres.
Te, T c, tissu conjonctif assez dense, contenant peu de cellules, représentant la trame de la tumeur; e, e, masses épithéliales de formes diverses affectant la disposition carcinomateuse dont la plupart des cellules contiennent une quantité notable de" glycogène.
teintes, sous l’action de l’iode, distingue les cellules épithéliales du tissu conjonctif environnant.
Les cancers du sein et de l’ovaire présentent ainsi la disposition de l’ancien carcinome alvéolaire dont les travéees sont d’une teinte jaune uniforme, tandis que les cellules dessinées par l’iode se présentent en petits amas plus ou moins allongés contenant de quatre à douze et quinze cellules (fig. 134). Les épithéliomas du testicule, du rem, de la parotide sont formés en général par des agencements cellulaires plus compliqués, les cellules étant disposées sur plusieurs cou-
DES TUMEURS
ches. Aussi l'imprégnation par l’iode donne-t-elle des réactions béai
plus étendues et plus énergiques, si bien que, peu de minutesUC°Ul1 l’action du réactif, la coupe prend une coloration brune très intens^ Toutes ces glandes, surtout l’ovaire, le testicule, la parotide moins fréquemment le rein, plus rarement encore la mamelle, donnent naissance à des tumeurs composées où plusieurs tissus se développent simultanément. En ce cas, les cellules du tissu muqueux, les cellules épithéliales, les éléments du cartilage se multiplient au voisinage les uns des autres, comme s’ils appartenaient à autant de tumeurs indépendantes. Les néoplasmes du pancréas se rapprochent beaucoup des* précédents, et nous n’avons rien à ajouter à ce que nous en avons dit.
Quant aux cancers du foie, ils ne font pas exception. Qu’un épithélioma hépatique offre la disposition radiée, trabéculaire, adénomateuse, épithéliale en gros amas, quelle que soit d’ailleurs la forme des . cellules, le glycogène se rencontre toujours en abondance, quelquefois en plus grande quantité que dans le foie normal.
L’accumulation des grains glycogéniques peut être assez accentuée pour que les coupes soumises à l’action de l’iode prennent une coloration brunâtre virant sur le noir, au lieu de la teinte acajou habituelle. Ainsi, malgré les modifications profondes qu’elle a subies, la cellule hépatique conserve la propriété d’élaborer le glycogène* cette fonction semble même exaltée, mais il n’est pas certain que les métamorphoses ultérieures de ce glycogène soient analogues à celles que l’on attribue aux cellules du foie normal.
Les tumeurs développées secondairement dans le foie trouvent l’organe tantôt dénué de glycogène, tantôt assez riche en substance amylacée. Une disposition des plus curieuses sur laquelle nous avons, à différentes reprises, attiré l’attention est réalisée par certains cancers delà tête du pancréas compliqués d’ictère chronique. Les tumeurs secondaires greffées dans le foie peuvent contenir une quantité très notable de glycogène, alors que les cellules hépatiques teintées en vert par la bile en sont dépourvues (fig. 135).
La disparition du glycogène hépatique peut s’expliquer en pareil cas par la persistance de la rétention biliaire. Encore faut-il que l’hypertension dans le système des canaux biliaires soit assez élevee, car l’ictère à lui seul ne suffît pas à détruire totalement le glycogène.
L’inanition et la cachexie cancéreuse expliquent aussi, en partie? la diminution du glycogène hépatique. Nous avons en effet Televe d’assez nombreuses observations où le foie, non infiltré de bile, con-
tient une proportion très faible de glycogène, alors que des tumeurs écemment formées dans le foie ou ailleurs présentent la réaction glycogénique. Il faut donc accepter que les éléments des tumeurs en voie d’accroissement sont les seules parties qui dans un organisme épuisé conservent encore la faculté d’emmagasiner les réserves nutritives.
Les tumeurs d’origine conjonctive, les sarcomes se comportent exactement comme les épithéliomas. Déjà Langhans avait relevé plu-
Fig. 135. — Épithélioma secondaire du foie (Brault). Archives des sciences méd cales, . t. I, pi. 15.
Grossissement très faible à la loupe (4 diamètres).
L’épithélioina primitif occupait la tête du pancréas.
Les lobules hépatiques très reconnaissables à leur forme l, h, l, h, l, h, sont presque entièrement teintés en vert par la bile. Les régions envahiés par l’épithélioma e, e, contiennent seules du glycogène. Dans les parties infiltrées de bile on trouvait de nombreux calculs biliaires microscopiques. ,
sieurs faits démonstratifs. Dans la nombreuse série de ceux que nous avons eu à examiner, nous avons toujours trouvé le glycogène très abondant dans les cellules. L’élaboration glycogénique s’effectue dans beaucoup de cas avec une activité surprenante.
Il était important de constater le phénomène dans les sarcomes, car c’est par eux que l’on arrive à pouvoir établir le caractère absolu de la glycogénèse dans les tumeurs, et à montrer que cette élaboration est une fonction cellulaire générale qui n’appartignt pas aux épithéliums seuls. Les cellules fusiformes, étoilées, obrondes ou polyédriques que l’on rencontre dans les sarcomes des glandes (testicule,
DES TUMEURS
mamelle, parotide) sont plus riches en glycogène que les élément d’un grand nombre d’épithéliomas.
L’observation démontre, en effet, qu’un grand nombre de sarcomes glandulaires présentent une marche extrêmement rapide et des ré missions à peine appréciables.
Les sarcomes des membres, ceux des organes profonds sont comparables aux précédents lorsque leur évolution se fait vite.
Toutefois, certains sarcomes contiennent une proportion relativement faible de glycogène, tels le sarcome mélanique et le sarcome angioplastique. Ces deux variétés aboutissent en effet très rapidement, l’une à élaborer une quantité prodigieuse de pigment mélanique l’autre à fabriquer des cellules hémoglobiques et des globules rouges jusqu’au moment où les cellules semblent avoir épuisé toute leur action. Dans les sarcomes mélaniques, le glycogène n’est facile à mettre en évidence que dans les cellules des masses périphériques en voie d’accroisspment. Ces cellules sont généralement peu ou pas pigmentées. Dans les sarcomes angioplastiques, il en est de même, les cellules à noyaux multiples de la périphérie présentent la réaction par l’iode; celles du centre des tumeurs, où la formation sanguine est achevée, ne l’offrent plus.
Les lymphadénomes véritables se distinguent facilement des simples lésions inflammatoires. Sous ce nom, il faut entendre seulement les néoformations capables d’édifier, dans un organe où le tissu lymphoïde n’existe pas normalement, des masses de cellules lymphatiques soutenues par un tissu réticulé très apparent formant la charpente de la tumeur. La glycogénèse peut s’y observer d’une façon très manifeste. Pour le comprendre, il faut remarquer que les cellules des lymphadénomes ne constituent pas de simples exsudats soumis aux variations incessantes des produits inflammatoires, elles ne sont pas davantage indépendantes les unes des autres, mais forment, par leur disposition dans le réticulum lymphatique, un tissu nouveau dont l’architecture est nettement déterminée.
