VARICES I)E L’INTESTIN GRÊLE
En dehors de la stase portale, elles sont très rares. Alezais dit les avoir rencontrées trois fois sur cent autopsies et de préférence sur le jéjunum.
On trouve sur la paroi intestinale une grande quantité de taches noires faisant un relief léger du côté de la muqueuse. Elles sont formées par des veines dilatées, constituées parfois en pelotons, et réduites à une couche conjonctive tapissée d’un endothélium. Il se fait d’autre part une sclérose périveineuse où les dépôts de cellules embryonnaires n’ont pas été constatés.
Rares également sont les dilatations lymphatiques qui ont pu être constatées dans quelques cas, à la suite de l’oblitération du canal thoracique.
Letulle a insisté sur la description des varices lymphatiques de l’intestin. Celqs a constaté chez une urémique, avec des lésions de péritonite chronique, la dilatation des lymphatiques péritonéaux et intestinaux. Enfin Letulle a trouvé des varices lymphatiques chez des urémiques syphilitiques avérés, vraisemblablement consécutives à une endolymphangite chronique oblitérante circonscrite à un ou plusieurs gros canaux lymphatiques efférents ou de décharge, sous-muqueux. On voit dans l’épaisseur de la muqueuse digestive de petites masses remplies de lymphe ou de chyle composées de lymphatiques ectasiés de. manière permanente.
Le siège de ces varices est variable ; le plus souvent, elles occupent le jéjunum. Elles apparaissent sous formé de taches arrondies, de 3 à 5 millimètres de diamètre, peu saillantes, couleur beurre frais ; elles sont multiples une fois sur deux.
Ce sont des cavités qui se présentent Comme un vaste lac sousmuqueux, soulevant plus ou moins la muqueuse : leur paroi est formée d’une mince lame fibroïde hyaline, doublée à l’extérieur d’un mince réseau élastique, et revêtue d’une couche de cellules endothéliales, des bandes tissulaires de même structure cloisonnent souvent la cavité principale; lorsque la varice occupe le bord libre d’une valvule connivente, la muqueuse est elle-même envahie, au sommet de la valvule, par les ampoules lymphangiectasiques. Elle vient, s’insinuant entre les couches de la musculaire muqueuse, dissocier les glandes de Lieberkühn et bomber à la surface même de la membrane muqueuse. Leur contenu est un liquide coloré en rosé pâle par l’éosine et dans lequel flottent des lymphocytes.
Ces tissus voisins sont normaux. Des coupes en série ont permis à Letulle de mettre en évidence une endolymphite oblitérante du chylifère répondant aux lymphatiques ectasiés, soit au-dessous d’eux, soit dans la musculeuse ou la sous-séreuse.
TUBE DIGESTIF