VAISSEAUX
huit de ces groupements dans un même alvéole. Peut-être chacun de ces amas était-il contenu dans un alvéole de petite dimension avant que les contours en aient été complètement effacés par l’inondation colloïde.
La substance muqueuse épanchée ne paraît pas avoir d’action dissolvante sur le tissu conjonctif qui l’entoure. Sur des fragments fixés par la liqueur de Muller, on peut en effet constater que les plus fines
fibrilles peuvent être plongées au sein de la masse sans présenter la moindre modification. Ces travées conjonctives soutiennent parfois des capillaires d’un calibre très étroit où les globules sont disposés à la file sur une seule rangée. Toutes ces parties ont le même aspect que dans les tissus normaux.
Vaisseaux lymphatiques et nerfs des épithéliomes. — Par définition, les épithéliomes, ainsi que les revêtements épithéliaux et glandulaires dont ils dérivent, sont privés de vaisseaux. Dans les tissus normaux, les vaisseaux sont en effet toujours situés à une certaine distance des membranes épithéliales.
A l’époque où les carcinomes étaient considérés comme des tumeurs d’o-
Fig. 248. — Cellules du carcinome colloïde: a', grosse cellule contenant elle-même une cellule dans son intérieur ; d, cellule mère; c, cellules infiltrées de matière colloïde; b , cellule remplie d’une gouttelette colloïde ; e, cellules réduites à un disque et en voie de destruction. ■ — Grossissement de 350 diamètres.
rigine conjonctive, on attribuait plus d’importance aux vaisseaux et l’on disait que dans le stroma de ces néoformations cheminaient des artères, des veines etdes capillaires. Thierschet Billroth, parmi les premiers, avaient figuré des r,éseaux irréguliers dans la paroi des alvéoles.
Cette disposition, nous l’avons déjà indiqué, est assez rare ; elle n’entre pas dans le plan général d’évolution des épithéliomes (fig. 249). Le stroma n’est qu’une partie accessoire dans le développement d’un épithélïome, il n’acquiert une réelle valeur que si l’épithéliome s’arrête dans sa marche. Mais, qu’ils soient pavimenteux ou stratifiés, trabéculaires, en nappes étendues, à épithéliums cylindriques ou caliciformes, les épithéliomes ne se laissent jamais pénétrer par les vaisseaux.
DES TUMEURS
L’altération la plus fréquente des artères et des veines contenues dans les régions fibreuses situées autour des amas épithéliaux, c’est le rétrécissement pouvant aller, jusqu’à
l’oblitération. On sait combien cette lésion est fréquente aussi bien dans la charpente fibreuse des cancers du sein que dans les épithéliomes dont l’évolution subit des moments d’arrêt.
Il est vrai que l’on a décrit des carcinomes érectiles ou hématodes dans lesquels les vaisseaux seraient très développés et présenteraient des dilatations moniliformes ou des saillies ampullaires analogues à de petits anévrismes apparaissant comme des points rouges. Les vaisseaux deviendraient proéminents,
Fig. 249. — Vaisseaux végétants des parois d’un alvéole. — Grossissement de 150 diamètres.
dans l’intérieur des alvéoles, mais, vu leur fragilité, donneraient lieu à des épan¬
chements sanguins.
Ce sont là des faits exceptionnels dont la plupart ont d’ailleurs été
Fig. 250. — Dilatations anévrysmales des vaisseaux capillaires d’un carcinome encéphaloïde. Grossissement de 50 diamètres.
mal interprétés. Ainsi les hémorragies sont assez fréquentes dans les adénomes du rein, du foie, des capsules surrénales, mais il ne s’agit