ÉP1THÉL10MES CYLINDRIQUES
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Si la tumeur est ancienne, ou plutôt si elle a évolué lentement, le stroma est fibreux; mais il est souvent infiltré de cellules lymphatiques et par suite peu consistant dans les tumeurs d’origine récente, surtout quand elles sont ulcérées. Dans certains faits, le stroma est entièrement muqueux comme dans les myxomes formés de cellules connectives, arrondies ou étoilées.
Le stroma contient toujours des vaisseaux. Ceux-ci sont nombreux, très dilatés et fragiles.
Lorsque la tumeur présente une marche rapide ou lorsqu’elle est
Fig. 221. — Coupe d’un épithéliome à cellules cylindriques du gros intestin. — g, g, couche des glandes de Lieberkühn hypertrophiées de la muqueuse : ces glandes sont détruites à la droite du dessin, qui correspond à une partie ulcérée; h, h, cavités tapissées d’épithélium cylindrique; prolongements papillaires recouverts d’ épithélium. — Grossissement de 40 diamètres.
irritée, les vaisseaux peuvent se rompre et donner lieu à des hémorragies qui sont assez fréquentes d’ailleurs.
Une variété très importante et très commune dérive de l’altération colloïde des cellules épithéliales. Celles-ci se transforment en vésicules transparentes et se détachent successivement de la paroi des tubes pour tomber dans leur cavité. On peut retrouver alors une bordure de cellules cylindriques, limitant des cavités remplies de matière colloïde et de débris cellulaires. D’autres fois, les cellules pariétales sont elles-mêmes complètement dégénérées, alors la tumeur dans son ensemble ne présente plus les caractères de l’épithéliome à cellules cylindriques. La transformation graisseuse est habituellement associée à la dégénérescence colloïde (voir plus loin, p. 516 et suivantes).
DES TUMEURS
Ces épithéliomes à cellules cylindriques s’ulcèrent toujours à la longue, lorsqu’ils siègent sur des membranes muqueuses (fig. 221). Leur destruction superficielle n’est pas seulement la conséquence de l’évolution du tissu morbide, mais aussi de l’action irritative et même destructive des liquides avec lesquels ils sont en contact. Par exemple, le suc gastrique possède une action corrosive bien manifeste sur les tissus vivants ulcérés qui ont pris naissance sur l’estomac.
Pour comprendre le mécanisme de ces lésions, nous devons actuellement tenir compte d’autres facteurs, en particulier des processus infectieux développés au niveau des tumeurs en évolution.
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Fig. 222. — Épithélionîê en masse à cellules cylindriques de la mamelle (Cornil et Schwartz).— a, a , culs-de-sac coupés en travers contenant une ou plusieurs couches de cellules cylindriques ; b, boyaux cylindriques Ou tubes tapissés des mêmes cellules parallèlement disposées en une ou plusieurs couches ; t, tissu, conjonctif' peu abondant. — Grossissement Zeiss, objectif 80“™, ouverture 0,65, oculaire long 4, tube levé.
Siège. — Les épithéliomes à cellules cylindriques, à l’exception de ceux de l’ovaire, n’ont jamais été observés primitivement que sur les muqueuses tapissées de ce même épithélium à l’état normal, c’està-dire sur la muqueuse de l’estomac, de l’intestin grêle, du gros intestin, du rectum, des canaux biliaires et de l’utérus. Certaines tumeurs polypeuses molles, nées du corps ou du col de l’utérus, proeminant dans l’intérieur du vagin, difficiles à enlever, en raison même de leur mollesse, sont des tumeurs de cette espèce, et, malgré leur analogie avec les autres polypes bénins de l’utérus, ce sont des tumeurs vraiment malignes (thèse de Montfumat, 1867).