Les cellules lymphatiques appartenant aux lymphadénomes se montrent, au point de vue de leur aptitude à élaborer le glycogène, bien différentes des cellules lymphatiques agglomérées dans les exsudats inflammatoires où cette fonction ne s’observe que dans des circonstances assez rares (première période des inflammations aiguës), mais manque dans les toxi-infections rapides ainsi que dans les inflammations lentes et chroniques.
En s’appuyant sur les considérations précédentes, on est autorisé • conclure que, dans l’ordre des tumeurs, la glycogénèse est une proriété qui apparaît dans les éléments épithéliaux, connectifs et vasculaires aussitôt que la suractivité de leur nutrition l’exige. Cette fonction cellulaire est universelle. De tous les actes de la cellule, c’est à n’en pas douter l’un des plus importants, beaucoup plus général que celui
Fig. 136. — Déciduome malin (Brault). Archives des sciences médicales, t. I, pl. 20. - Très faible grossissement : A diamètres. Dessin fait à la loupe (d’après l’observation de Toupet et Hartmann).
L’utérus est sectionné vers sa partie supérieure suivant une coupe qui comprend l’épaisseur de la paroi. La cavité utérine est située du côté de la ligne festonnée qui occupe la partie inférieure de la figure. La ligne f, p, f, p, correspond à la face péritonéale. Le tissu utérin ne présente aucune modification. La tumeur d est dessinée comme à l’emporte-pièce par la réaction
de la division directe ou indirecte. La glycogénèse n’est nulle part Plus évidente que dans les tumeurs malignes. Elle trouve sa mesure exacte dans la puissance d’expansion et de prolifération des néoplasmes. Elle ne peut être comparée qu’à la glycogénèse observée chez l’embryon aux différentes périodes du développement, où l’on voit tour a tour la peau et ses replis, les glandes qui en naissent, les muscles sous-jacents présenter une infiltration glycogénique extrêmement Prononcée. Toutes ces parties sont dessinées avec la plus grande
DES TUMEURS
fidélité par l'imprégnation que l’iode révèle au niveau des v infiltrés de glycogène. Nous avons pu suivre ainsi sur le f SUS humain et sur des embryons de divers animaux le développement ^ l’arbre trachéo-bronchique déjà indiqué par Rouget et Cl. Bernard6 Celui des artères, et des veines interlobulaires dans le poumon celu' du cœur, des capillaires et de leurs endothéliums, des membraneç connectives telles que la pie-mère cérébrale, des parois fîbro-mus culaires comme la vessie, des glandes de l’intestin, des cartilages du squelette, des os du crâne, de la langue, des membranes de l’œil des poils et même des lobules adipeux.
Le seul réactif nécessaire pour suivre tous ces détails est l’iode puisqu’il indique avec la plus scrupuleuse exactitude les moindres inflexions des épithéliums, les plus fines modifications des glandes.
Toutefois la glycogénèse observée chez l’embryon obéit à certaines règles, elle se fait avec mesure et suit exactement les lignes tracées par le développement normal. Dans les tumeurs au contraire, la répartition du glycogène rappelle par son irrégularité le désordre que l’on retrouve dans la distribution- des éléments anatomiques; aussi, dans certaines régions, le trouve-t-on à l’état de dépôts beaucoup plus considérables que ceux existant dans les tissus normaux.
La glycogénèse des tumeurs est donc anormale et excessive, soulignant pour ainsi dire la monstruosité du développement.
Valeur diagnostique et pronostique de la glycogénèse dans les tumeurs. — Au point de vue du diagnostic la présence du glycogène n’a qu’une importance relative, carie diagnostic se fait à l’aide de notions histologiques exactes. On saura toujours différencier un polype glandulaire à épithélium cylindrique, une muqueuse enflammée, d’un épithélioma développé au niveau des mêmes régions. Sans doute, dans ce dernier cas, les cellules peuvent contenir du glycogène alors que dans les deux premiers il fait habituellement défaut; mais un épithélioma à cellules cylindriques dépourvu de glycogène n’en est pas moins reconnaissable., à la disposition des masses épithéliales dans là région considérée, cet agencement particulier entraînant avec lui l’idée de tumeur de mauvaise nature.
D’un autre côté, il est possible qu’une tumeur à allure bénigne, prenant tout d’un coup un accroissement rapide, contienne dans les régions récemment formées du glycogène en certaine proportion. Ces faits, malgré leur rareté, doivent être connus ; nous les avons vérifiés sur lés fibro-myomes utérins.
GLYCOGÉNÈSE
Ainsi, bien que dans la très grande majorité des cas la glycogénèse observée dans les tumeurs chez l’adulte ait une signification diagnostique et pronostique indiscutable, ce caractère n’est pas absolu, car un épithélioma sans glycogène peut s’accroître par la suite, tandis que les corps fibreux glycogénés conservent malgré tout leur caractère de bénignité relative.
Mais là où la glycogénèse présente une valeur pronostique indiscutable, c’est lorsqu’elle apparaît sur un tissu dont la variété histologique correspond à l’une des formés aujourd’hui nettement déterminées d’épithéliomas, de sarcomes, de tumeurs à tissus multiples. Et ce sont de beaucoup, nous le savons, les exemples les plus: fréquents. La constatation du glycogène en pareille circonstance indique une puissance d’expansion peu commune et acquiert par cela même une valeur pronostique immédiate.
La recherche du glycogène est à notre sens la seule . méthode d’examen qui nous permette actuellement de dire si une tumeur est en activité ou dans une période de rémission. Que l’on suppose par exemple deux cancroïdes de la lèvre inférieure dont l’un contient du glycogène et l’autre pas, histologiquement ils sont semblables. Mais que l’on constate sur le premier un certain nombre de figures de multiplication directe ou indirecte des noyaux et que l’on mette la glycogénèse en évidence, il ne peut subsister aucun doute, l’épithélioma est en pleine évolution. La réaction glycogénique montre avec une délicatesse extrême tous les points où la tumeur est en voie d’accroissement. On observera de même la pénétration des prolongements épithéliaux d’un cancer du sein dans les mailles des lobules adipeux, les cellules épithéliales remplies de glycogène se détachant avec une netteté remarquable sur les vésicules graisseuses. Dans toutes les parties où les tumeurs pénètrent, on voit ainsi des groupes de cellules comme placées en avant-garde, formant une tache brune sur les tissus qui les environnent et marquant la voie par laquelle l’envahissement cancéreux se propage. Dans les sarcomes, où les nodules erratiques sont moins nombreux et moins fréquents, les lobulations périphériques de la tumeur dessinent dans tous les organes envahis de larges festons dont la teinte brun acajou exagère le contour.
