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OBLITÉRATION DES VAISSEAUX MÉSENTÉRIQUES

L’oblitération d’une artère ou d’une veine mésentérique détermine du côté de l’intestin l’apparition d’un infarctus hémorragique.

Contrairement à ce qui se passe pour les autres viscères, l’arrêt du sang artériel (Cheyron-Lagrèze, Lereboullet, Firket et Malvoz, Michaëlis, Ponfick) est suivi d’infiltration hémorragique de la paroi intestinale : le sang des veines mésentériques insuffisamment valvulées reflue en effet facilement dans les capillaires de l’intestin, la thrombose artérielle est rare; plus fréquente est l’embolie, la thrombophlébite mésaraïque conduit comme l’oblitération artérielle à des accidents d’occlusion aiguë. Lorsque l’artère et la veine sont oblitérées, l’ischémie intestinale est suivie d’une gangrène anémique de la paroi.

Plus souvent on constate l’oblitération des veines mésentériques. Signalée par Hilton Faggse, Lobert, Chuquet, Leduc, Auriol, Dreyfous, celle-ci a fait l’objet d’un assez grand nombre de communications (Pillief, Péron et Baussenat, Teissier, Letulle et Maygrier, Barth, Hirtz et Josué, Boucly, Magnan, Gallavardin, Picqué et Grégoire, Mignon et Dopter, A. Mouchet, Mauclaire et Jacoulet, Roussel, Lecène. A l’étranger elle a été notamment étudiée par Virchow, Litten, Ponfick, Ivauffmann, Elliot, Watson.

Elle est quelquefois secondaire à une pyléphlébite, d’autres fois elle semble primitive, et succède à un thrombus qui d’abord localisé dans la grande veine mésentérique tend à gagner les autres affluents de la veine porte et le tronc porte lui-même.

L’infarctus hémorragique, qu’il soit d’origine artérielle ou veineuse, présente toujours le même aspect; dans le cas d’oblitération artérielle, il est peut-être p Pus étendu, envahissant l’intestin grêle et partie du gros intestin (Mudd). L’infarctus veineux peut occuper le gros intestin (Eisenlohr, Kôster), mais il siège plus souvent à l’intestin grêle, dans la région du jéjunum. Il mesure de 0 m. 35 à 1 mètre et plus. Il est quelquefois très long, s’étendant de l’angle duodéno-jéjunal à la valvule de Bauhin. Les dimensions ne sont pas en rapport avec le nombre des vaisseaux thrombosés qui se retrouvent bien au delà de l’anse malade. Dans ce cas, cependant, la muqueuse de l’intestin est rouge, violette, noirâtre (Galliard).

L’anse altérée, météorisée, noirâtre est comparable à « un fort boudin », l’épaisseur de la paroi peut dépasser 1 centimètre; mais

généralement le calibre de l’intestin est uniforme, il n’y a pas d’oblitération : le contenu est du sang ou une bouillie sanglante. La muqueuse, hérissée de villosités injectées de sang, couverte de lambeaux se détachant facilement, rappelle après lavage l’aspect du velours rouge d’Utrecht. Le péritoine viscéral également coloré, reste intact, sauf au niveau du point malade où il y a du dépoli, quelquefois des

fausses membranes récentes; la cavité séreuse contient une sérosité sanguinolente. Quant au mésentère, on le voit très épaissi, lardacé, œdématié, parcouru par de grosses veines dilatées et oblitérées.

Histologiquement, les éléments tissulaires se colorent mal; ce que l’on constate au premier abord, ce sont de larges plaques jaunâtres ou rouges qui représentent les lacs de sang épanché plus ou moins

TUBE DIGESTIF

altéré. Dans le voisinage de l’infarctus les parois sont très œdématiées.

La muqueuse est tuméfiée, dépourvue d’épithélium, les glandes persistent, mais souvent élargies, peu colorables. Les villosités se réduisent à leur axe conjonctivo-vasculaire, élargi par imbibition séreuse et dilatation considérable des vaisseaux. Mêmes altérations au niveau du tissu interstitiel où les vaisseaux, très congestionnés, ne sont cependant pas enflammés (Letulle et Mavgrier). Les éléments cellulaires offrent différentes figures de nécrose; les noyaux disparaissent. La musculaire muqueuse dissociée par la sérosité œdémateuse parait épaissie. La sous-muqueuse triplée d’épaisseur présente des infiltrats sanguins irréguliers, quelquefois diffus, dissociant le tissu conjonctif et envahissant la muqueuse; on y trouve des leucocytes qui se disposent de préférence en manchon autour des vaisseaux et qui sont d’autant plus nombreux qu’on se rapproche davantage de la muqueuse. Les vaisseaux, surdistendus, contiennent en certains points un grand nombre de globules blancs, mais leurs lésions sont surtout le fait de la stase. La musculaire parfois intacte, résistante, est atteinte le plus souvent de nécrose au point d’insertion du mésentère; l’infiltration sanguine dont elle est le siège se complique d’amas ou de traînées leucocytaires qui semblent amputer la fibre musculaire (Letulle et Maygrier); le tissu sous-séreux est également infiltré. Les grosses veines sont atteintes de trombo-phlébite, les chylifères envahis par la lymphe et les globules rouges (Letulle et Maygrier), les artérioles intactes.

Péron et Baussenat, Hirtz et Josué insistent sur la présence en grand nombre, dans les différentes couches de l’intestin, de microbes qui abondent dans la muqueuse, mais qui deviennent de plus en plus rares à mesure qu’on s’éloigne de la muqueuse. Cette recherche peut être négative (Dopt'ér et Mignon).

En résumé, l’oblitération des vaisseaux mésentériques est suivie de phénomènes nécrobiotiques et hémorragiques tels qu’on les voit dans les hernies étranglées par exemple.

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