REPRODUCTION DES BACTÉRIES
Reproduction des bactéries. — Les bactéries se reproduisent de deux manières très distinctes : 1° par division directe ou scissiparité; 2° par formation de spores. Toutes les bactéries ne possèdent pas ce double mode de développement, et, si toutes se divisent par scissiparité, il n’en est qu’un petit nombre qui se reproduisent par sporulation ou chez lesquelles nous connaissions ce mode de reproduction. Les conditions qui président à l’un ou l’autre de ces modes de reproduction sont encore assez mal connues; on a admis pendant longtemps que la formation de. la spcfre se produisait lorsque la bactérie se trouvait dans des conditions de végétation difficiles, pour assurer la conservation de l’espèce. Des recherches récentes semblent montrer que ces conclusions sont un peu hâtives, et les conditions de formation de la spore ne sont pas -encore nettement définies.
Divisionpar scissiparité. — La plupart des bactéries, dans les conditionsde culture ordinaires, se reproduisent par scissiparité; la division se fait le plus souvent selon le diamètre transversal, comme dans la division directe dès cellules; dans quelques cas, la division se fait selon deux directions ( merista ou tétrades), quelquefois en quatre directions ( sarcines ). La division peut encore se faire selon le diamètre longitudinal (bactéries du genre Pasteuria ).
Reproduction par sporulation. — Quand les conditions de la vie des bactéries sont favorables au développement de la spore, par exemple pour la bactéridie charbonneuse qui ne se reproduit pas par spores dans le sang, lorsque celle-ci se trouve dans un milieu oxygéné et à une température favorable, entre 48 degrés et 42°, 5, la spore apparaît. La spore se forme le plus souvent dans l’intérieur du corps du bacille, et ce mécanisme de formation est connu sous le nom d’endosporulation.
A ce moment, le protoplasma homogène de la cellule devient finement granuleux sur un point ; puis ces granulations, presque imperceptibles, se condensent en granules plus grosj fortement réfringents, qui deviennent peu à peu la spore. Cette spore ne présente pas les mêmes réactions colorantes que les bactéries.
La spore est située tantôt au centre de la cellule, tantôt à l’une ou aux deux extrémités du bacille. La spore peut être de volume inférieur au bacille, ou bien au contraire de volume plus considérable; il se produit, dans ce dernier cas, un renflement soit médian, d’où l’aspect en battant de cloche ( claustridium ), soit terminal, aspect en épingle.
Un petit nombre de bactéries, certains coccus en particulier, présentent un autre mode de sporulation ( arthro sporulation ). 11 n’y a
plus dans ce cas formation de spore à l’intérieur de la bactérie ; c’est la bactérie elle-même, tout entière, qui acquiert les caractères extérieurs et les qualités de la spore. Ces arthrospores sont bien moins nettement différenciées que les endospores; les spores sont plus grosses, plus réfringentes que les coccus voisins ; dans certains cas, la spore ne se distingue par aucun caractère morphologique des coccus voisins et seules les propriétés particulières de résistance de l’espèce à la dessiccation ou à la chaleur font admettre l’existence de spores.
La propriété fondamentale de la spore est, en effet, la résistance qu’elle présente aux causes de destruction qui agissent sur les bactéries non spondées. Cette résistance à la dessiccation, à la privation d’éléments nutritifs, à la chaleur, au froid permet à la spore de conserver pendant plusieurs années une vie latente qui assure la conservation de l’espèce.
Lorsque la spore trouve des conditions favorables de développement, la germination se produit, la spore pâlit, la membrane se rompt et soit du centre, soit d’une des extrémités, au point de rupture s’échappe un petit prolongement, qui bientôt va s’allonger de façon à constituer une cellule semblable à celle qui a donné naissance à la spore.
Nutrition des microbes. Milieux de culture. — Les microbes, comme toute cellule vivante, renferment : 1° de la matière azotée; 2° des éléments hydrocarbonés ; 3° des éléments minéraux ; 4° des éléments gazeux.
Il faudra donc, pour permettre aux microbes de se développer, leur fournir ces divers éléments.
La formule connue sous le nom de liquide de Pasteur nous offre un type complet de milieu de culture artificiel :
Eau . .
Sucre candi .
Carbonate d’ammoniaque Cendres de levures .
Faire bouillir, filtrer, répartir, stériliser.
La plupart des microbes pathogènes, les seuls que nous aurons à étudier, ne se développent que péniblement, en général, sur ces milieux artificiels et il est nécessaire de se servir de milieux plus complexes.
Le milieu de culture qui répond au plus grand nombre d’indications, et qui par suite est rapidement devenu le milieu usuel, est le bouillon
. 100 grammes.
1 gramme.