Nous avons indiqué précédemment que des tumeurs volumineuses ayant évolué en quelques mois pouvaient contenir dans leur masse une quantité énorme de glycogène. Mais, lorsque les tumeurs sont Plus âgées, il faut savoir choisir les fragments car celles qui atteignent
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un grand volume ne se développent pas également dans toutes directions.
On devra par suite chercher à la périphérie les points les pi^ translucides formant dans les organes des îlots d’une grande netteté8 Les nodules épithéliaux ou sarcomateux à l’état de repos ont moins dé transparence; lorsqu’ils présentent l’aspect plâtreux en même temps qu’un reflet jaunâtre, il y a toute probabilité pour que le glycogène fasse défaut.
Si l’on a des doutes sur la présence du glycogène, il vaut mieux multiplier les examens, d’autant que la recherche de cette réaction est très rapidement obtenue et ne nécessite pas de manipulations compliquées.
Signification de la glycogénèse dans les tumeurs. — L’étude de la glycogénèse dans les tumeurs conduit à des déductions d’un grand intérêt. En la comparant en particulier à celle qui se manifeste dans les lésions d’origine inflammatoire, on arrive à constater ceci : l°qu’à la suite des infections les plus graves, des processus toxi-infectieux, des empoisonnements, le glycogène disparaît rapidement de tous les tissus qui en contiennent. L’expérimentation, en dehors des maladies spontanées, a déjà réussi à établir que toute trace de glycogène ne peut être reconnue dans le foie à la suite de l’inoculation du Bacillus anthracis ou de sa toxine, à la suite des processus destructifs provoqués par certains ferments, l’amvlase (Marmier). Dans ces conditions, d’ailleurs, les cellules lymphatiques sont peu mobiles, la diapédèse n’apparaît pas ;
2° Que, tout au contraire, plus l’évolution d’un épithélioma ou d’un sarcome est rapide et la marche envahissante, plus les cellules de la tumeur renferment de glycogène. La substance amylacée dont les tumeurs sont largement pourvues n’a pas de tendance à disparaître, elle persiste assez longtemps. C’est là un nouveau contraste d’ordre biologique qui permet de séparer nettement les tumeurs des infections et de dire qu’elles sont constituées par des néoformations cellulaires ayant une vie indépendante. Elles présentent, on le voit, des propriétés communes avec les tissus de l’embryon;
3° Dans les inflammations à allure lente et subaiguë, la glycogénèse ne fait pour ainsi dire jamais apparition, parce que l’édifîcation du tissu conjonctif nouveau se poursuit d’un pas égal. Ainsi peut-on le remarquerpourlesproduits tuberculeux, syphilitiques, actinomyco'siques, etc. Si les parasites provocateurs de la lésion sont d’un volume plus
considérable, on remarque que ce sont eux qui présentent la réaction dvcogénique. Nous avons déjà signalé la présence du glycogène dans ie5 coecidies oviformes du foie chez le lapin domestique, dans les strongles occupant les bronches et les alvéoles pulmonaires (pneumonie vermineuse des moutons), dans la membrane fertile ou prolifère des kystes hydatiques chez l’homme.
Les tissus de granulation développés autour de ces parasites né contiennent presque jamais de substance amylacée, les tissus conjonctifs jamais.
La glycogénèse est, en résumé, fonction de tout organisme qui se développe avec une certaine activité, sinon avec excès; elle rend évidente dans les tumeurs la prodigieuse vitalité des cellules dont on ne trouve aucun fait comparable dans toute la série des réactions organiques provoquées par les parasites. Dans l’infection charbonneuse, logiquement ce seraient les bacilles qui devraient en contenir.
Sources du glycogène dans les tumeurs. — L’histoire de la glycogénèse dans les tumeurs montre que ces tissus pathologiques savent discerner parmi les substances nutritives contenues dans le sang ou les plasmas qui les baignent, les matériaux indispensables à l’élaboration du glycogène.
Partout où une tumeur apparaît, le phénomène se produit, que le foie soit ou non en état d’élaborer le glycogène normal.
Les faits précédents l’établissent. La démonstration serait cependant incomplète, si nous n’avions pu relever des observations aussi paradoxales en apparence que celles relatées quelques pages plus haut sur le développement de tumeurs chargées de glycogène dans le foie qui n’en contient plus.
Le fait est cependant réel, si bien que, toutes réserves faites sur le rôle à peu près universellement accepté depuis Claude Bernard du glycogène hépatique et de sa transformation en sucre, on doit reconnaître que le glycogène contenu dans les tumeurs subit des métamorphoses différentes, puisque même à doses énormes il ne produit pas la glycosurie.
En comparant les unes aux autres la glycogénèse embryonnaire, la glycogénèse hépatique et celle des tumeurs, on voit que dans toutes trois le glycogène apparaît comme réserve alimentaire et que la faculté de 1 élaborer appartient à tous les tissus.
DES TUMEURS
Discussion de la théorie parasitaire des tumeurs.
Il n’existe peut-être pas de discussion plus difficile à suivre que celle qui a trait à l’origine parasitaire des tumeurs. Ce n’èst pas, à vrai dire, qu’elle présente des difficultés insurmontables, mais à tout moment elle change d’objet. A peine l’attention est-elle attirée sur une forme cellulaire, considérée comme caractéristique, que peu de temps après on la voit abandonnée. L’histoire des variations et des fluctuations de cette doctrine comporte un nombre considérable de travaux, dont aucun malheureusement n’a apporté la lumière complète. Les formes nouvelles se succèdent les unes aux autres sans aucun profit.
De nouvelles méthodes de recherche sont indispensables pour sortir de cette période absolument stérile, caries techniques employées jusqu’à ce jour ont certainement dit leur dernier mot.
D’ailleurs, les partisans de la doctrine parasitaire ne se dégagent jamais, de cet à priori que le parasite est toujours situé à l’intérieur de la cellule. Pour avoir l’explication de cette idée fixe, il faut remonter à l’origine de cette étude, et l’on verra, comme Fabre-Domergue l’a d’ailleurs fait remarquer dans une critique des plus documentées, que le parasitisme des néoplasmes est né d’une erreur flagrante.