Dans l’ovaire, nous avons observé dés tumeurs non kystiques ressemblant au carcinome à l’œil nu, ayant subi des transformations
ÉPITHÉLIOMES CYLINDRIQUES
en partie graisseuses, en partie muqueuses, et qui étaient en réalité des épithéliomes à cellules cylindriques.
Certains polypes des fosses nasales, que l’on ne pourrait différencier à l’œil nu des principales variétés de polypes muqueux, répondent par leur constitution histologique à répithéliome 'cylindrique...
Tous les organes contenant des épithéliums cylindriques disposés régulièrement dans les acinis terminaux des glandes ou le long de
Fig. 223. — Épithéliome papillaire à cellules cylindriques de la mamelle. — a, cavités tapissées d’épithéliome cylindrique ; 6, cavités plus grandes, allongées ou irrégulières ; n, n, grandes cavités tapissées du même revêtement et papillaires d, travées fibreuses tapissées du même revêtement; t, tissu conjonctif. — Grossissement de 20 diamètres.
leurs tubes excréteurs (voies biliaires, canaux cholédoque et pancréatique, etc.) peuvent être le point de départ d’épithéliomas analogues à ceux que nous décrivons. On les observe par conséquent dans le foie, le pancréas, le rein, les glandes salivaires et la mamelle.
Les figures 222, 223 et 224 représentent deux types d’épithéliomas du sein.
L’un est formé de tubes dont le diamètre est sensiblement égal, se touchant par leurs bords avec interposition d’un tissu conjonctif peu abondant.
DES TUMEURS
Dans l’autre, les cavités sont de dimensions très irrégulières. Leurs parois ne sont pas unies, mais souvent hérissées de prolongements ou de papilles recouvertes également d’épithélium cylindrique. La figure' 223 montre la disposition générale à un faible grossissement. Sur la figure 224, on voit le détail des cavités et la dis-
FIG.-234. — Même tumeur dessinée à un plus fort grossissement (le même que dans la figure 222). — a, cavité vue en long, couverte de plusieurs couches de cellules cylindriques ; b, b, cavités présentant le même revêtement et vues sur une coupe transversale; d, cavité coupée en long; c, c, petites cavités acineuses ; rti, grande cavité avec ses cellules cylindriques en deux couches ; v, vaisseau; t, tissu conjonctif avec de grandes cellules; p, papille avec une travée fibreuse.
position des cellules épithéliales, sur les papilles, épithéliome villeux (Cornil).
Les épithéliomes cylindriques se généralisent souvent. On connaît la fréquence des cancers du foie consécutifs aux tumeurs primitives de l’estomac, de l’intestin, du rectum, des voies biliaires, les noyaux secondaires étant exactement semblables à la tumeur primitive.
ÉFITHÉLIOMES CYLINDRIQUES
11 existe de nombreuses observations de généralisation d’épithéliome cylindrique dans le poumon, le rein, les os, les muscles, les ganglions, l’épiploon, le mésentère, les séreuses et même la peau.
Les figures 225, 226, 227 montrent le mécanisme qui préside à la répartition des noyaux épithéliomateux à la périphérie par la voie sanguine.
Fig. 225. — Épithélioma de la région ombilicale. — Envahissement des artères (Brault).
Grossissement de 220 diamètres.
Tumeur secondaire à un épithélioma primitif des voies biliaires : par la coloration au p'icro-carminate d’ammoniaque on retrouvait de place en place la lamelle élastique interne reconnaissable à sa coloration jaune verdâtre. L’endothélium était remplacé par des cellules épithéliales cylindriques, c, dont quelques-unes caliciformes, les autres présentant un plateau très net. La lumière de l’artériole contenait de petits blocs de mucus, m. En dehors du revêtement épithélial se trouve la couche musculaire formée de plusieurs rangs de fibres-cellules, /. Au delà, le tissu conjonctif enflammé où se voient deux travées épithéliales, l’une en n, l’autre en p. Sur cette dernière plus récente, les cellules ne sont pas encore distinctes de la masse protoplasmique, l’une d’elles présente cependant une cavité muqueuse.
