MILIEUX DE CULTURE
de viande, auquel on ajoute de la gélose ou de la gélatine si l’on veut avoir un milieu solide. Ce milieu, excellent pour certains micro-organismes, est un médiocre milieu pour beaucoup de bactéries, et l’on ne saurait trop s’élever contre la tendance naturelle qui consiste à employer dans tous les cas le même milieu de culture, le bouillon peptonisé, comme milieu liquide, la gélose et la gélatine, comme milieux solides.
Il est un principe qu’on ne devrait jamais perdre de vue, c’est que, pour se développer abondamment et dans leur forme parfaite, les microbes exigent, en général, un milieu pour ainsi dire spécifique.
Toutes les découvertes récentes ont été faites en utilisant des milieux spéciaux.
C’est en cultivant sur le jsérum de bœuf solidifié les produits tuberculeux que Koch obtient des cultures de bacilles tuberculeux ; c’est en se servant de ce même sérum de bœuf que Lœffler isole le bacille de la diphtérie; c’est en employant du sérum humaïnaddilionné de gélose que Wertheim cultive le gonocoque de Neisser ; c’est en utilisant des milieux à base d’hémoglobine que Pfeiffer cultive le bacille de la grippe.
Même pour les microbes qui peuvent se développer sur milieux usuels, bouillon, gélose, les milieux spéciaux seuls permettent l’étude du microbe dans des conditions parfaites ; en se servant d’eau peptonée pour le choléra, M. Metchnikoff isole facilement le vibrion cholérique ; en utilisant le mélange de bouillon et^ de sérum d’ascite, Marmorek conserve au 5jrœplû£ûqüë~1âr'VTi^eRC<^^ le milieu d’où on le retire ; en utilisant le.sérunj ffà hpiUj-Mosny a fait faire un progrès très réel à la culture du pneumocoque. L’importance du milieu est telle que, comme MM. Bezançon et MÏTlriffon l’ont montré pour le pneumocoque, l’âge de l’animal fournisseur de sérum est d’une importance capitale, puisque le sérum de jeune lapin a seul les propriétés voulues pour la culture et le diagnostic du pneumocoque.
L’expérience classique de Raulin nous fait toucher du doigt cette importance de la composition du milieu.
Raulin a, en 1870, étudié le développement d’une mucédinée : lLlspergillus niger. Cet aspergillus est formé d’un mycélium rameux, qui vit dans le liquide dans lequel on le sème et duquel partent en s’élevant dans l’air de petites colonnettes cylindriques, renflées à leur extrémité en une sorte de petite tête sur laquelle sont implantées des files de spores nues. Cet aspergillus pousse très facilement sur du pain mouillé de vinaigre, sur les tranches de citron, les fruits, les liqueurs
acides et il suffit d’abandonner à l’air un de ces milieux pour voir se
développer l’aspergillus.
Le liquide artificiel composé par M. Raulin est un liquide complexe dont la composition est la suivante :
gau . . . 1500 grammes.
Sucre candi . “
Acide tartrique . . . • • - —
Nitrate d’AzH3 . ’* ~
Phosphate d’AzH3 . 09r,60
Carbonate de potasse . 0«r,60
Carbonate de magnésie. ., . 03r,40
Sulfate d’AzH3 . . . 0gr,025
Sulfate de zinc . . 0^,07
Sulfate de fer . . Os1-, 07
Sulfate de potasse . 03r,07
Sur ce milieu légèrement aéré porté à 37 degrés, dans une atmosphère humide, le microbe pousse avec une abondance extrême ; le développement est encore plus considérable si le liquide est réparti en couche mince, c’est-à-dire s’il offre une surface d’oxygénation très grande. On obtient ainsi environ 25 grammes en poids de culture d’aspergillus.
Si à ce liquide on supprime la potasse, la récolte tombe de 25 grammes à 1 gramme. La suppression du zinc fait tomber la récolte à 2gr,50.
D’autre part, l’adjonction de substances nuisibles arrête rapidement le développement du parasite : 1/1000° de nitrate d’argent rend la germination des spores impossible, et le parasite est si sensible aux sels d’argent que la végétation ne peut se faire si lè récipient dans lequel a été placé le liquide est un vase d’argent, alors qu’aucun procédé d’analyse chimique ne permet de déceler dans la culture trace de l’argênt en suspension.
Nous rappelons en quelques lignes les règles delà préparation des principaux milieux de culture et l’usage de ces milieux.
Milieux liquides. — On peut se servir de solution de peptone salée et alcalinisée légèrement :
Peptone... . 1 à 3 grammes.
Sel marin . . . 1 gramme.
Eau . . . . i 00 grammes.
Mais ces solutions, milieux de choix pour certains microbes, ont