JNpisser, en effet, le premier, soutint la nature parasitaire de l’acné varioliforme. Il serait possible, à la rigueur, que cette lésion reconnût une origine microbienne; mais, cette question réservée, rappelons que Neisser considéra comme parasites les corps ovoïdes ou oviformes, qui ne sont autres que des cellules en métamorphose vitreuse. Il suffit pour s’en convaincre de colorer des coupes d’acné varioliforme au moyen du picro-carminate d’ammoniaque et l’on observera^ de la partie profonde des bourgeons épithéliaux jusqu’à l’orifice du cratère autour duquel ces bourgeons sont disposés, des cellules dont les altérations augmentent progressivement. Tout d’abord, le noyau est encore visible ; dans les couches situées immédiatement au-dessus, il pâlit légèrement, en même temps l’un des côtés de la cellule est obscurci par une substance vitreuse hyaline qui masque le protoplasma et gagne, peu à peu, tout le corps cellulaire, y compris le noyau. D’abord colorée en rose jaunâtre, la substance apparaît de plus en plus jaune et, vers la surface, la coloration jaune est identique à celle des couches épidermiques les plus superficielles. Au niveau de la partie moyenne, les cellules ovoïdes serrées les unes contre les autres, analogues à des corps oviformes, mais ne contenant aucune trace d’élément figuré, sont
THÉORIES PARASITAIRES
maintenues dans un réseau filamenteux chargé de granulations d’éléidine. La succession régulière des couches de coloration différente indique qu’il s’agit là d’une forme spéciale de transformation cornée et qu’en tout cas, ce qui avait été considéré comme parasites par Neisser, ce sont les cellules elles-mêmes.
Les figures observées par Neisser ayant été identifiées aux coccidies, on étudia attentivement les mœurs de ces organismes, et l’on accepta comme absolument exactes ces deux propositions également erronées : 1° que les coccidies ont besoin pour vivre de choisir comme habitat un protoplasma cellulaire; 2° que les coccidies provoquent dans les organes pourvus d’épithéliums des modifications qui aboutissent fatalement à des néoformations épithéliales; certains allaient jusqu’à dire à des épithéliomas.
Or nous verrons dans un autre chapitre, à propos de la pathologie du foie, que les coccidies vivent très facilement en dehors des canalicules hépatiques, qu’elles se réunissent souvent en masses nombreuses en plein parenchyme, en dehors des voies biliaires, et qu’elles détruisent l’organe à la longue sans amener la moindre édification sarcomateuse ou épithéliale.
Des cinq autres familles aujourd’hui connues de sporozoaires aucune ne jouit d’ailleurs de cette propriété, et l’on peut accepter, avec Fabre-Domergue, que, soit chez les vertébrés, soit chez les invertébrés, ni les hématozoaires, ni les sarcosporidies, ni les myxosporidies, ni les microsporodies, ni les grégarinides ne donnent lieu à la production dés néoplasmes. Et cependant c’est sur ces notions incertaines que s’est développée la théorie parasitaire.
En poursuivant la recherche des coccidies dans les tumeurs ou de parasites analogues, on semble oublier que l’étude des coccidies dans les différentes espèces animales est aujourd’hui rendue facile, que chaque espèce présente toujours la même forme et les mêmes dimensions. Le nombre des spores est assez constant pour que l’on y trouve un des meilleurs caractères de la classification de ces êtres.
Les images que présentent les sporoblastes, les spores ou les corps falciformes, sont dans l’évolution des coccidies d’une netteté parfaite, on ne peut les confondre avec aucune autre forme cellulaire. En dehors de celles déjà connues, observées chez l’homme, le lapin, la souris, il en existe beaucoup d’autres espèces, en particulier celles qui ont été étudiées par Thelolian chez les poissons.
A l’inverse des figures démonstratives offertes par les coccidies
CORNIL ET RANVJER. — I.
DES TUMEURS
dans leurs diverses métamorphoses, celles qui ont été rencontrées dans les tumeurs sont d’une variabilité extrême, d’une difficulté d’interprétation extraordinaire. Elles sont parfois tellement irrégulières qu’elles ne rappellent par aucune de leurs particularités le développement des coccidies dans toutes les circonstances auxquelles nous venons de faire allusion.
On peut suivre dans la discussion la méthode adoptée par Fabre- Domergue, passant en revue les apparences de fausses coccidies constatées dans les épithéliomas malpighiens, les épithéliomas cylindriques stratifiés et les carcinomes proprement dits; A chacun de ces groupes de faits se rattachent des théories particulières. Encore convient-il d’ajouter que les auteurs qui se sont occupés de cette question ont négligé de parler des épithéliomas à cellules caliciformes, des chondromes, des principales variétés de sarcomes, inséparables cependant du groupe des tumeurs proprement dites.
En étudiant une tumeur ulcérée, de la jambe consécutive à une plaie, Pfeiffer (1888) crut y trouver des parasites; mais ceux qu’il représente sont si nombreux que la plupart ne sont autres que des cellules modifiées du corps muqueux de Malpighi. En réalité, la théorie coccidienne des épithéliomas cutanés débute avec le mémoire de Darier sur la « psorospermose folliculaire végétante ». Les cellules enkystéesà enveloppe distincte, décrites par lui dans .cette affection, furent bientôt retrouvées par Darier et Wickham dans une forme spéciale de cancer du sein, auquel on réserve d’habitude le nom de maladie de Paget, bien qu’elle ait été très nettement indiquée par Lorain et Robin dès 1854. Vincent confirma l’existence de ces pseudo-parasites dans les épithéliomas de la langue, des lèvres, du nez, Hache, dans plusieurs cancers épithéliaux. Korotneff décrivit, plusieurs années après, de fausses coccidies, dont il prend les différents types dans les modifications du protoplasma, du noyau et même du nucléole, car il distingue mal l’une de l’autre ces différentes parties.
La nature parasitaire des corps trouvés dans toutes ces circonstances a été formellement contredite par Borrel; Fabre-Domergue, Thin, Duplay et Cazin, Tôrok, Pilliet, Petersen, Metchnikoff et nousmême. De l’ensemble de ces travaux critiques, il résulte que les cellules à doubles contours présentant l’aspect de Coccidies, sont des cellules épidermiques au même titre que les autres et qu’elles dérivent des cellules malpighiennes par une série de métamorphoses identiques à celles que l’on observe dans la kératinisation normale.
Mais les conditions particulières dans lesquelles se développent
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ces éléments pour édifier les globes épidermiques, obligent les cellules à s’emboîter les unes dans les autres en formant des enroulements inextricables, ce qui complique singulièrement les figures. Fabre-Domergue résume ainsi son opinion : « La cellule épithéliale peut s’entourer d’une membrane de kératine simulant un kyste ; elle peut, comme le fait aussi la cellule malpighienne normale, perdre soit ses filaments d’union, soit ses filaments protoplasmiques internes et présenter alors les caractères assignés par Darier et Wickham à leurs parasites. Enfin, dans l’intérieur d’éléments ainsi encapsulés peuvent apparaître des formations endogènes ou des altérations de nature cornée qui, portant à la fois sur le noyau, sur le protoplasma ou sur ces deux parties à la fois, impriment à la cellule les caractères que l’on a coutume de trouver soit dans les globes épidermiques, soit dans les sphérules cornées isolées intra ou extra-cellulaires, caractères que l’on veut assimiler à tort à ceux des vraies coccidies. Les cellules kératinisées, à l’inverse des kystes coccidiens, se gonflent par la potasse et l’acide acétique à froid, et se dissolvent dans les mêmes substances à chaud. »
Par une technique spéciale, que nous indiquerons ultérieurement,
. nous avons pu montrer que beaucoup de cellules^ présentant une enveloppe à double contour, n’avaient pas, comme on l’avait cru jusqu’alors, de paroi homogène. L’aspect réfringent et vitreux présenté par cette enveloppe peut résulter, en effet, d’un tassement particulier des filaments protoplasmiques qui forment autour de la cellule ou autour du noyau des systèmes filamenteux extrêmement développés. En outre, sur tous ces éléments, quelle que soit leur apparence grossière avec des coccidies, les matières colorantes indiquent une kératinisation avancée, sinon totale, jaune vif par le picro-carminate, rose orangé par l’éosine, brun foncé par l’acide osmique, toutes réactions qui n’appartiennent pas aux coccidies. Les réactions micro-chimiques ainsi obtenues sont identiques à celles que les mêmes substances colorantes déterminent sur lés cellules du corps muqueux de Malpighi aux différents étages de l’épiderme. Il résulte de cet exposé que toutes les formes cellulaires, considérée& comme coccidies, dérivent par une série de modifications, d’une appréciation très facile, des cellules mêmes de la tumeur.
