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ULCÉRATIONS DU RECTUM

Les ulcérations ano-rectaies sont fréquentes. Nous n’insisterons pas sur les ulcérations développées aux dépens des néoplasmes que nous décrirons plus loin, ni sur les ulcérations dues à l’évolution d’une maladie générale ou étendue à tout ou partie de l’intestin (urémie, hydrargyrisme, fièvre typhoïde, dysenterie, tuberculose, entérites coloniales). Nous avons déjà fait allusion aux ulcérations vénériennes (syphilis, blennorragie, chancre mou). Il reste toute la classe des ulcères et ulcérations simples, appartenant en. propre par leur pathogénie au conduit ano-rectal.

Ils procèdent d’une plaie, d’une érosion, d’un obstacle à la circulation des matières, entretenus par les souillures fécales et par un mauvais état général.

Nous nous occuperons plus spécialement de l’ulcère variqueux et de la fissure anale.

Décrit par Rokitansky sous le nom d’ulcère hémorroïdal du rectum, l’ulcère variqueux de la région anale n’est pas exceptionnel. Il survient généralement à la suite de poussées phlébitiques, et occupe la région anale, mais il en est de sus-sphinctériens. D’ordinaire, ces ulcérations sont arrondies; tantôt ce ne sont que des érosions superficielles et tantôt des ulcères variqueux proprement dits.

Quénu et Hartmann font remarquer que l’érosion superficielle tire son intérêt de ce fait qu’entamant une muqueuse déjà transformée en tissu caverneux, elle est suivie d’hémorragies parfois extrêmement abondantes. Dans un cas observé par ces auteurs, la lésion était minime. Le revêtement épithélial était encore en place, mais très altéré : l’épi-

TUBE DIGESTIF

thélium se colorait mal, présentant des vides ou des vacuoles. Les lacunes vasculaires étaient très rapprochées de la surface.

Sur les fissures et les ulcérations voici ce que l’on constate : Au niveau des bords, le corps muqueux s’amincit, disparaît et il ne reste du revêtement qu’une stratification de cellules aplaties. La muqueuse infiltrée de cellules rondes, de dépôts sanguins a subi la transformation caverneuse. Au niveau même de l’ulcération, l’épithélium a disparu; le fond est en voie de désintégration granuleuse à la surface, en voie de transformation fibroïde dans la profondeur. Les veines sont thrombosées, les artères très peu altérées. La persistance de l’ulcération est assurée par des inoculations successives qui s’expliquent aisément.

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