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PRÉPARATION DU BOUILLON

un emploi moins général que le bouillon de viande de bœuf ou de veau

Préparation du bouillon.— Prendre 500 grammes de viande de bœuf .hachée et dégraissée que l’on fait macérer à froid dans 1000 grammes d’eau, pendant six à douze heures ; exprimer le mélange et ajouter au liquide obtenu : peptône, 10 grammes, et sel marin, 5 grammes.

Porter le mélange à l’autoclave à 115 degrés pendant environ dix minutes et filtrer sur un filtre mouillé : alcaliniser légèrement le liquide avec une solution de soude au l/10e. Porter ensuite le liquide à l’autoclave à 120 degrés pour précipiter les sels alcalino-terreux. Filtrer et recueillir en ballons ou en tubes stérilisés au préalable au four à flamber.

Les autres milieux liquides souvent employés sont :

1° Le lait qu’on stérilise comme le bouillon à l’autoclave à 115 degrés pendant un quart d’heure;

2° Le sérum de bœuf ou de lapin, que l’on recueille aseptiquement ou que l’on stérilise par le procédé de la stérilisation discontinue en portant le liquide tous les deux jours à 58 degrés eten répétant environ dix fois l’opération.

Milieux Solides. — Les plus employés sont le sérum de bœuf coagulé à 70 degrés après stérilisation discontinue; la pomme de terre qu’on stérilise à l’autoclave à 115 degrés ; enfin* et surtout, la gélose et la gélatine.

Gélose{\). — Pour préparer la gélose, on ajoute à 1000 grammes de bouillon 15 grammes de gélose ou agar-agar, coupée en petits morceaux ; on fait fondre la gélose à l’autoclave, on la laisse refroidir à 50 degrés, on la colle avec un blanc d’œuf battu dans 50 grammes d’eau environ, on l’alcalinise, puis on la porte à l’autoclave à 115 degrés pendant dix minutes. On filtre à chaud et l’on répartit en tubes.

La préparation de la gélatine se fait d’une façon analogue ; à 1000 grammes de bouillon on ajoute 100 grammes de gélatine en hiver, 120 à 150 grammes en été ; on fait fondre doucement au bainmarie, on colle au blanc d’œuf, on alcalinise, puis on porte à l’autoclave à 110 degrés pendant un quart d’heure; on filtre à chaud et l’on répartit en tubes.

(1) Dans la gélose, on peut incorporer divers éléments propres à la culture de certaines espèces bactériennes, de la glycérine, par exemple, comme l’ont fait MM. Nocard et Roux pour la culture du bacille tuberculeux. On peut aussi se servir de la gelose comme d’un simple substratum servant à emprisonner, sans les modifier, des substances organiques; du liquide ascitique ou du sérum, comme l’a fait Wertheim pour la culture du gonocoque, ou même du sang non modifié, selon la technique donnée par MM. F. Bezançon et Griffon pour la culture du bacille tuberculeux.

Les milieux solides et liquides ne peuvent être employés indifféremment ; les milieux solides sont nécessaires pour l’isolement des bactéries; les milieux liquides permettent un développement plus

parfait du microbe et offrent des conditions plus favorables pour l’étude

des produits de sécrétion de celui-ci et pour l’inoculation aux animaux.

Dans ces milieux de culture, les microbes se développent à des températures variables pour chaque échantillon ; la température la plus favorable pour la plupart est aux environs de 37 degrés; certaines espèces ne se cultivent pas à des températures inférieures à 20 ou 25 degrés ; elles ne se développent pas par suite sur la gélatine solide.

La plupart des bactéries ont besoin d’air pour se développer : on les appelle aérobies ; d’autres ne peuvent se développer qu’à l’abri de l’air, en empruntant l’oxygène nécessaire au milieu ambiant qu’elles décomposent : on les appelle anaérobies. Beaucoup de microbes vivent aussi bien au contact qu’à l’abri de l’air : ils sont dits anaérobies facultatifs.

Rôle des bactéries. — Les bactéries, selon les espèces, possèdent des propriétés diverses ; certaines interviennent activement dans les phénomènes de la putréfaction des substances animales et végétales, d’autres sont les agents des diverses fermentations. Certaines espèces produisent des matières colorantes (chromogènes) ; d’autres, de la phosphorescence, etc.

L’étude de ces bactéries ne nous occupera pas ; seules nous intéressent ici les bactéries capables de produire des maladies déterminées de l’homme et des animaux, les microbes pathogènes.

La plupart des microbes pathogènes n’agissent que parce qu’ils sécrètent des poisons solubles qui sont susceptibles de diffuser dans tout l’organisme, même lorsque le microbe reste cantonné en un point limité de l’économie (diphtérie, choléra, tétanos, etc.). Ces poisons solubles, ou toxines, ne résultent pas de la transformation des milieux dans lesquels se cultivent les bactéries, mais se développent dans des milieux artificiels privés de toute trace de matière organique, comme s’il s’agissait d’une sécrétion.

Dans l’organisme de l’homme et.des animaux, les toxines, semblent agir tantôt directement en lésant les tissus, tantôt indirectement, à la manière des ferments qui déterminent, aux dépens des éléments cellulaires, des composés toxiques.