N’omettons pas d’ajouter que la disposition des épithéliomas malpighiens en larges travées anastomosées, ainsi que la formation des bulbes imbriqués dits globes épidermiques , correspondent à des évolutions tissulaires nettement caractérisées.
DES TUMEURS
Quelque temps après, étudiant une tumeur du maxillaire supérieur, Albarran décrivit une variété de coccidie d’un type très différent de celui qui avait été indiqué dans les travaux antérieurs, sous forme de cellules arrondies, légèrement ovalaires, pourvues d’un seul noyau quelquefois nettement encapsulées. Celles qui sont nues sont parfois allongées ou légèrement étalées. Dans quelques-uns de ces éléments le noyau n’est plus visible et l’aspect finement granuleux fait place à des corpuscules très réfringents. Les cellules réfringentes dans toute leur masse peuvent être plus nombreuses que les cellules grenues; il serait plus facile, dit Albarran, de les confondre avec des cellules épithéliales dégénérées. Elles se colorent nettement en rose, bien que le noyau soit peu ou pas distinct. Certes, voici une description qui s’écarte nettement de celle des coccidies aujourd’hui connues. Les capsules représentées sont simples et non à double contour, les kystes à parois très minces renferment quelquefois deux cellules nucléées, mais jamais plus. On n’observe en aucun point de la préparation soit les quatre sporoblastes, soit les spores munies de leurs corps falciformes; c’est pourquoi, si rien n’indique à priori que les figures observées soient des cellules épithéliales, rien ne prouve davantage que l’on se trouve en présence de coccidies réduites à une coque simple avec protoplasma granuleux.
Les différents aspects que présentent ces cellules, l’accumulation des corps réfringents, la coloration uniforme de toute la masse par la même substance colorante indiquent au contraire que l’on assiste à la désintégration de cellules en voie de disparaître.
Nœggerath décrivit des cellules analogues dans un cancer de la région sacrée et les considéra comme parasitaires, parce qu’elles étaient très différentes comme forme des éléments de la tumeur. Or les cellules en question étaient suspendues dans une cavité kystique, bientôt après J. Clarke retrouva des figures analogues dans des kystes disséminés le long de l’uretère et crut y reconnaître les différents stades de l’évolution des coccidies.
C’est là une étrange confusion. Il suffit en effet de suivre les modifications que subissent les cellules de l’organisme en milieu humide et tout spécialement les cellules*, épithéliales, pour comprendre les aspects si variés qu’elles présentent suivant les cas. Que l’on examine par exemple un kyste dont la paroi est tapissée d’une couche très régulière de cellules cylindriques et caliciformes. On trouvera suspendues dans le mucus des cellules détachées de la paroi après avoir terminé leur évolution et présentant toute la série des transformations qui les font passer de l’état de cellules cylindriques à celui de
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cellules ovoïdes, obrondes ou complètement sphériques et gorgées de liquide. Plusieurs des stades de cette désintégration offrent quelques analogies avec les psorospermies, mais, il faut le reconnaître, plus de différences encore.
Qu’il s’agisse d’un kyste simple, d’un kyste ovarique, de dilatations glandulaires avec rétention prolongée dans les culs-de-sac, de catarrhe chronique de certaines muqueuses, ces modifications cellulaires pourront être retrouvées.
C’est donc, suivant nous, une forme qui n’a rien de spécifique, surtout au point de vue parasitaire.
Les modifications que subissent les cellules dans les cas particuliers des tumeurs qui ont été choisies par Albarran comme types de néoformations d’origine parasitaire sont à tout prendre moins prononcées que dans les évolutions des revêtements kystiques susmentionnées. Et d’ailleurs, toute cellule épithéliale qui présente des phénomènes de désintégration, passe fréquemment, même au niveau des muqueuses et des glandes, par des métamorphoses analogues.
Une remarque doit être encore faite, c’est que les pseudo-parasites dont nous venons de nous occuper présentent presque tous une membrane simple et qu’ils correspondent aux coccidies dites nues ou non enkystées. Or celles-ci. d’après la description même que nous en donne Malassez à propos de la psorospermose du foie du lapin, sont toujours incluses dans les cellules épithéliales. Aussitôt dégagées elles se transforment immédiatement, si bien que dans les canalicules biliaires et dans la masse même du foie elles apparaissent toujours sous la forme enkystée. Or, dans les tumeurs étudiées par Albarran, les pseudo-coccidies sont toujours libres; elles sont, quoique nues, mélangées d’une façon très régulière, dans toute la hauteur des stratifications épithéliales, aux éléments propres de la tumeur sans provoquer les réactions inflammatoires habituelles. En somme, il est plus simple d’interpréter ces figures dans le sens de lésions cellulaires, assez banales d’ailleurs.
Mais, avant d’aller plus loin, il est instructif de résumer en quelques lignes le rôle très différent que jouent les pseudo-parasites dans les deux ordres de faits que nous venons d’étudier.
On remarquera que dans les épithéliomas malpighiens les coccidies présumées occupent dans le globe épidermique, considéré comme l’expression la plus caractéristique de ces épithéliomas, le centre de figure. Après la discussion qui vient d’en être faite, nous nous expli-
quons pour quelle raison : les cellules dites coccidiennes ne sont autres que des cellules en voie de kératinisation occupant presque toujours le centre de figure, puisque ce stade est un de ceux qui précèdent la transformation cornée complète.
Il en résulte que ces parasites auraient la propriété de provoquer la formation d’évolutions épithéliales en vivant au contact non des cellules les plus jeunes et les plus actives, mais des éléments les plus altérés. Comme influence directrice, c’est assurément curieux, mais paradoxal.
Quant aux parasites supposés de la deuxième catégorie (type Albarran), ils se développent à côté des cellules sans que celles-ci en subissent la moindre atteinte, puisqu’elles édifient des systèmes stratifiés présentant dans toute l’étendue de la tumeur le même nombre de couches cellulaires, limitant des cavités assez régulièrement circonscrites.
