OBSERVATIONS CONTRAIRES A LA DOCTRINE DE LA DIPLOGÉNÈSE PAR INCLUSION
Broca tranchait la difficulté en posant comme principe l’unité primitive du germe. Nous venons de voir que cette supposition est démentie par les faits puisqu’il existe des germes doubles.
Il y a des objections plus directes à présenter:
Tout d’abord, il s’en faut que l’aspect des kystes dermoïdes et des tumeurs solides à tissus multiples suggère l’idée d’embryons avortés ou de débris foetaux.
En effet, lorsque des fœtus, même de dimensions exiguës, restent enkystés et subissent des modifications régressives, ils sont toujours reconnaissables.
On peut facilement apprécier la forme des différentes parties chez les lilhopédions. Jamais ils n’affectent la disposition kystique. On devra remarquer, d’autre part, que le contenu des kystes dermoïdes complexes, ou que la constitution des tumeurs solides à tissus multiples (fig. 280) s’écarte sensiblement de celle que l’on reconnaît en général aux parties fœtales. Le cartilage, les produits épidermiques, les cavités à épithélium cylindrique munies ou non de cils vibratiles, la répartition des fibres musculaires lisses ou striées, etc., ne rappellent en rien l’agencement de toutes ces parties chez l’embryon.
Les parties osseuses trouvées dans les tumeurs sont, malgré ce qu’on en dit, des blocs informes sans indication de systèmes de Havers. Les poches kystiques, souvent considérables, contiennent, ainsi que nous l’avons constaté maintes fois, des liquides aqueux, séreux ou très épais et colloïdes.
Les poches à contenu solide renferment des touffes de poils très serrés, des écailles épidermiques mélangées à une grande quantité de sébum, des dents en quantité variable, depuis quelques-unes jusqu’à trois cents (Ploucquet), incluses tantôt sur une paroi ossiforme, tantôt sur une simple membrane fibreuse, quelquefois libres. Le nombre considérable de dents signalé dans plusieurs observations semble indiquer que dans ces sortes de kystes les follicules dentaires forment des dents en excès, comme les glandes sébacées et les follicules pileux élaborent un nombre illimité de poils.
Dans bien des cas, les parties désignées sous le nom de fragments
d’intestin, de trachée, sont de physionomie toute différente; de même on a pris pour des débris placentaires des produits qui n en étaient pas.
Pour résumer en quelques mots les différences qui séparent les kystes dermoïdes des germes en voie de régression, Lannelongue et
On voit se détacher de la paroi du kyste un bourgeon nettement dermoïde. Toute la surface de bourgeon est tapissée par un épithélium pavimenteux stratifié (type malpighien) e, e, e, e. A la partie profonde on voit coupés en long de nombreux follicules pileux auxquels sont appendues des glandes sébacées se; au-dessous amas considérable de graisse ai; à la partie gauche et inférieure de la figure une cavité c est tapissée d’épithélium cylindrique (voir pour le détail figure 281). Dans la partie droite de la paroi du kyste sont disséminés de gros vaisseaux v, v, v, dont le groupe le plus important, formé de onze, rappelle la disposition normale des vaisseaux ovariques.
Achard disent très exactement que le fœtus enkysté est un cadavre et que le kyste dermoïde est une partie vivante.
Rappelons encore que les kystes dermoïdes, de même que les tumeurs à tissus multiples, restent englobés dans les organes sans s’y altérer jusqu’au jour où, pour une cause qui presque toujours échappe, ils prennent un grand accroissement.
Les kystes dermoïdes, les kystes muqueux, tous congénitaux, se remplissent au point de doubler et de tripler de volume.