‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 123 sur 289 · ULCÈRE SIMPLE DU GROS INTESTIX · texte numérisé non relu

ULCÈRE SIMPLE DU GROS INTESTIX

Cruveilhier avait autrefois montré que le tube digestif tout entier était susceptible de présenter des ulcères simples. Il en rapporte luimême trois observations, d’ailleurs discutables. Parmi les 23 cas rapportés et critiqués par Quénu et Duval, bien peu doivent être regardés comme probants ; ces auteurs n’en retiennent que 6, ceux de Morel et Secheyron, Morel et Rispail, Lebert, Chouppe, A. Claus et un personnel. Les autres sont douteux (4) ou incomplets (13).

L’ulcère se localise sur un segment quelconque du gros intestin, de préférence sur le côlon pelvien ou le cæcum. Simple ou multiple, il siège sur les portions dilatées en amont des points rétrécis. Souvent, il est associé à des lésions analogues d’une portion quelconque du tube digestif. Sa description macroscopique reproduit exactement celle de l’ulcère de l’estomac. Gomme ce dernier, il peut évoluer vers la cicatrisation, laissant après lui des lésions parfois sténosantes impossibles à classer (Deguy, Bouilly). On n’a sur sa structure fine que quelques rares documents histologiques (Morel et Secheyron, Morel et Rispail, Quénu et Duval).

L’ulcère détruit l’épithélium et la couche glandulaire, la musculaire muqueuse et creuse plus ou moins dans la celluleuse. Au voisinage de l’ulcère, les glandes sont augmentées de longueur, l’épithélium de revêtement, celui des glandes restent normaux ou sont en voie de nécrose comme le tissu conjonctif peri-glandulaire. Le fond est constitué par des travées conjonctives : on y voit une infiltration plus ou moins marquée de cellules embryonnaires qui s’étend parfois jusque dans les zones limitrophes. Il y a également de petites hémorragies interstitielles et surtout d’importantes lésions de vascularite. Quénu et Duval insistent dans leur cas, ulcère de l’ampoule rectale, sur l’existence d’endartérites marquées anciennes ou récentes (thromboses). L’artère peut être oblitérée par un tissu fibreux cicatriciel pénétré de quelques capillaires.

Ces altérations se retrouvent dans deux observations histologiques sur trois (Morel et Secheyron, Quénu et Duval). Elles sont anciennes et apparaîtraient comme la lésion initiale intermédiaire à la cause pathogène et à la nécrose hémorragique qu’elle tient sous sa dépendance (Quénu et Duval). En partant de la théorie soutenue par Gandy, ces auteurs admettent que des artériolites d’origine toxémique créeraient

TUBE DIGESTIF

un état dystrophique des parois intestinales qui, sous l’influence d’une oause banale, deviendrait le siège d’une ulcération, entretenue dans la chronicité par l’inflammation secondaire et une vitalité moindre des tissus.

TUMEURS DE L’INTESTIN

On rencontre, au niveau de l’intestin, les types les plus divers de néoplasies. Ils étaient rangés autrefois en deux groupes comprenant les tumeurs malignes et les tumeurs bénignes. Cette classification n’a aucune valeur anatomique : les néoplasmes naissant aux dépens des différents éléments tissulaires de l’intestin, plus simplement de l’épithélium et ses glandes, ou du tissu conjonctivo-vasculaire, il y aura d’une part' des tumeurs épithéliales, et d’autre part des sarcomes, myomes, fibromes, lipomes, angiomes, et des tumeurs développées sur l’appareil adénoïdieri du tube digestif.

Enfin, il existe encore d’autres tumeurs difficiles à classer, tumeurs embryonnaires, tératomes, kystes dermoïdes.

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