L’ordonnance générale des assises épithéliales en est si peu troublée, que, si l’on n’avait par l’étude histologique la démonstration que les soidisant coccidies sont des cellules plus ou moins dégénérées, on pourrait plutôt se demander s’il ne s’agit pas d’un parasitisme secondaire.
Actuellement, il faut examiner tout un ensemble de faits d’une interprétation plus délicate, parce qu’ils sont extrêmement nombreux et peu comparables les uns aux autres. La quantité des formes admises est inconciliable avec la constance et la permanence des quelques variations présentées par les coccidies aux différentes périodes de leur développement.
Ici, le parasite n’est plus englobé par des groupes de cellules ou simplement juxtaposé à elles, n’ayant par suite qu’une action nécessairement indirecte sur le développement des tumeurs auxquelles il se trouve annexé, il est au contraire intimement uni aux cellules épithéliales occupant tantôt le protoplasma, tantôt le noyau.
C’est à cette phase de la doctrine parasitaire que la question en ■est encore aujourd’hui. Les cellules des épithéliomas et des cancers ne pouvant trouver en elles l’énergie vitale nécessaire à leur reproduction indéfinie, cette énergie leur serait communiquée par des parasites toujours présents, qui, loin de provoquer des phénomènes de désintégration, entretiendraient un stimulus indispensable.
Notre tâche est au contraire de montrer que toutes les formations intra-cellulaires décrites par les partisans de la théorie coccidienne sont non des parasites, mais des altérations plus ou moins profondes du proloplasma et du noyau dans les tumeurs en évolution.
THÉORIES PARASITAIRES
Thoma et Nils-Sjôbring, puis Foa, ont pris pour des parasites des transformations vésiculeuses des noyaux. Soudakewitch, Podwyssotski. Sawtchenko, Burchardt, Ruffer, Walker, Plimmer, Borrel, Nœggerath. J. Clarke, Nepveu, etc., ont décrit sous le nom de coccidies ou de parasites assez voisins d’elles des modifications cellulaires caractérisées dans l’énoncé des formes suivantes : 1° encapsulement de certaines cellules; — 2° dégénérescence hyaline; — 3° production de cellules endogènes; — 4° bourgeonnement excessif des noyaux; — 5° dégénérescences multiples des noyaux et des nucléoles.
Dans un grand nombre d’épithéliomas, les cellules peuvent se transformer en éléments arrondis ou ovoïdes et acquérir des dimensions considérables. En même temps, leur proto plasma se condense à la périphérie. On dirait qu’elles présentent alors une membrane d’enveloppe; quelques-unes d’entre elles paraissent nettement enkystées. Cette disposition se retrouve fréquemment au niveau des cellules incluses dont nous parlerons ultérieurement.
Les cellules subissent de nombreuses modifications qui peuven être confondues avec des inclusions parasitaires. Tout d’abord il convient d’éliminer les cavités régulièrement arrondies ou ovalaires dont sont creusés certains éléments épithéliaux contenant une substance muqueuse plus ou moins concrète et parfois des granulations sensibles aux réactifs colorants. Ces cavités se rencontrent surtout dans les épithéliomas cylindriques et caliciformes à l’intérieur de lames protoplasmiques simples ou multinucléées.
Les substances contenues dans ces cavités sont généralement homogènes et ne sauraient être interprétées différemment. Quelle que soit la méthode de coloration employée, l’interprétation de ces figures est toujours facile.
A côté de cette disposition on doit immédiatement placer la dégénérescence hyaline, vitreuse ou colloïde partielle des cellules. Les figures correspondant à cette altération sont extrêmement variables, mais elles ont en commun d’être formées par une substance homogène et de ne contenir aucune granulation susceptible de se colorer vivement à la façon des grains de chromatine. Cependant Soudakewitch a confondu quelques-unes de ces figures avec celles de véritables coccidies; or celles-ci doivent toujours présenter, lors même qu’elles sont nues, un protoplasma distinct et un noyau, parties que l’on ne peut retrouver.
Il est fréquent d’observer d’autres parties de la cellule en -voie de transformation hyaline surtout du côté du noyau et des nucléoles.
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La déformation de ces parties donne lieu à des figures très compliquées et à des fragmentations singulières sur lesquelles nous reviendrons.
Une des apparences les plus trompeuses est celle que fournissent les cellules endogènes. Elles résultent, on le sait, de la fragmentation prématurée d’un noyau bourgeonnant dont une partie entraîne avec elle l’individualisation d’une certaine quantité de protoplasma d’où la formation d’une cellule nouvelle incluse dans la première. Les analogies peuvent être assez grandes entre le protoplasma et la substance nucléaire de la cellule fille et de la cellule mère pour qu’il n’y ait aucun doute sur l’identité de leur constitution, car toutes deux sont justiciables des mêmes réactifs histo-chimiques.
Mais il en est souvent tout autrement. Entre la cellule mère et la cellule fille se creuse une séparation; par suite, la cellule la plus jeune paraît contenue dans une cavité creusée aux dépens de la première où elle vit à la manière d’un parasite. 11 est rare qu’elle conserve ses attributs normaux, et, comme l’ont remarqué un grand nombre d’observateurs, Cornil, Borrel, nous-même, il arrive fréquemment que la cellule incluse présente les différents stades de régression alors que la cellule qui lui a donné naissance continue à vivre. Plusieurs de ces stades ont été confondus avec de véritables coccidies (Soudakewitch, Sawtchenko, etc.), alors même que ces cellules présentaient un protoplasma strié.
Les causes d’erreur proviennent beaucoup plus fréquemment des modifications que présentent les noyaux, les nucléoles, lés filaments, en somme tout l’appareil chromatique.
C’est à la présence des petites vésicules dans les noyaux en voie d’altération que Thoma et Nils-Sjôbring rapportent leurs formes parasitaires. Ces vésicules sont nues ou contiennent des grains de nucléine, mais jamais de protoplasma, leur origine est donc indubitable, elles résultent d’une altération des. noyaux et ne sauraient être confondues avec des coccidies, même de très petite dimension.
Cette constatation, très nette sur les noyaux simples, devient plus délicate sur les noyaux bourgeonnants qui forment à l’intérieur des cellules des systèmes chromatiques d’une grande complexité.
Cependant on remarquera que, très fréquemment, ces noyaux subissent partiellement dans quelques-uns de leurs bourgeons des phénomènes de régression très appréciable.
Le hoyau paraît vésiculeux, la substance chromatique se trouve rejetée vers la périphérie, soit régulièrement en formant une sorte de
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cercle concentrique, soit sous forme de croissant: La dégénérescence hyaline du noyau conduit aux mêmes résultats. Il peut en résulter des apparences falciformes, mais les corps falciformes des coccidies ne se. colorent jamais dans toute leur étendue.