ROLE DES BACTÉIÏIES

Les toxines varient d’ailleurs avec l’espèce microbienne, et souvent un même microbe sécrète des produits très différents que l’analyse peut séparer. Il n’est pas rare de voir, en effet, dans un même milieu de culture, à côté des substances toxiques, d’autres substances qui sont simplement prédisposantes, d’autres enfin qui ont des propriétés vaccinales.

La nature exacte des toxines nous échappe : certaines, dites toxalbumines, ont été rapprochées des ferments diastasiques dont elles possèdent un certain nombre de propriétés : activité prodigieuse à dose infinitésimale, sensibilité à la chaleur, adhérence aux précipités. Ces toxalbumines (diphtérie, choléra, tétanos) sont, en général, très solubles dans l’eau et facilement diffusibles.

On leur oppose volontiers d’autres toxines, les nucléo-albumines, qui sont très adhérentes au protoplasma du microbe et ne diffusent pas dans les milieux de culture. L’extraction de ces toxines (tuberculose, malléine) n’est possible que si l’on a eu soin de détruire par un procédé mécanique (broiement), ou par la chaleur, le corps microbien.

La pénétration des microbes dans l’organisme s’accompagne de réactions très, diverses, tenant à la nature même du microbe ou au plus ou moins de résistance de l’organisme.

Certains microbes, tels que le bacille de la diphtérie, le bacille du tétanos, le vibrion cholérique, restent cantonnés au point de pénétration et n’ont pas tendance à pénétrer dans le sang, .quelle que soit la virulence du microbe, quelle que soit la réceptivité de l’organisme; d’autres sont plus ou moins susceptibles de pénétrer dans l’économie et d’envahir les différents viscères.

Dans certains cas, ne trouvant aucune résistance dans l’organisme, ils s’y développent abondamment, pénètrent dans le sang et envahissent les capillaires viscéraux, donnant ainsi naissance aux diverses septicémies.

Le plus souvent,, enfin, les bactéries possèdent la propriété d’exciter à leur contact des réactions cellulaires inflammatoires, de faire affluer autour d’elles les globules blancs du sang et de la lymphe, de déterminer, par suite, tantôt un œdème plus ou moins considérable des tissus, tantôt un véritable foyer suppuratif avec ramollissement des fibres et faisceaux du tissu conjonctif, avec nécrose des tissus.

Certaines bactéries déterminent des réactions moins brutales : tels le bacille de la tuberculose et celui de la lèpre qui s’entourent, lorsqu’ils se localisent, d’un tissu de petits nodules inflammatoires, tubercules, et tendent à détruire, à ulcérer, à nécroser les foyers d’inflammation où

ils se cantonnent. Lorsque, dans la lutte qui s’établit entre eux et l’organisme, ils sopt vaincus ou tout au mbinsimmobilisés, ils restent emprisonnés-^ns un certain n-ombrë de ces nodules ou tubercules qui s’organisant autour d’éux en un tissu fibreux définitif.

Ptfëç.e ,des bactéries dans la classification naturelle. — Pour les 'preptiiers naturalistes qui n’observaient que de grosses bactéries mobiles des fermentations, en raison même de cette mobilité, les bactéries devaient être rangées dans le règne animal, au voisinage des infusoires.

L’opinion actuelle tend à rapprocher les bactéries de certaines algues voisines des oscillaires, de la famille des Cyanophycées ou Phychoehromacées. Dans ces algues inférieures, il existe en effet des individus ayant des formes en coccus, bâtonnets, spirilles, individus pouvant avoir un mode de groupement en amas, en chaînettes, en zooglées. Ces algues se distinguent cependant des bactéries parl’existenee d’un pjgment d’un vert bleuâtre en solution dans leur protoplasma.

Le's bactéries ne sont pas d’ailleurs susceptibles d’être soumises à une classification rationnelle, comme le sont les autres végétaux, et l’on n’a point à sa disposition une bonne systématique qui permette, étant donné un caractère, de définir la famille, le genre, l’especé auxquels appartient l’échantillon étudié. /

Cette absence de classification tient non seulement à l’insuffisance de nos connaissances sur les bactéries, mais surtout au polymorphisme des bactéries Considéréës individuellement ou en colonies et à la banalité même dés réactions organiques déterminées par l’inoculation de la plupart des espèces pathogènes.

Êtres ühicellulaires d’une extrême simplicité, les bactéries subissent à un degré bien plus sensible que les êtres mieux différenciés l’influence du milieu extérieur. Les recherches de Wasserzug, de Guignard et Charrin, de Metchnikoff' ont montré le polymorphisme de certaines espèces qui peuvent, selon la composition du milieu de culture, se présenter sous la forme de bacille, de coccus ou de vibrion; certaines espèces peuvent même prendre, dans un même milieu, toutes ces formes en apparence si différentes. Le fait de la mobilité ou de l’immobilité, l’étude du mode de reproduction, l’étude du pouvoir pathogène sont eux-mêmes trop contingents pour servir à une classification scientifique, et l’on doit, en bactériologie, pour caractériser 1 espèce, grouper tous les caractères que l’observation et l’expérimentation ont montrés appartenir à telle ou telle bactérie : morphologie, mobilité, réactions colorantes, caractères de culture sur les milieux

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