La figure 225 montre une artériole sous-cutanée reconnaissable à se» fibres musculaires dont l’endothélium a été remplacé par une couche de cellules cylindriques et caliciformes, si bien que l’artère ainsi modifiée ressemble à un canal excréteur de glande. La tumeur, de la grosseur d’une petite noisette, contenait un certain nombre d’artères présentant les mêmes modifications, le centre du vaisseau étant occupé, comme celui qui est figuré ci-dessus, non par des globules rouges, mais par des blocs de mucus.
DES TUMEURS
En examinantles préparations des parties profondes vers la surface on pouvait observer qu’un grand nombre de papilles étaient envahies parles mêmes- cellules. Celles-ci occupaient exclusivement les capillaires sur une assez grande étendue. L’épiderme, situé immédiatement au-dessus, paraissait intact, tout au moins au niveau d’un grand nombre
de papilles; en d.’ autres
Fig. 226. — Envahissement de la peau (région ombilicale) par un épithéliome à cellules cylindriques (Brault). — La tumeur primitive était une tumeur des voies biliaires. — Grossissement de 150 diamètres.
L’épithéliome est représenté par une seule couche de cellules cylindriques tapissant l’ancienne cavité très agrandie d’un capillaire c. Cette disposition se reproduisait sur un grand nombre de prolongements papillaires. Il existe entre les prolongements du corps muqueux de Malpighi et le capillaire dilaté un espace clair qui résulte d’un artifice de préparation, les parties ayant été disjointes dans les diverses manipulations. En réalité, l’épithélium cylindrique est presque immédiatement implanté sur l’épiderme. Celui-ci, e p, ne présente aucune altération morphologique appréciable. On y distingue de la superficie à la profondeur toutes les' couches de cellules dans leur ordre naturel.
points, il était ulcéré.
Enfin, dans la partie profonde du derme, des veines étaient remplies par des amas épithéliaux plus considérables où la forme cylindrique des cellules se reconnaissait.
- La régularité de distribution des épithéliums cylindriques dans les artères et surtout dans les expansions terminales des capillaires, montre bien que les épithéliums ont suivi le cours naturel du sang. Leur implantation sur la paroi des artères et des capillaires n’a provoqué aucun phénomène réactionnel puisque en beaucoup de points l’épiderme est intact.
Ce sont là des faits qu’il est rarement donné de constater; on sait que d’ha¬
bitude, la propagation des épithéliomes s’effectue par la voie vei¬
neuse ou la voie lymphatique. Il faut encore ajouter que les greffes par continuité de tissu ou même par simple contact sont extrêmement fréquentes. Tels, les nombreux noyaux secondaires semés sur le péritoine consécutivement à des épithéliomes de l’ovaire ou de l’estomac, ou sur les plèvres lorsque l’un des feuillets est contaminé.
L’évolution des épithéliomes à cellules cylindriques n’offre rien de spécial. Elle peut être soit extrêmement rapide, soit tout à fait lente.
ÉPITHÉLIOMES CYLINDRIQUES 495
Les épithéliomas du rectum, ceux de l’S iliaque, ceux du pylore se présentent souvent à l’œil nu comme les cancers les plus durs.
Ces épithéliomes peuvent avoir indifféremment la consistance: squirrheuse, la mollesse des tumeurs appelées autrefois encéphaloïdes, la transparence des cancers colloïdes. Toutes ces apparences s’expliquent très facilement si l’on tient compte/d’une part, de la durée de l’affection, de l’autre, des modifications présentées par les cellules dans certains cas. Nous aurons occasion de revenir sur ce. point.
par des amas épithéliaux. Les cellules implantées sur la paroi ont nettement la forme cylindrique. Les artérioles, a, a, ne présentent aucune modification. Le tissu conjonctif et le tissu adipeux, g, sous-cutané ont conservé leur disposition normale.