Au lieu de subir une véritable atrophie de leur substance, par un lent travail de désorganisation, qui les fait ressembler à des sphères
Fig. 137.— Karyokinèses multiples et irrégulières (d’après Cornil). — Grossissement de 500 diamètres.
1, noyau dans lequel on voit un réseau d’anses chromatiques à boucles périphériques souvent terminées par des renflements ; 2, division du noyau dans lequel deux pelotons chromatiques sont unis par un filament ; 3, deux figures d’une même cellule vue suivant deux plans différents en faisant varier la vis micrométrique. On voit dans la cellule à gauche quatre étoiles chromatiques reliées les unes aux autres ; on constate en outre trois autres étoiles dans la cellule de droite, en faisant remuer la vis; 4, réseau de filaments chromatiques formant des anses et reliés les uns aux autres, sauf à gauche, où Ton voit une étoile isolée; 5, filaments de nucléine composés surtout de grains disposés bout à bout ; 6, division du noyau en six étoiles dont on ne voit que cinq dans le plan visuel. Deux d’entre elles sont unies par un filament; 7, division d’un noyau en cinq; 8, division d’un noyau par six, avec un noyau complètement formé, séparé du protoplasma par une zone claire.
absolument vides ou légèrement grenues, ou plus ou moins finement réticulées, les noyaux peuvent éprouver une sorte de fusion de leur substance en une masse homogène très fortement colorable, mais où l’on ne trouve plus les différentes parties du noyau et du nucléole. C’est le phénomène de la métachromatie qui prend toutes les formes : sphérique, ovoïde, en bâtonnet, en boudin, en croissant, en couronne, en grappe, en anneau, en croix, etc.
L’uniformité de la teinte s’oppose à ce que de pareilles figures soient confondues avec des noyaux de cellules parasitaires.
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Les noyaux bourgeonnants et les noyaux multiples résultant des karyokinèses plus ou moins régulières peuvent aussi donner lieu à des fragmentations extrêmement nombreuses dont on retrouve les débris dans différentes régions du protoplasma (fig. 137).
Les particules nucléaires fragmentées ne donnent pas lieu à la production d’autant de petites cellules endogènes, elles déterminent presque toujours, au contraire, une sorte de raréfaction de la substance protoplasmique autour d’elles et sont, par conséquent, incluses dans une petite cavité. On trouve, ainsi, à quelque distance du noyau principal des granulations arrondies ou irrégulières et anguleuses, quelquefois étoilées, radiées, mais sans apparence de protoplasma. Lorsque ces figures sont très nombreuses, elles correspondent, d’après Fabre-Domergue, à une véritable pulvérisation du noyau.
Lorsque les particules nucléaires enkystées sont tassées en amas cohérents, elles prennent la disposition mûriforme et sont considérées parles partisans de la théorie parasitaire comme des formes àinfection multiple.
Les karyokinèses multipolaires incomplètes expliquent la formation fréquente de semblables figures, puisque les filaments nucléaires sont exposés à toutes les altérations possibles : étirement, fragmentation en boules, en grains, en anses, etc. (fig. 138).
Parles exemples précédents, nous ne donnons qu’une idée fort incomplète des transformations que présentent les différentes parties d’une cellule dans les tumeurs. Nous avons dégagé quelques-uns des types les plus fréquents, tout en laissant entendre que, dans bien des circonstances, les diverses altérations du protoplasma et delà chromatine se trouvent associées, d’où l’impossibilité matérielle d’analyser, au premier coup d’œil, de pareilles figures, si l’on n’est pas déjà familiarisé avec les altérations élémentaires.
Une cellule mère, qui contient plusieurs cellules filles, offre, en effet, des aspects si variés (déformation des cellules et des noyaux par pression réciproque, débris de chromatine à tous les degrés d’altération, provenant des noyaux bourgeonnants ou arborescents, dégénérescence hyaline et colloïde, partielle ou générale, des protoplasmas, des noyaux et des nucléoles), que l’analyse en devient presque impossible. Les altérations de ces différentes parties donnent lieu à des figures tellement disparates que l’on ne peut songer à les représenter toutes. La variabilité des aspects est, justement, une des plus grosses objections que l’on puisse faire à la théorie qui admet
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Fig. 138. — Altérations karyokinétiques des cellules (d’apres Comil). — Gros, de 500 diamètres.
A. — Cellule dans laquelle il existe des fragments de nucléine isolés n, il', il" rappelant des filaments nucléaires de karyokinèse et un de ces fragments arrondis, c, entouré d’une zone claire.
B. — La substance chromatique offre deux parties distinctes: l’une, d, sous la forme d’un réseau lobulé ; l’autre, c, sous la forme d’une étoile presque complètement séparée.
C. — Dans cette figure, -la nucléine est divisée en deux parties inégales : d, filament irrégulier et renflé; c, bloc de nucléine entouré d’une zone claire.
B. t Deux fragments de nucléine, l’un irrégulier avec des filaments terminés par des grains qui occupe toute la partie inférieure de la cellule; l’autre, c, situé dans une cavité du protoplasma.
E. — La nucléine présente, en p, une forme étoilée et se continue avec une portion nucléaire arrondie, n, entourée d’une zone protoplasmique, o, et séparée du reste de la cellule par une
F. — Cellule dans laquelle on voit, en p, une figure de filaments nucléaires épais et arborisés, à côté d’un noyau, n, entouré lui-même d’une zone protoplasmique, m.
G. — Grande cellule contenant une gerbe de filaments et de grains chromatiques, n, et une vacuole contenant de petits grains chromatiques et une grosse boule, c, de même nature.
H. — Cellule ovoïde contenant une figure àrborisée chromatique, n, et de plus une cellule incluse à noyaux bourgeonnants, n’, et à protoplasma abondant, m.
I - — Grande cellule contenant : i° un noyau muriforme ou en grappe, n, dont chaque renflement possède un grain chromatique entouré d’une zone claire ; 2° une cavité contenant une cellule hyaline, d', avec un noyau dont la nucléine est sous forme de fragments arrondis ou en bissac; 3° un noyau d également teinté contenant un leucocyte.
•ï- — Cellule contenant des grains et filaments irréguliers de nucléine, c; son protoplasma est creusé d’une cavité, 6, renfermant un noyau en croissant accolé contre la paroi de la cavité. Cette cellule est elle-même située dans une vacuole, o ; n , noyau saillant dans cette vacuole.
l’origine parasitaire de ces transformations. Dans un organe profondément modifié par un processus d’irritation aiguë ou chronique, les eoccidies se reconnaissent sans méthode de coloration particulière.
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Pour tous les parasites décrits jusqu’à ce jour, dans l’intérieur des cellules, la morphologie est, au contraire, indécise; au lieu d’être enfermée dans trois ou quatre types, elle correspond à des variétés sans nombre. Chacun peut y prendre la forme qui lui convient le mieux.
