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EN1ERLTES NON SPÉCIFIQUES

de différencier les membranes des entérites aiguës de celles des entéro-côlites chroniques dans lesquelles il n’y a pas de fibrine.

Cornil a bien étudié ce type d’inflammation intestinale, en prenant comme sujet de recherches la pneumo-ehtérite du porc.

Par la méthode de Weigert et la safranine, il a constaté que le point de départ de la formation de la fausse membrane se trouvait

dans les glandes. Au voisinage de celles-ci, les vaisseaux sont dilatés, remplis de sang et de leucocytes : la lumière glandulaire agrandie se remplit de filaments fibrineux et de cellules dégénérées. On y voit un gros filament central à la composition duquel concourent des fibrilles émanées des cellules caliciformes dilatées; les glandes plus altérées contiennent davantage de fibrine, les noyaux des cellules caliciformes perdent leur colorabilité. Superfieièllement, l’exsudât fibrineux et

TUBE DIGESTIF

muqueux fait corps avec les cellules de la muqueuse dont les éléments se modifient. Ce qui frappe avant tout, c’est le nombre prodigieux de microbes que l’on rencontre au niveau des glandes et de la pseudomembrane superficielle.

A un stade plus avancé le chorion muqueux s’infiltre de cellules rondes et migratrices^ qui par leur accumulation épaississent la muqueuse. Ce phénomène est surtout évident au niveau du cæcum, du gros intestin, des plaques de Peyer. La folliculite est des plus apparentes, parfois les organes lymphoïdes se nécrosent à leur centre. Si on y ajoute une forte congestion vasculaire, on a là des altérations qui rappellent la dothiénentérie éberthîenne. Sauf aux points nécrosés, il y a peu de microbes.

Finalement, les parties mortifiées s’ulcèrent, laissant après elles des pertes de substances recouvertes d’un exsudât pseudo-membraneux. Mêmes altérations au cæcum, à la valvule de Bauhin qui, en raison de son épaississement, peut constituer un obstacle au cours des matières. Quelquefois la réaction anatomique se limite au cæcum ou bien aux plaques de Peyer. Dans ce dernier cas, il se forme souvent de petits abcès dont la partie centrale caséifiée s’entoure d’une ceinture d’éléments conjonctifs. Lorsque la maladie se prolonge, la surface de l’intestin se recouvre de véritables tumeurs inflammatoires fortement pigmentées, privées de revêtement cellulaire. Il n’est pas rare de constater des exulcérations.

Ces lésions s’accompagnent d’adénopathie mésentérique, d’épaississement du péritoine, lui-même infiltré de microbes. Elles sont à rapprocher, dit Corail, des entérites pseudo-membraneuses étudiées^ par cet auteur, Megnin et Toupet, chez la perdrix et l’antilope ; on y voyait sous la fausse membrane des granulations miliaires bourrées de bactéries à corpuscules polaires.

Dans certaines entérites l’exsudât leucocytaire est extrêmement important; il peut même passer au premier plan. Il en résulte une véritable infiltration des parois de l’intestin par des globules de pus.

L'entérite phlegmoneuse est exceptionnelle. On peut voir se former dans la muqueuse ou dans la sous-muqueuse de petites collections purulentes ou non, au cours des entérites aiguës ou des pyohémies. Mais ces altérations ne constituent pas ce type d’entérite.

Elle se localise au duodénum (Orth, Macallum, Ungermann) ou au jéjunum (Askanazy, Bellfrage et Hedenius), plus rarement au côlon (Goldchmidt). Ces localisations curieuses peuvent s’expliquer par l’existence d’un traumatisme antérieur. Askanazy, qui a observé une jéju-

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nite purulente chez un individu qui avait fait une chute, s’appuie sur les observations de Partridge, À. Polaud, Hartigan, Simon, Holland, Moritz, Blé, Mittenzweig, Peters qui signalent des cas où à la suite de traumatismes abdominaux se sont produites des déchirures du jéjunum, pour voir dans les contusions abdominales les causes indirectes possibles de l’infection des parois intestinales par les microbes de l’intestin. D’après Goldschmidt, la coprostase en déterminant des ulcérations de la muqueuse pourrait provoquer le développement d’une colite phlegmon euse.

L’intestin est tuméfié, très augmenté de volume, congestionné. Extérieurement, la séreuse présente des points eccbymotiques, des traînées de lymphangites, des îlots blanc jaunâtre qui sont des petits abcès. Sur la coupe, la muqueuse et la sous-muqueuse œdématiées sont extrêmement’ épaissies. En certains points, parla pression, on fait sourdre à la surface des gouttelettes de pus jaune. Ungermann, dans le fait de duodénite qu’il a rapporté, mentionne l’excessive tuméfaction de la papille de Vater, expliquant l’ictère survenu chez le malade. La cavité de l’intestin est encombrée par d’épais produits de sécrétion.

Histologiquement, on note la nécrose de là muqueuse, et une infiltration plus ou moins marquée des différentes tuniques de l’intestin par des globules de pus. Aux points les plus altérés, les différentes tuniques ne peuvent être différenciées, l’ épithélium muqueux se nécrose et desquame. Dans le voisinage, l’infiltration est surtout marquée au niveau de la sous-muqueuse. Les polynucléaires se groupent en gros amas ou en stries parallèles, le stroma de la muqueuse se charge de quelques leucocytes. On retrouve les glandes muqueuses, mais on y voit une diapédèse active de globules blancs qui viennent encombrer la lumière de ces glandes ; les faisceaux de fibres musculaires sont par places dissociés par les cellules du pus. Askanazy signale dans son cas de nombreuses mastzellen. L’hyperémie, la lymphangite, la vascularite, l’irritation des cellules connectives se retrouvent ici comme dans toute inflammation phlegmoneuse. La réaction locale est d’ailleurs variable. Ungermann signale avec un fort œdème delà muqueuse et de la sous-muqueuse, des exsudats purulents disposés surtout dans la musculaire et la sous-séreuse ; Orth, l’intégrité relative au début de la muqueuse duodénale.

Les germes isojés appartiennent à différentes espèces. Ce sont surtout des streptocoques, hôtes habituels de l’intestin.

Les phénomènes d’irritation, de congestion, de rupture vasculaire

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