‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 82 sur 148 · KYSTES GLANDULAIRES · texte numérisé non relu

KYSTES GLANDULAIRES

on ne comprendrait pas pourquoi les dents seraient si nombreuses. Au lieu d’une plaque osseuse servant d’insertion aux dents, on rencontre parfois seulement autour d’elles un rebord osseux représentant un alvéole. Les dents et les plaques osseuses sontles parties organiques que l’on observe le plus souvent dans la paroi de ces kystes ; mais il peut y avoir aussi des os allongés, du tissu cartilagineux irrégulièrement disposé, des masses de tissu musculaire strié et même du tissu nerveux ganglionnaire. Cornilet Ranvier ont observé des kystes de cette nature où le tissu nerveux, caractérisé par des tubes minces à myéline et par des cellules nerveuses, était contehÿi, dans une poche fibreuse avoisinant les os. Rien de plus irrégulier, du ^este, que la disposition et la quantité relative de ces divers tissus. La paroi de ces kystes présente par places des plaques qui ont la même structure que la peau, avec des papilles, des glandes sébacées et sudoripares, des follicules pileux et des cheveux; dans d’autres points la paroi est mince, lisse, fibreuse, analogue à celle des kystes de la première variété. Le volume de ces tumeurs est aussi très variable. Il oscille entre celui d’un œuf et celui d’une tête d’adulte. Leur mode de développement est incertain. Il est impossible d’affirmer qu’ils soient congénitaux et remontent à la vie intra-utérine. Nous reviendrons sur ce sujet à propos des tératomes.

2° Kystes glandulaires.

Le second groupe des kystes est caractérisé par leur contenu qui est muqueux ou colloïde. Presque tous se développent, en effet, au niveau de culs-de-sac glandulaires ou de conduits tapissés d’épithélium cylindrique ou cubique, dont les sécrétions sont, à l’état normal, assez abondantes.

On considérait autrefois que certains de ces kystes se développaient de toutes pièces ; mais cette opinion n’est plus soutenable aujourd’hui. Toujours , on trouve/a l’origine des kystes des épithéliums plus ou moins faciles à mettre en évidence.

La genèse de certains d’entre eux était obscure ; elle est actuellement en grande partie élucidée, depuis que l’on connaît mieux la topographie des vestiges épithéliaux remontant à la période embryonnaire. ÿ

On doit supprimer aujourd’hui du groupe des kystes ceux qui étaient appelés kystes séreux ; cAr les bourses séreuses sous-cutanées, les bourses séreuses, tendineuses et périarticulaires en connexion ou

DES TUMEURS

non avec les jointures ne sont nullement comparables aux kystes que nous étudions en ce moment.

Les cavités séreuses sont simplement limitées par des cellules endothéliales d’origine connective, absolument distinctes des épithéliums de revêtement et des épithéliums glandulaires. Le liquide contenu dans ces poches est un liquide de transsudation et non de sécrétion. Pour cemotif, on doit renvoyer la description des bourses séreuses accidentelles, de l’hygroma, des kystes tendineux et des ganglions du poignet aux altérations des gaines tendineuses et des synoviales articulaires.

Les kystes développés aux dépens des glandes sont très nombreux.

Le corps thyroïde présente à l’état normal des cavités contenant de la matière colloïde. Celle-ci provient de l’évolution et de la transformation des cellules qui occupent ces cavités (voy.

Corps thyroïde).

Les follicules de de Graaf sont souvent remplis et distendus, même chez les -enfants nouveau-nés et avant la menstruation, par une assez grande quantité de liquide qui constitue l’hydropisie des follicules (voy. Ovaire). Il est probable qu’un certain nombre de kystes ovariques ont une semblable origine (Fôrster).

Les glandules muqueuses des lèvres se transforment en petits kystes transparents distendus par leur produit de sécrétion; ils sont ainsi, d’après Virchow, comparables aux grains de mil et aux comédons des follicules pileux. En outre, la muqueuse buccale peut être soulevée au niveau du plancher de la bouche par des kystes volumineux que l’on croyait autrefois résulter de la distension des conduits de Warlhon et de Rivinus, mais qui proviennent d’une évolution kystique des glandes sublinguales ; ils sont désignés sous le nom de grenouillette.

Dans l 'estomac, l’ intestin et la trachée , de petits kystes muqueux isolés ou agglomérés résultent souvent de l’évolution kystique des glandes en tube et des glandes acineuses (voy. Polypes muqueux de l’estomac et de l’intestin ).

Fig. 269. — Kyste congénital du rein, d’après Virchow.

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