Cependant la plupart des figures parasitaires correspondent à deux grandes catégories d’altérations : 1° soit à des boules ovoïdes, hyalines ou colloïdes sans noyau; 2° soit à des figures nucléées, d’une extrême complexité parfois, mais sans protoplasma, c’est-à-dire ne rappelant en rien les coccidies aujourd’hui connues. Ainsi que le remarque Fabre-Domergue, la série entière des parasites supposés ne présente ni homogénéité, ni caractères zoologiques, tandis qu’il existe une parenté morphologique étroite et sans discontinuité des divers aspects présentés par les cellules en voie de dégénérescence.
Les figures représentées par Sawtchenko et A. Marie dans sa thèse semblaient avoir plus d’importance. Il est toutefois permis de ne'les accepter qu’avec la plus extrême réserve, puisque, dans une toute récente communication (Congrès de Kazan, 1899), Sawtchenko dit que, malgré le nombre des travaux publiés sur le sujet, il est impossible de se prononcer sur la nature du parasite.
Il tend à abandonner l’idée du parasitisme animal. Le parasite serait d’origine végétale, beaucoup d’inclusions intra-cellulaires ayant une grande analogie avec certaines levures. Mais, parmi les levures étudiées jusqu’à ce jour, on ne rencontre jamais de corps falciformes ou vermiformes semblables à ceux qui existent parfois en abondance dans les . tumeurs malignes. Ces corps appartiennent à l’évolution des coccidies.
L’auteur ne peut donc, en se basant sur la morphologie seule, affirmer ou nier l’origine.lévurienne du cancer, il reste, malgré tout, convaincu que les corps décrits par lui sont des parasites et qu’on arrivera à les cultiver. Cette théorie se rapproche de celle défendue par San Felice et l’École italienne. Encore un pas de plus, passant des levures aux blastomvcètes, nous reviendrons aux bactéries.
Les théories les plus opposées sont, on le voit, recevables pour les partisans de l’origine parasitaire des tumeurs, aussi est-il impossible de. les atteindre, puisqu’ils changent constamment l’objet de la discussion. Résumons en effet le Chemin parcouru. Avec S.cheurlen et Rappin, pendant une période assez courte, il est vrai, les cancers sont considérés comme se développant sous l’influence de bactéries. Cette^ théorie, abandonnée pour les épithéliomas, est encore adoptée pour les sarcomes et les lymphadénomes.
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Avec Darier, Malassez, nous nous trouvons en présence de coccidies enkystées, offrant des dimensions égales ou supérieures aux cellules néoplasiques, toujours incluses dans ces cellules. Avec Albarran les coccidies d’un volume égal ou supérieur aux éléments du néoplasme sont enkystées ou non, mais juxtaposées aux cellules et non incluses. Puis les coccidies ou des parasites coccidiformes de très petite dimension sont rencontrés dans les noyaux (Thoma, Nils— Sjôbring); des coccidies plus volumineuses, mais dont la morphologie et surtout les dimensions varient avec chaque auteur, se rencontrent dans le protoplasma (Soudakewitch, Sawtchenko, Podwyssotski, Ruffer, Plimmer, etc.).
Enfin, d’après la dernière conception de Sawtchenko, les parasites, toujours intra-cellulaires, sont peut-être des levures.
Mais ce n’est pas tout, le parasite peut se rencontrer aussi en dehors de la cellule et reconnaître une origine toute différente, puisque Albarran et Bernard ont cru pouvoir décrire une variété d’épithélioma de la vessie consécutive à la présence des œufs de Bükarzia hæmatobia, non dans les végétations épithéliales, mais dans le tissu conjonctif situé à quelque distance, tissu que les œufs ne franchissent jamais.
Si la théorie parasitaire entre dans cette voie, elle ne peut s’arrêter, tout peut lui servir. Autant dire que toute irritation, de quelque nature qu’elle soit, crée les conditions indispensables à la prolifération des tumeurs. Le parasitisme devient indifférent. On admettra, par exemple, l’influence du bacille de la tuberculose lorsque l’épithélioma fait suite au lupus, d’un microbe banal lorsque à un ulcère de jambe succédera un cancroïde, d’une mycose quélconque si au niveau d’une plaque linguale vient à se développer un cancer. On pourrait multiplier les exemples. Le parasitisme ne présente plus alors aucun intérêt. L’action décisive sur les cellules pourrait tout aussi bien provenir d’une irritation d’ordre physique ou chimique (cancer des ramoneurs, cancer des fumeurs, etc.), de traumatismes répétés, épithélioma développé au niveau d’un moignon d’amputation soumis à des pressions continues.
D’autre part, les objections indirectes à la théorie parasitaire ont, ainsi que nous l’avons plusieurs fois exposé, une très grande valeur, puisque tout parasite repousse les tissus ou les détruit, mais ne provoque jamais d’évolution tissulaire continue. Cette règle est sans exception, non seulement pouf* les parasites qui vivent à distance des cellules, mais aussi pour ceux qui les envahissent ou sont incorporés par elles (bactéries, coccidies, levures, etc.).
DES TUMEURS
Pour élucider ce point, le lecteur devra se reporter aux chapitres concernant les inflammations productives d’origine parasitaire.
Quant au parasitisme intra-cellulaire admis dans ces dernières années, il constitue, étant donné ce que nous savons de la production et de l’avenir des tumeurs, une symbiose tellement contraire à l’évolution habituelle de nos tissus, qu’en dehors des faits qui précèdent il faut le considérer comme improbable. Mais, dira-t-on, si les tumeurs ne reconnaissent pas une origine parasitaire, comment peut-on en expliquer le développement? Il faut répondre que, fût-elle reconnue exacte, la présence de parasites dans les tumeurs ne saurait expliquer l’agencement spécial à chaque néoplasme, puisque, dans la plupart des organes et des régions, les néoformations représentent, avons-nous dit, de véritables ébauches de tissus.
Les tumeurs étant représentées par des groupements cellulaires dont la prolifération se fait sans plan déterminé à l’avance, mais se poursuit d’une façon continue et indéfinie, la raison de cette aberration nous est entièrement inconnue.
Sait-on davantage pourquoi dans l’évolution normale le développement des différentes parties est toujours maintenu dans des limites précises, pourquoi, pour prendre un exemple, les invaginations épithéliales qui doivent constituer les glandes s’arrêtent à un moment donné, sinon parce que cette disposition est arrêtée dans le plan général de l’organisme ? On le constate, sans l’expliquer; il en sera vraisemblablement de même pour l’ensemble des productions auxquelles nous donnons le nom de fumeurs. Tout en elles indique la monstruosité du développement : l’abondance des karyokinèses, la multiplication des noyaux, les dimensions extraordinaires des protoplasmas, l’exagération des sécrétions et des formations cellulaires de tout ordre, l’élaboration excessive du glycogène, mais aussi, malgré cet excès de vitalité, l’impuissance à édifier quoi que ce soit de stable.
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